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Nissan réclame son dû à Carlos Ghosn
International 3 min. 18.01.2019

Nissan réclame son dû à Carlos Ghosn

Nissan affirme que Carlos Ghosn «a reçu une rémunération totale de 7.822.206 d'euros.

Nissan réclame son dû à Carlos Ghosn

Nissan affirme que Carlos Ghosn «a reçu une rémunération totale de 7.822.206 d'euros.
Photo: AFP
International 3 min. 18.01.2019

Nissan réclame son dû à Carlos Ghosn

Nissan, à l'origine de l'enquête qui a fait tomber le tout-puissant Carlos Ghosn, veut récupérer ce qui lui a été «volé», à commencer par plusieurs millions d'euros qui ont été, selon le constructeur japonais, indûment versés à son ex-patron via une filiale néerlandaise.

(AFP) – Ces nouvelles accusations avaient émergé la semaine dernière, c'est maintenant officiel: dans un communiqué, Nissan affirme que le dirigeant de 64 ans «a reçu une rémunération totale de 7.822.206,12 d'euros (taxes comprises)» de la part de Nissan-Mitsubishi B.V. (NMBV).

La coentreprise, détenue à parité par les deux groupes automobiles japonais, avait été fondée en juin 2017 «avec pour mission l'exploration et la promotion de synergies au sein du partenariat». Quelques mois plus tôt, M. Ghosn s'était porté au secours de Mitsubishi Motors, empêtré dans un scandale de falsification de données. Et déjà avait-il formé le dessein, avec son bras droit Greg Kelly arrêté en même temps que lui, et d'autres complices non nommés, de «percevoir des revenus confidentiels via une structure non consolidée aux Pays-Bas», affirme Nissan.


Le visage de Carlos Ghosn sur un écran de Tokyo, où sont diffusées les actualités.
Carlos Ghosn: le tribunal rejette la demande de libération sous caution
Le tribunal de Tokyo a rejeté mardi la demande de libération sous caution de Carlos Ghosn, nouvelle tentative infructueuse des avocats du PDG de Renault détenu au Japon pour des malversations financières présumées.

Finalement, en 2018, «il s'est signé un contrat sans discuter avec les autres membres du conseil d'administration de NMBV que sont le PDG de Nissan Hiroto Saikawa et le PDG de Mitsubishi Motors Osamu Masuko. Ils n'ont pour leur part touché aucun revenu», poursuit le constructeur. Le secrétariat de Nissan en était la seule autre partie informée, selon une source proche du dossier.

M. Ghosn a été généreusement payé, dénonce-t-elle, «alors qu'il n'a assisté qu'à une réunion opérationnelle, en août». Considérant qu'il s'agit là «d'une faute» de M. Ghosn, Nissan dit «réfléchir aux moyens de récupérer cette somme» auprès du magnat de l'automobile, par le biais d'un dépôt de plainte, précise la personne au fait des investigations.

Nouvelle requête des avocats

Depuis le début de cette saga rocambolesque, qui va de Paris à Tokyo, en faisant des détours au Brésil, Liban ou au Moyen-Orient, le groupe nippon accable son ancien sauveur, une attitude qui nourrit des accusations de complot. Les responsables de Nissan brandissent en réponse les «graves agissements» révélés par l'enquête, débutée à l'été 2018 après le signalement d'un ou plusieurs lanceurs d'alerte.

Les informations ont été transmises à l'automne au parquet de Tokyo, ce qui a abouti à l'interpellation surprise de Carlos Ghosn le 19 novembre, plongeant l'alliance Renault-Nissan dans la tourmente. Depuis, l'homme d'affaires franco-libano-brésilien, qui se dit «faussement accusé», séjourne en prison.


(FILES) This file photo taken on May 11, 2012 shows the-president and CEO of Japanese auto giant Nissan, Carlos Ghosn, gesturing as he answers questions during a press conference at their headquarters in Yokohama, suburban Tokyo. - Former Nissan boss Carlos Ghosn said on January 8, 2019 he had been "wrongly accused and unfairly detained" at a high-profile court hearing in Japan, his first appearance since his arrest in November rocked the business world. (Photo by TORU YAMANAKA / AFP)
Carlos Ghosn visé par deux nouvelles inculpations
L'avenir judiciaire de Carlos Ghosn s'est encore assombri vendredi: le bâtisseur de l'alliance Renault-Nissan a fait l'objet de deux nouvelles inculpations par la justice japonaise, mais ses avocats ont aussitôt déposé une demande de libération sous caution.

Ses avocats ont indiqué vendredi avoir déposé une nouvelle demande de libération sous caution, après l'échec, y compris en appel, d'une première requête cette semaine. La justice explique cette détention prolongée par un risque de dissimulation ou destruction de preuves et de fuite.

L'équipe de défense de M. Ghosn avait souligné qu'étant donné sa notoriété, il pourrait difficilement se soustraire à la justice. Du côté de l'Alliance, Renault, son dernier soutien, qui avait dans un premier temps argué de la présomption d'innocence, s'est résolu à lui chercher un successeur, au lendemain d'un appel de l'Etat français en faveur d'une nouvelle gouvernance.

Un conseil d'administration devrait porter dans les prochains jours le coup de grâce au capitaine d'industrie, déjà révoqué de la présidence de Nissan et de Mitsubishi Motors. Contraint au silence médiatique à l'exception d'une unique comparution devant le tribunal le 8 janvier, Carlos Ghosn a été mis en examen pour minoration de revenus dans des rapports de Nissan remis aux autorités boursières, ainsi que pour abus de confiance.

Nissan lui reproche en outre d'autres malversations, comme l'achat de résidences de luxe à Beyrouth, Rio ou Paris, des donations à des universités au Liban ou encore l'emploi fictif de sa sœur au Brésil, tout ceci aux frais de Nissan.

Ces éléments ne sont pour le moment pas inclus dans les motifs de poursuites invoqués par les procureurs. Mais un nouveau mandat d'arrêt n'est pas exclu s'ils devaient réunir suffisamment de preuves. Le procès, lui, n'interviendra pas avant plusieurs mois. Le magnat de l'automobile risque en théorie jusqu'à 15 ans de prison.


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Le patron de Renault-Nissan, Carlos Ghosn, arrêté au Japon
Carlos Ghosn, PDG de Renault et un des plus grands patrons d'industrie au monde, a été arrêté à Tokyo selon les médias, accusé de malversations par la justice après une enquête interne de Nissan, qui veut le démettre de son poste au plus vite.
Carlos Ghosn, PDG de Renault depuis 2009, gagne plus de 7 millions d'euros par an. Au titre de PDG de Nissan, il avait touché pour la période d'avril 2016 à mars 2017, 8,8 millions d'euros.