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«On cherche une issue de secours»
International 5 min. 21.03.2019

«On cherche une issue de secours»

(de g. à dr.) Sebastian Kurz, chancelier de la République d'Autriche ; Donald Tusk, président du Conseil européen ; Giuseppe Conte, président du Conseil des ministres de la République italienne ; Xavier Bettel, Premier ministre, ministre d'État

«On cherche une issue de secours»

(de g. à dr.) Sebastian Kurz, chancelier de la République d'Autriche ; Donald Tusk, président du Conseil européen ; Giuseppe Conte, président du Conseil des ministres de la République italienne ; Xavier Bettel, Premier ministre, ministre d'État
Photo: SIP
International 5 min. 21.03.2019

«On cherche une issue de secours»

Les dirigeants européens ont mis le Royaume-Uni au pied du mur jeudi, en avertissant qu'un nouveau rejet de l'accord de Brexit déboucherait sur un divorce chaotique. Xavier Bettel a estimé, quant à lui: «On ne cherche plus une porte de sortie, on cherche une issue de secours».

Au lendemain de la demande de report de la sortie des britanniques de l'UE par Teresa May, les dirigeants de l'UE à 27 se sont réunis à Bruxelles ce 21 mars pour en discuter lors du conseil européen.

Les députés britanniques ont déjà rejeté massivement à deux reprises le Traité de retrait de l'UE, mais Mme May n'a pas perdu l'espoir de les voir changer d'avis.                

Jeremy Corbyn, le chef du Labour, principal parti d'opposition britannique, également à Bruxelles jeudi, où il a rencontré le négociateur en chef de l'UE sur le Brexit, Michel Barnier, a évoqué lundi ou mardi pour un nouveau vote. Il a exclu de se ranger derrière l'accord de Mme May.                

"Nous ne pensons pas que c'est la bonne voie et cherchons une alternative qui peut rassembler une majorité au parlement", a-t-il dit à la presse. En cas d'échec du troisième vote, le "no deal" apparaît comme l'issue par défaut, ont mis en garde les Européens, synonyme de chaos économique potentiel.                

Le patronat et les syndicats britanniques ont supplié jeudi Mme May de changer d'approche face à ce qu'ils estiment être une situation d'"urgence nationale".           

Jeudi soir, la dirigeante a rejeté la responsabilité de l'impasse sur les députés, dans une allocution à destination de la population britannique. M. Tusk s'est voulu rassurant mercredi. "Même si l'espoir d'un succès final peut paraître fragile, voire illusoire, et bien que la fatigue du Brexit soit de plus en plus visible et justifiée, nous ne pouvons renoncer à rechercher jusqu'au tout dernier moment une solution positive", a-il promis.               

La chancelière allemande Angela Merkel a cependant souligné en arrivant à Bruxelles que si l'accord de retrait était important, "une chose est claire, les 27 doivent aussi penser à leur avenir".              

"On ne cherche plus une porte de sortie, on cherche une issue de secours", a estimé de son côté le Premier ministre luxembourgeois Xavier Bettel.  

 Le président français Emmanuel Macron a affirmé qu'"en cas de vote négatif britannique, nous irions vers un no deal", à son arrivée au sommet européen qui réuni les dirigeants de l'UE à Bruxelles jusqu'à vendredi.       

Report jusqu'au 30 juin        

Le président du Conseil européen Donald Tusk a lui conditionné le report du Brexit réclamé par la Première ministre Theresa May à l'adoption de l'accord qu'elle veut soumettre pour la troisième fois aux élus britannique "aussi vite que possible".                

La dirigeante conservatrice veut obtenir de ses homologues européens un report de trois mois, jusqu'au 30 juin, de la date du divorce, censé avoir lieu le 29 mars. Mais lors d'une réunion mercredi soir, les ambassadeurs des 27 ont recadré le débat. "La question de la date sera une décision des chefs d'Etat", à prendre à l'unanimité, a souligné une source européenne, et "l'orientation" qui s'est dessinée est de refuser la date du 30 juin et de se diriger vers une prolongation plus courte.                

La date du 22 mai, soit avant les élections européennes prévues du 23 au 26 mai, a rassemblé "une large majorité", a ajouté une source diplomatique, tout en précisant que plusieurs représentants n'avaient pas encore reçu les instructions de leurs capitales. La Commission européenne a prévenu qu'un report de trois mois "entraînerait de graves risques juridiques et politiques pour l'UE", car le Royaume-Uni serait tenu d'organiser le scrutin européen même s'il se retire ensuite avant la session inaugurale du Parlement, début juillet.                

S'il ne le faisait pas, il mettrait en péril la légalité du nouveau Parlement avec le risque d'une paralysie durable du fonctionnement de l'UE, a mis en garde l'exécutif européen.    

Nouveau sommet ?

Lors du sommet, "on aura une indication de ce que les 27 sont prêts à accorder en cas de vote positif" au Royaume-Uni, a indiqué un diplomate, tandis qu'une "décision formelle" sera prise plus tard par les 27 en fonction des événements au Royaume-Uni.                

Si Mme May n'est pas en mesure "de présenter au Conseil européen des garanties suffisantes sur la crédibilité de sa stratégie", sa demande de report sera "écartée" au profit du scénario d'une "sortie sans accord", a prévenu le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian.                

Si le parlement britannique rejetait à nouveau ce texte, l'UE serait-elle toujours prête à accorder un report du Brexit, forcément plus long? "Seulement s'il y a un changement politique majeur" au Royaume-Uni, comme de nouvelles élections ou un nouveau référendum, a prévenu un diplomate.                

"Si la semaine prochaine il n'y a pas de vote ou pas de vote positif au parlement britannique, dans ce cas, il faudra voir s'il faut une nouvelle rencontre du Conseil européen" avant le 29 mars, a déclaré la chancelière allemande Angela Merkel jeudi matin devant le Bundestag.

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