Changer d'édition

Mohamed Abrini est bien "l'homme au chapeau" de Zaventem
International 6 min. 09.04.2016 Cet article est archivé
D'après le parquet fédéral belge

Mohamed Abrini est bien "l'homme au chapeau" de Zaventem

 Mohamed Abrini, inculpé dans le dossier des attentats de Paris, est bien le troisième homme "présent lors des attentats" à l'aéroport de Bruxelles-Zaventem
D'après le parquet fédéral belge

Mohamed Abrini est bien "l'homme au chapeau" de Zaventem

Mohamed Abrini, inculpé dans le dossier des attentats de Paris, est bien le troisième homme "présent lors des attentats" à l'aéroport de Bruxelles-Zaventem
AFP
International 6 min. 09.04.2016 Cet article est archivé
D'après le parquet fédéral belge

Mohamed Abrini est bien "l'homme au chapeau" de Zaventem

Virginie ORLANDI
Virginie ORLANDI
Mohamed Abrini, inculpé dans le dossier des attentats de Paris, est bien le troisième homme "présent lors des attentats" à l'aéroport de Bruxelles-Zaventem le 22 mars, surnommé "l'homme au chapeau", a annoncé samedi soir le parquet fédéral belge.

(AFP) - Mohamed Abrini, inculpé dans le dossier des attentats de Paris, est bien le troisième homme "présent lors des attentats" à l'aéroport de Bruxelles-Zaventem le 22 mars, surnommé "l'homme au chapeau", a annoncé samedi soir le parquet fédéral belge.

"Il a été confronté aux résultats de diverses expertises et a reconnu sa présence lors des faits. Il a expliqué avoir jeté sa veste dans une poubelle et revendu son chapeau ensuite", a précisé le parquet dans un bref communiqué.

Dans un premier temps, le même parquet avait affirmé qu'il n'était "pas encore possible" de se prononcer sur la présence ou non de Mohamed Abrini, un Belgo-Marocain de 31 ans, à l'aérogare le 22 mars.

Jeudi, les autorités belges avait émis un nouvel avis de recherche pour tenter de retrouver ce troisième assaillant, diffusant de nouvelles images de vidéo-surveillance et un clip vidéo retraçant son parcours, de sa sortie de l'aérogare jusqu'à ce que sa trace se perde à Bruxelles environ deux heures plus tard.

Selon le quotidien belge L'Echo, Mohamed Abrini aurait expliqué aux enquêteurs et au juge d'instruction qui l'ont interrogé que les commandos du 22 mars voulaient en fait retourner frapper Paris mais qu'ils ont été pris de court par l'enquête et ont décidé précipitamment de commettre les attentats de Bruxelles.

Le parquet fédéral ne confirmait toutefois pas cette information, selon l'agence Belga.

Confirmation du lien entre les tueries de Paris et Bruxelles

Deux dossiers, Paris et Bruxelles, et une annonce commune: samedi, le parquet fédéral belge a fait part conjointement de l'inculpation de deux hommes arrêtés vendredi à Bruxelles, en deux temps, pour "assassinats terroristes" et "participation aux activités d'un groupe terroriste".

Le premier, Mohamed Abrini, était avec Salah Abdeslam l'un des principaux suspects activement recherché par toutes les polices d'Europe depuis les tueries du 13 novembre (130 morts).

Le Belgo-Marocain de 31 ans faisait l'objet d'un mandat d'arrêt européen émis par un juge français le 24 novembre. Il a été arrêté vendredi lors d'une opération éclair, en pleine rue, dans la commune bruxelloise d'Anderlecht.

Il est accusé dans le dossier français, mais les enquêteurs belges s'évertuent toujours à déterminer s'il est le troisième homme de l'aéroport de Bruxelles-Zaventem, dit "l'homme au chapeau", qui s'est enfui avant que ses deux complices ne lancent la double attaque-suicide.

Le mandat d'arrêt européen à son encontre ne lui a d'ailleurs "pas été notifié à ce stade, dans l'attente de la poursuite des investigations en Belgique sur le rôle qu'il aurait pu jouer dans les attentats du 22 mars", a expliqué à l'AFP une source judiciaire française.

Les investigations dévoilent les liens étroits entre les suspects: des traces du passage de Mohamed Abrini ont été localisées dans deux logements à Schaerbeek, une autre commune de Bruxelles. Un logement contenait aussi des traces de Salah Abdeslam, suspect-clé des attentats de Paris, et l'autre, situé rue Max Roos, était le point de départ du commando de l'aéroport de Bruxelles.

Osama K.

En près de cinq mois, l'enquête a révélé les liens de Mohamed Abrini avec les attaques parisiennes: possible soutien logistique, cet ami d'enfance des frères Salah et Brahim Abdeslam à Molenbeek a été filmé en compagnie de Salah dans une station-service de l'Oise (nord de Paris) dans la voiture qui servira à convoyer les kamikazes au Stade de France deux jours plus tard.

Le deuxième principal inculpé, Osama Krayem (dont l'identité complète n'est pas confirmée par le parquet), lève partiellement le mystère du dénommé Naïm Al Hayed, le nom qu'il avait emprunté lors de son enregistrement sur l'île grecque de Leros en même temps qu'un flot de réfugiés. Ses empreintes avaient été retrouvées dans le logement de la rue Max Roos.

Les enquêteurs belges ont désormais la certitude qu'il est le "deuxième homme" du métro, que l'on voit sur des caméras de surveillance s'adresser brièvement au kamikaze qui s'est fait exploser dans une station du métro de Bruxelles, Khalid El Bakroui, le 22 mars.

Grâce à la vidéosurveillance, l'enquête le place également au centre commercial lors de l'achat des sacs dans lesquels ont été transportés les explosifs à l'aéroport de Bruxelles.

Osama Krayem, Suédois, fils d'exilés syriens, intéresse beaucoup Paris car les enquêteurs soupçonnent Salah Abdeslam d'être allé le chercher, ainsi que le dénommé Amine Choukri, à Ulm (Allemagne), le 3 octobre quand ils sont, très probablement, rentrés de Syrie.

Hommage à Maelbeek

Décrit dans les médias suédois comme un délinquant oscillant entre religion et consommation de stupéfiants, avant de prendre le chemin du jihad en Syrie, Osama Krayem a grandi dans un quartier populaire de Malmö (sud).

En janvier 2015, il pose sur Facebook en tenue de combat, une kalachnikov à la main, drapeau de l'organisation Etat islamique (EI) en arrière-plan, puis disparaît jusqu'à ce que sa trace soit retrouvée à l'automne.

Signe des liens qui unissent les différents protagonistes, la justice belge a inculpé deux hommes pour "complicité d'assassinats terroristes", soupçonnés "d'avoir aidé Mohamed Abrini et Osama Krayem".

Hervé B. M., un Rwandais de 25 ans, a été arrêté en même temps qu'Osama K., et Bilal E. M., 27 ans, a été interpellé dans la commune de Laeken vendredi soir.

Selon la télévision flamande VRT, ce dernier est un Bruxellois condamné en 2014 lors du procès du groupuscule islamiste Sharia4Belgium à Anvers (nord).

Les arrestations ont été suivies de plusieurs opérations de police: à Anderlecht, au lieu de résidence possible de Mohamed Abrini, et dans les logements de Hervé B. M. et Bilal E. M.

Ni arme ni explosif n'ont été découverts, indique le parquet, sans plus de précisions.

Presque trois semaines après les attaques bruxelloises, la Belgique poursuivait les hommages. Une centaine de personnes se sont rassemblées samedi devant la station de métro Maelbeek à l'appel d'associations musulmanes.

"La radicalisation et l'extrémisme sont aux antipodes de notre croyance", a expliqué un porte-parole, ajoutant que les autorités religieuses se tenaient au service du politique pour la mise en place d'une "vraie politique de lutte contre le radicalisme".

Suivez-nous sur Facebook, Twitter et abonnez-vous à notre newsletter de 17h.


Sur le même sujet

En lien avec les attentats de Bruxelles
Trois personnes ont été interpellées à la suite d'une perquisition menée mardi matin dans la commune bruxelloise d'Uccle dans le cadre du volet belge de l'enquête sur les attentats du 13 novembre à Paris, a annoncé le parquet fédéral belge.
Les deux hommes sont inculpés "de participation aux activités d'un groupe terroriste, d'assassinats terroristes et de tentatives d'assassinats terroristes, comme auteur, coauteur ou complice".
Mohamed Abrini, l'un des suspects-clé des attaques de Paris en novembre, a été interpellé ce vendredi à Bruxelles et au moins une autre personne arrêtée dans le cadre de l'enquête sur les attentats du 22 mars en Belgique.
A photo taken April 8, 2016 shows police vans at the Square Albert I in Brussels during search after Paris attacks suspect Mohamed Abrini and several other suspects linked to both the Paris and Brussels attacks was arrested. / AFP PHOTO / Belga / NICOLAS MAETERLINCK / Belgium OUT
Plus d'une trentaine de morts et des centaines de blessés lors des attentats de Bruxelles qui se sont déroulés le 22 mars dans l'aéroport de Zaventem et sur la ligne de métro du quartier européen.
La justice belge a lancé un mandat d'arrêt international contre Mohamed Abrini, âgé de 30 ans, identifié en compagnie du suspect-clé Salah Abdeslam deux jours avant les attentats de Paris, et inculpé un cinquième homme pour "assassinats terroristes".
La France sous le choc
Vendredi 13 novembre 2015, vers 21h15, une série d'attaques a eu lieu à Paris et près du stade de France où se déroulait le match de football France-Allemagne.
ATTENTION EDITORS - VISUAL COVERAGE OF SCENES OF INJURY  French fire brigade members aid an injured individual near the Bataclan concert hall following fatal shootings in Paris, France, November 13, 2015.  REUTERS/Christian Hartmann