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Moment de vérité pour l'accord sur le Brexit
International 1 3 min. 12.03.2019

Moment de vérité pour l'accord sur le Brexit

Theresa May et Jean-Claude Juncker lors d'une conférence de presse commune à Strasbourg dans la nuit de mardi

Moment de vérité pour l'accord sur le Brexit

Theresa May et Jean-Claude Juncker lors d'une conférence de presse commune à Strasbourg dans la nuit de mardi
AFP
International 1 3 min. 12.03.2019

Moment de vérité pour l'accord sur le Brexit

A seulement 17 jours du Brexit, les députés britanniques se prononcent ce mardi sur l'accord de divorce avec l'Union européenne, après les garanties de dernière minute que Theresa May a annoncé avoir décrochées.

(AFP) - La Première ministre conservatrice, Theresa May, s'est rendue lundi soir à Strasbourg pour rencontrer les responsables européens dans une tentative de sauvetage de l'accord de divorce conclu fin novembre mais rejeté massivement par le parlement britannique.

Les deux parties ont annoncé des «changements légalement contraignants» à l'accord, avec l'espoir qu'il obtienne l'assentiment des députés lors du vote programmé mardi soir.

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Ces changements concernent le «filet de sécurité» (ou backstop) irlandais, un dispositif de dernier recours qui vise à éviter le retour d'une frontière physique entre les deux Irlande afin de préserver les accords de paix de 1998 et l'intégrité du marché unique européen. Les «Brexiters» n'en veulent pas, craignant de rester indéfiniment «piégés» dans une union avec l'UE, car il implique un alignement étroit du Royaume-Uni sur les règles commerciales européennes jusqu'à la conclusion d'une meilleure solution.

«Cet accord ou rien» pour Juncker

«Un instrument conjoint avec un poids juridique comparable à l'accord de retrait va garantir que l'Union européenne ne puisse pas agir avec l'intention de mettre en oeuvre le filet de sécurité indéfiniment», a déclaré Theresa May, lors d'une conférence de presse avec le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker. «Il est temps de nous rassembler, de soutenir l'accord de Brexit amélioré et de concrétiser le vote des Britanniques» pour sortir de l'Union européenne, a-t-elle ajouté.


An anti-Brexit protester draped in a composite if the EU and Union flag walks past more flags outside the Houses of Parliament in London on March 4, 2019. - Britain's Prime Minister Theresa May has promised to return to parliament with an EU Withdrawl Bill for lawmakers to have a 'meaningful vote' by March 12. Unless there is a negotiated delay Britain will leave the EU on March 29. (Photo by Tolga Akmen / AFP)
Les Britanniques auront des papiers européens jusqu'en 2020
Un projet de loi prévoit de mettre en place l'«approche généreuse» prévue par la Commission européenne et permettre aux 4.600 citoyens britanniques installés au Luxembourg de s'adapter aux changements que le Brexit va provoquer dans leurs droits.

De son côté, M. Juncker a insisté: «C'est cet accord ou le Brexit pourrait ne pas avoir lieu du tout». Mais Jeremy Corbyn, le chef du Labour, premier parti d'opposition britannique, a appelé les élus britanniques à voter contre le texte, estimant qu'il «ne contient rien qui ressemble aux changements promis au parlement par Theresa May».

Nigel Dodds, le chef des députés du DUP, la formation unioniste nord-irlandaise dont le soutien est essentiel à Mme May à la Chambre des Communes, a accueilli les annonces avec prudence. «Nous allons certainement analyser cela avec beaucoup, beaucoup de soin», a dit M. Dodds, dont la formation s'est montrée fermement opposée au filet de sécurité.

Un Royaume fracturé

Si l'accord devait être rejeté, les députés voteront mercredi sur la possibilité de sortir de l'UE sans accord, un scénario redouté par les milieux économiques. De nombreux députés s'élèvent contre, mais certains jugent qu'«une absence d'accord vaut mieux qu'un mauvais accord». Si cette option est exclue, le Parlement votera à nouveau jeudi sur une proposition de report «limité» du Brexit.


Theresa May s'est lancée dans une bataille sur deux fronts: d'un côté pour tenter d'obtenir des concessions de l'Union européenne, de l'autre côté pour essayer de convaincre les parlementaires de changer d'avis.
Semaine décisive sur le sort de l'accord de Brexit
Les députés britanniques voteront à partir de mardi pour concrétiser ou reporter la sortie du Royaume-Uni de l'UE fixée au 29 mars, près de trois ans après le référendum du Brexit.

Les 27 devront toutefois donner leur accord à l'unanimité et les dirigeants européens ont prévenu que toute demande en ce sens devrait être dûment justifiée. Cette semaine parlementaire chaotique illustre les divisions qui déchirent les partis politiques britanniques, et jusqu'au gouvernement de Mme May. Ces divisions sont à l'image d'une société britannique fracturée depuis le référendum sur le Brexit en juin 2016 qui a décidé de mettre fin à 46 ans d'un mariage houleux avec l'UE.

  Nous n'avons aucune d'idée de la forme de Brexit que nous allons avoir dans deux semaines

Environ la moitié des électeurs pense qu'un divorce permettra à l'ancien empire de restaurer sa gloire en concluant ses propres accords commerciaux. L'autre moitié se sent intrinsèquement européenne, est ouverte à l'immigration et redoute les conséquences d'une rupture des liens avec le plus grand partenaire commercial du Royaume-Uni.

«Nous n'avons aucune d'idée de la forme de Brexit que nous allons avoir dans un peu plus de deux semaines et je n'arrive pas à réaliser que je suis en train de dire ça», a déploré lundi la députée travailliste Yvette Cooper.


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