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Onze millions de personnes mises en quarantaine
International 4 min. 23.01.2020 Cet article est archivé

Onze millions de personnes mises en quarantaine

Depuis 3 heures ce matin, plus aucun train ni avion n'a quitté la ville de Wuhan, située en plein centre de la Chine.

Onze millions de personnes mises en quarantaine

Depuis 3 heures ce matin, plus aucun train ni avion n'a quitté la ville de Wuhan, située en plein centre de la Chine.
Photo: AFP
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Onze millions de personnes mises en quarantaine

La Chine prend les grands moyens contre le nouveau coronavirus qui a commencé à se répandre dans le reste du monde, mettant de facto en quarantaine à compter de jeudi la métropole de Wuhan au cœur de l'épidémie.

(AFP) - Depuis 10 heures locales (3 heures ce matin au Luxembourg), plus aucun train ni avion ne doit en principe quitter la cité de 11 millions d'habitants située en plein centre de la Chine. La ville des bords du Yangtsé est au cœur de l'épidémie qui depuis décembre a contaminé plus de 500 personnes et fait 17 morts, selon un dernier bilan communiqué mercredi soir. Toutes les personnes décédées ont succombé à Wuhan ou dans sa région.

«Les habitants ne doivent pas quitter Wuhan sans raison spécifique», a annoncé le quartier général chargé de la lutte contre l'épidémie au niveau municipal. Cette décision est prise afin «d'enrayer efficacement la propagation du virus», a-t-il expliqué, alors que la Chine s'apprête à entrer vendredi dans son long congé du Nouvel An, qui occasionne chaque année des centaines de millions de voyages. La décision ayant été annoncée pendant la nuit, les habitants de Wuhan (prononcer «Wou-ranne», ndlr) n'ont pas pu planifier un éventuel départ. En début de matinée, il restait possible de quitter la ville en voiture, selon un reporter du site internet d'information The Paper.

Stations-service en rade

Aux sorties autoroutières de la ville, des policiers stoppaient certains véhicules afin de prendre la température corporelle des occupants, selon cette source. Des queues se formaient devant certaines stations-service, tandis que beaucoup d'autres étaient à court de carburant. Il était encore possible de gagner la ville par le train ou en avion, même si de nombreux vols étaient supprimés. Mais à l'intérieur même de Wuhan, les transports publics étaient à l'arrêt et les festivités du Nouvel An ont été annulées. La mairie a aussi imposé le port du masque respiratoire, que la plupart des habitants avaient de toute façon commencé à arborer depuis le début de la semaine.


Des passagers arrivant à la Yichang East Railway Station, dans la province de Hubei, portent un masque
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Le bilan s'est alourdi mercredi en Chine, où les autorités ont fait état de neuf morts et averti que le virus pourrait «muter» et se propager plus facilement. A ce jour, il a été diagnostiqué chez 440 patients.

Le branle-bas de combat a commencé lorsqu'un scientifique chinois a admis que la transmission du virus pouvait se faire d'humain à humain et pas seulement de l'animal à l'homme. Le président Xi Jinping a donné le signal de la mobilisation lundi en appelant à enrayer «résolument» l'épidémie, qui jusque-là ne faisait pas les grands titres des journaux. A Pékin comme à Shanghai, le port du masque était de mise dans les endroits publics, comme le métro.

Mesures «très très fortes»

A Genève, le directeur de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a salué les mesures «très, très fortes» prises par la Chine, estimant qu'elles allaient «diminuer» les risques de propagation hors de ses frontières. Elles sont intervenues au moment où l'OMS avait réuni son comité d'urgence pour décider si le nouveau virus constituait une «urgence de santé publique de portée internationale».

Les experts n'étant pas parvenus à se mettre d'accord sur la question, le directeur de l'OMS a décidé de poursuivre la réunion ce jeudi à partir de midi. L'OMS n'a jusqu'ici utilisé le terme d'urgence internationale que pour de rares cas d'épidémies requérant une réaction mondiale vigoureuse, dont la grippe porcine H1N1 en 2009, le virus Zika en 2016 et la fièvre Ebola, qui a ravagé une partie de l'Afrique de l'Ouest de 2014 à 2016 et la RDC depuis 2018.

A Washington, un porte-parole du Département d'Etat a souligné les «signes encourageants qui montrent que le gouvernement chinois a compris la gravité de ce problème. Le virus de la famille du Sras a gagné plusieurs pays d'Asie et même les Etats-Unis, où quelques cas ont été recensés. Les contrôles de température corporelle se sont généralisés dans plusieurs aéroports d'Asie, du pourtour du Pacifique ainsi qu'au Royaume-Uni, au Nigeria et en Italie.

Commerce illégal

Le virus a été repéré sur un marché de gros de produits de la mer à Wuhan. On ignore encore son origine exacte, mais sa période d'incubation serait d'environ 14 jours. Des ventes illégales d'animaux sauvages avaient lieu dans ce marché, a reconnu le Centre national de contrôle et de prévention des maladies, sans pouvoir dire avec certitude si du gibier était à l'origine de l'épidémie.

La souche incriminée est un nouveau type de coronavirus, une famille comptant un grand nombre de virus. Ils peuvent provoquer des maladies bénignes chez l'homme (comme un rhume) mais aussi d'autres plus graves comme le Sras. L'OMS avait à l'époque du Sras, en 2002-2003, vivement critiqué Pékin pour avoir tardé à donner l'alerte et tenté de dissimuler l'ampleur de l'épidémie. 


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