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Moins de sévérité contre les soignants non vaccinés
International 3 min. 21.11.2021
En Belgique

Moins de sévérité contre les soignants non vaccinés

Trois mois déjà que le fédéral discute de l'obligation vaccinale pour les soignants. L'accord approche à pas timides.
En Belgique

Moins de sévérité contre les soignants non vaccinés

Trois mois déjà que le fédéral discute de l'obligation vaccinale pour les soignants. L'accord approche à pas timides.
Photo : AFP
International 3 min. 21.11.2021
En Belgique

Moins de sévérité contre les soignants non vaccinés

Max HELLEFF
Max HELLEFF
Le gouvernement du Premier ministre Alexander De Croo a dû plier face aux exigences des socialistes et des syndicats.

De notre correspondant Max HELLEFF (Bruxelles) - La décision semblait actée. Un conseil des ministres restreint lui avait donné sa bénédiction il y a huit jours. Le Comité de concertation du 17 novembre ne l’avait pas remise ouvertement en question. Mais vendredi, la vaccination obligatoire du personnel soignant a été remise sur la table du gouvernement De Croo. Poussé par les syndicats et par l’opposition communiste, le PS francophone de Paul Magnette est parvenu à alléger substantiellement les sanctions qui frapperont à l’avenir les médecins, les infirmières ou encore les kinésithérapeutes qui refuseront le vaccin.


Corona Altenheim
La vaccination anti-covid s'impose aux soignants belges
Rien ne sera effectif avant le mois prochain mais le Comité de concertation présidé par le Premier ministre Alexander De Croo a décidé, vendredi, qu'infirmiers, médecins et autres soignants se devaient d'être vaccinés.

En conséquence, entre le 1er janvier et le 31 mars 2022, les soignants qui ne seront pas vaccinés seront suspendus et bénéficieront du chômage. Puis, à partir du 1er avril, ils auront deux possibilités. Soit leur contrat sera résilié et ils accéderont au chômage complet. Soit leur contrat sera «suspendu», sans perte d’agrément professionnel, mais aussi sans chômage. 

Cette seconde formule laissera aux récalcitrants la possibilité de travailler en dehors des soins de santé, et éventuellement de se faire tardivement vacciner, ce qui leur permettra d’être réintégrés.

L'incongruité dénoncée par Vandenbroucke

Treize heures de discussions et une énième fracture au sein de la coalition Vivaldi du Premier ministre Alexander De Croo ont été nécessaires pour aboutir à cet accord. A priori, il arrange tout le monde. Les libéraux qui peuvent brandir la possibilité d’une sanction. Et les socialistes qui ont réussi à troquer le terme initial de «licenciement» contre celui de «suspension», moins préjudiciable. Ecolo a suivi le PS, jugeant que ce n’est pas le moment d’aggraver la situation des soins de santé en pleine pénurie de personnels.

Cela reste toutefois insuffisant pour les syndicats. Ceux-ci taxent donc l'accord d'«humiliation» et annoncent une journée d'action le 7 décembre.

L’obligation vaccinale du personnel soignant est pendante depuis le printemps dernier. Selon le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke, trop de soignants (attachés aux hôpitaux, aux dispensaires, aux maisons de repos, etc) restent opposés à la vaccination. Le socialiste flamand estime qu’il y a une incongruité entre le fait de prétendre vouloir aider les malades et le refus de se faire vacciner. 

Son projet de loi initial prévoyait une entrée en vigueur de l’obligation vaccinale des soignants au 1er janvier, avec une période de transition de trois mois pour se faire vacciner. Les récalcitrants auraient été mis au ''chômage temporaire corona''. Dès le 1er avril 2022, ils auraient été licenciés et auraient eu droit au chômage classique. Cette sanction est désormais abandonnée.


A man receives a dose of a vaccine against the coronavirus disease (Covid-19) in one of vaccination centers in the Ukrainian capital of Kiev on November 9, 2021. (Photo by Sergei SUPINSKY / AFP)
Une piqûre de rappel pour tous les Belges
La troisième dose du vaccin contre le coronavirus deviendra prochainement réalité pour les personnes en âge d'être vaccinées et sera octroyée sur base volontaire. Probablement dès le début 2022.

Mais entre-temps, ces menaces ont fait bondir les syndicats. Ils ont mis en avant l’état de fatigue du personnel des hôpitaux «méprisé par le gouvernement». Ils ont été rejoints par les communistes du PTB (opposition).

Le parti socialiste ne pouvait pas se permettre de rester les bras ballants face aux communistes qui lui taillent des croupières dans les sondages. « Je suis contre l'hypothèse de licencier une infirmière en avril pour la raison qu'elle ne serait pas vaccinée alors qu'il n'y a pas d'obligation pour tous. Si elle l'est pour tous, alors, oui, il pourra aussi y avoir un débat sur les sanctions », avait rétropédalé ces derniers jours Paul Magnette, renvoyant vers l’obligation vaccinale pour tous. Un Rubicon que peu de politiques belges osent pour l’instant franchir. La décision de l’Autriche de passer le pas dès le 1er février 2022 pourrait cependant changer la donne.

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