Changer d'édition

Nouvelle attaque contre Didier Reynders
International 3 min. 19.09.2019

Nouvelle attaque contre Didier Reynders

Didier Reynders est accusé de corruption et de blanchiment d’argent par un ex-agent de la Sûreté qui n'apporte aucune preuve tangible selon son avocat.

Nouvelle attaque contre Didier Reynders

Didier Reynders est accusé de corruption et de blanchiment d’argent par un ex-agent de la Sûreté qui n'apporte aucune preuve tangible selon son avocat.
Photo: AFP
International 3 min. 19.09.2019

Nouvelle attaque contre Didier Reynders

Un ex-agent de la Sûreté réitère ses accusations contre le candidat belge à la Commission européenne sans apporter de preuves.

 Par Max Helleff (Bruxelles)

Nicolas Ullens de Schooten est le nom de l’ancien agent de la Sûreté de l’Etat qui accuse Didier Reynders de corruption et de blanchiment d’argent. L’homme est apparu pour la première fois à visage découvert mercredi soir, dans plusieurs médias belges. Chauve et bedonnant, il n’a rien d’un James Bond. Il est en revanche pugnace, paré à répéter urbi et orbi ses accusations contre l’actuel chef de la diplomatie belge et probable futur commissaire européen à la Justice.

C’est précisément le décalage entre l’homme que serait dans la réalité Didier Reynders et la hauteur de son futur rôle qui ont motivé Nicolas Ullens de Schooten à réitérer ses attaques. «Ce qui m’a fait sortir du bois en avril 2019, explique-t-il dans les colonnes du Soir, c’est l’annonce de la candidature de Didier Reynders au Conseil de l’Europe. Cette institution défend les droits de l’Homme et l’Etat de droit. Pour moi, il est inimaginable que Didier Reynders incarne cela.» 

Depuis, sur base de la déposition de l’ex-agent, une enquête judiciaire préliminaire a été ouverte.

Mauvais timing pour Didier Reynders

En juin dernier, Didier Reynders n’a toutefois pas été élu secrétaire général du Conseil de l’Europe. C’est la Croate Marija Pejcinovic Buric qui a emporté la mise. Quelques semaines plus tard, le libéral francophone a été proposé par le gouvernement Michel pour intégrer la Commission von der Leyen. A une condition : que Didier Reynders réussisse son audition devant les députés européens. Celle-ci est programmée entre le 30 septembre et le 8 octobre. Les accusations portées aujourd’hui contre Reynders tombent donc particulièrement mal pour lui.

Nicolas Ullens de Schooten a manifestement jugé que le moment était propice pour porter le fer. «La récente candidature de M. Reynders au poste de commissaire européen à la Justice, en charge de l’Etat de droit. C’est inconcevable…» juge-t-il. « Inconcevable» pour qui se trouverait «au cœur d’un réseau de corruption et de blanchiment».  «C'est comme si Al Capone était nommé chef de la police de Chicago», cogne Ullens de Schooten dans L’Echo.


Une enquête préliminaire vise Didier Reynders
Un ex-agent de la Sûreté accuse le futur commissaire européen belge de fraude et de blanchiment d’argent.

Ces méfaits (présumés), affirme l’ex-agent de la Sûreté, le chef de la diplomatie belge les aurait commis à la faveur de plusieurs dossiers de marchés publics qualifiés de frauduleux: le déménagement de la police fédérale dans la Cité administrative bruxelloise, les fonds libyens gelés, la construction de l’ambassade de Belgique à Kinshasa… Toutes des affaires qui ont défrayé peu ou prou la chronique ces dernières années.  Enfin, Didier Reynders serait à la botte des services secrets russes.

Problème: le «lanceur d’alerte» - c’est ainsi que le présente son avocat – n’amène aucune preuve tangible de ce qu’il avance. A ce jour, Nicolas Ullens de Schooten n’a apporté aucun indice laissant penser que Didier Reynders pourrait être le nouvel «Al Capone».

«Volonté de nuire»

Le portrait de l’ex-agent tracé par plusieurs médias ce jeudi matin évoque un homme en croisade contre Reynders et son entourage. Cette croisade pourrait expliquer pourquoi Ullens de Schooten a démissionné de la Sûreté de l’Etat en 2018, après 11 ans passés à son service. Il s’y était déjà activé à noircir Didier Reynders, notamment à la faveur du Kazakhgate, une affaire où le nom du ministre belge des Affaires étrangères fut cité sans qu’il ne soit réellement inquiété.

La balle est aujourd’hui dans le camp du Parquet qui devra dire si la déposition faite en avril dernier par Nicolas Ullens de Schooten est fondée et mérite d’ouvrir une véritable enquête.

Quant à Didier Reynders, il a répondu mercredi soir via son avocat: «Aucun élément nouveau n’a été porté à ma connaissance depuis samedi. J’espère que toute la clarté sera faite le plus rapidement possible. Il est manifeste que l’auteur des accusations est animé par une volonté de nuire». Dont acte.

 


Sur le même sujet

Didier Reynders accumule les déboires
Le candidat belge à la Commission européenne est cette fois accusé de menaces de mort et harcèlement. Le nom de l'ancien ministre a déjà été cité dans des dossiers financiers et fiscaux délicats pour lesquels il vient tout juste d'être blanchi.
Vice-Prime Minister and Foreign Minister Didier Reynders speaks to the press before a Minister's council meeting of the Federal Government in Brussels on April 28, 2017.  / AFP PHOTO / BELGA / VIRGINIE LEFOUR / Belgium OUT
La nouvelle Commission européenne révélée
La présidente Ursula von der Leyen a présenté son équipe ce mardi midi. Les 26 membres de son équipe ont chacun hérité d'un portefeuille précis, au terme de négociations difficiles.