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Nouvelle épreuve de force pour Boris Johnson
International 3 min. 04.09.2019

Nouvelle épreuve de force pour Boris Johnson

Nouvelle épreuve de force pour Boris Johnson

Photo: AFP
International 3 min. 04.09.2019

Nouvelle épreuve de force pour Boris Johnson

Un nouveau bras de fer est attendu ce mercredi au parlement britannique entre Boris Johnson et les députés qui veulent empêcher un Brexit sans accord. Une épreuve de force qui pourrait déboucher sur des élections législatives anticipées.

(AFP) – Mardi, le chef du gouvernement conservateur qui venait de perdre sa majorité absolue, a essuyé un cinglant revers à la Chambre des communes, désavoué par une majorité de députés qui ont approuvé une motion leur permettant de prendre le contrôle de l'agenda parlementaire, normalement détenu par le gouvernement. 


A video grab from footage broadcast by the UK Parliament's Parliamentary Recording Unit (PRU) shows Britain's Prime Minister Boris Johnson reacting as the opposition Labour Party leader Jeremy Corbyn speaks during Prime Ministers Questions (PMQs) session in the House of Commons in London on September 4, 2019. - Prime Minister Boris Johnson headed into a fresh Brexit showdown in parliament on Wednesday after being dealt a stinging defeat over his promise to get Britain out of the EU at any cost next month. (Photo by - / PRU / AFP) / RESTRICTED TO EDITORIAL USE - MANDATORY CREDIT " AFP PHOTO / PRU " - NO USE FOR ENTERTAINMENT, SATIRICAL, MARKETING OR ADVERTISING CAMPAIGNS - EDITORS NOTE THE IMAGE HAS BEEN DIGITALLY ALTERED AT SOURCE TO OBSCURE VISIBLE DOCUMENTS
Johnson engage une nouvelle bataille avec le Parlement
Lors d'échanges acrimonieux à la Chambre des communes, le Premier ministre britannique a mis au défi le leader de l'opposition, Jeremy Corbyn, de soutenir la tenue d'élections le 15 octobre.

 Grâce à cette motion, les opposants à Boris Johnson pourront présenter ce mercredi un texte de loi contraignant le Premier ministre à demander à l'Union européenne un nouveau report du Brexit au 31 janvier 2020 au cas où aucun accord de retrait ne serait conclu avec Bruxelles dans les prochaines semaines. La Chambre des communes doit voter en début de soirée. 

Photo: AFP

 L'humiliation est d'autant plus cuisante pour le Premier ministre que 21 députés de son propre Parti conservateur l'ont défié et ont voté avec les élus de l'opposition. Ces rebelles -dont Nicholas Soames, le petit-fils de Winston Churchill, ou l'ex-ministre des Finances Philip Hammond-, ont été expulsés dans la foulée du parti. 

 «Vote historique» 

 «Le Premier ministre a perdu un vote historique», titrait mercredi matin le Times tandis que le Daily Express (pro-Brexit) déplorait que le parlement ait «capitulé face à l'UE». La plupart des éditorialistes soulignaient que Boris Johnson a «perdu le contrôle». Mais ce dernier, déterminé à ce que le Royaume-Uni quitte l'Union européenne le 31 octobre, avec ou sans accord de divorce, a préparé sa contre-attaque. 

 Si les députés anti-«no deal» parviennent à imposer un report du Brexit, son gouvernement soumettra alors au vote de la Chambre une motion pour convoquer des élections législatives anticipées. Ce texte devra recueillir deux tiers des voix pour être adopté. 

 «Je ne veux pas d'une élection, mais si les députés votent demain pour arrêter les négociations et appeler à un autre report inutile du Brexit, qui pourrait durer des années, dans ce cas (une élection) sera le seul moyen de résoudre» la situation, a d'ores et déjà averti le Premier ministre. Le gouvernement a dit souhaiter qu'un tel scrutin ait lieu à la mi-octobre, en tout cas avant le sommet européen prévu les 17 et 18 octobre à Bruxelles.

 14 milliards d'euros d'exportations  en jeu

 Mais certains députés redoutent qu'il ne change la date au dernier moment et ne repousse l'élection après le 31 octobre, la date prévue du Brexit, obligeant ainsi à une sortie sans accord. 

 La bataille féroce entre députés opposés à un retrait brutal de l'UE et le gouvernement se poursuit aussi devant les tribunaux. La plus haute instance civile d'Ecosse doit se prononcer ce mercredi sur une action en justice intentée par 75 parlementaires pro-européens visant à bloquer la suspension du Parlement décidée par Boris Johnson. Ce dernier s'est attiré les foudres de nombreux députés en suspendant pendant cinq semaines le Parlement, jusqu'au 14 octobre, leur laissant très peu de temps pour s'opposer à un «Brexit dur» avant la date fatidique du 31 octobre. 

 Selon l'ONU, un «no deal» ferait perdre aux Britanniques 14,6 milliards d'euros d'exportations vers l'UE. Ce scénario est le cauchemar des milieux économiques, qui redoutent aussi une envolée de l'inflation, une chute de la livre voire une récession. 


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A video grab from footage broadcast by the UK Parliament's Parliamentary Recording Unit (PRU) shows Britain's Prime Minister Boris Johnson as he  speaks to move a motion to hold an early parliamentary general election, in the House of Commons in London on September 4, 2019. - British Prime Minister Boris Johnson on Wednesday called for parliament to vote in favour of holding early elections after MPs dealt a major blow against his Brexit strategy. (Photo by - / PRU / AFP) / RESTRICTED TO EDITORIAL USE - MANDATORY CREDIT " AFP PHOTO / PRU " - NO USE FOR ENTERTAINMENT, SATIRICAL, MARKETING OR ADVERTISING CAMPAIGNS - EDITORS NOTE THE IMAGE HAS BEEN DIGITALLY ALTERED AT SOURCE TO OBSCURE VISIBLE DOCUMENTS
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