Changer d'édition

Mission prolongée pour Paul Magnette
International 3 min. 19.11.2019

Mission prolongée pour Paul Magnette

Paul Magnette

Mission prolongée pour Paul Magnette

Paul Magnette
Photo : Reuters
International 3 min. 19.11.2019

Mission prolongée pour Paul Magnette

Le président des socialistes belges se dit à nouveau optimiste quant à ses chances de mener à bien son travail en vue de la formation du prochain gouvernement. Le roi attend ses propositions pour le 25 novembre désormais.

De notre correspondant, Max HELLEFF (Bruxelles) - Ce lundi, Paul Magnette a livré un bilan intermédiaire de la mission d’information que lui a confiée le roi Philippe il y a deux semaines. Le 6 novembre dernier, constatant l’échec des pourparlers menés par le nationaliste flamand Geert Bourgeois et le socialiste francophone Rudy Demotte, le souverain s’était tourné vers le président du PS.

Le roi avait demandé au patron des socialistes de partir à son tour en éclaireur. Objectif : identifier des convergences entre les partis et jeter les bases du futur gouvernement fédéral. Question : puisque les deux principaux partis du pays (la N-VA de Bart De Wever et le PS de Paul Magnette) ne veulent pas gouverner ensemble, qui est vraiment prêt à tenter l’aventure ?


Paul Magnette détient-il la solution qui permettra à la Belgique de se donner rapidement un gouvernement fédéral?
Un suspense relatif autour de Paul Magnette
Le socialiste fait ce lundi rapport au roi sur les chances d’aboutir à une nouvelle coalition fédérale. L’urgence est là: si la Belgique n’est pas en crise, les écueils se multiplient.

Paul Magnette n’a pas apporté de réponse à cette interrogation ce lundi, loin s'en faut. Mais l'exercice mérite de toute évidence d'être réitéré puisque sa mission sera  prolongée jusqu'au 25 novembre. 

L’informateur royal s’est à nouveau dit optimiste quant aux chances de trouver des pistes susceptibles de mener à la formation d’un gouvernement. Des progrès, explique-t-il, ont été enregistrés lors des discussions avec les dix partis conviés à travailler sur des notes thématiques (pauvreté, immigration, justice…). 

Rencontres dans la semaine

«Il existe un consensus particulièrement fort sur le refinancement de la justice et de la police», cite en exemple Paul Magnette.  Celui-ci a par ailleurs mis l’accent sur la nécessité d’équilibrer les finances du pays tout en investissant dans le développement durable.

Dans la semaine à venir, Paul Magnette va rencontrer les partenaires sociaux, les associations versées dans la lutte contre la pauvreté et les défenseurs de l’environnement. But : confronter les positions des partis avec la société civile. Puis, il fera à nouveau rapport au roi qui décidera - ou non - de prolonger sa mission.

Le sort délicat de la N-VA 

L’informateur Magnette a recouru à une métaphore digne d’un architecte pour qualifier l’état d’avancement de ses travaux. «Nous avons un terrain. Il faut maintenant construire et consolider les fondations briques par briques. Avant de dresser l’édifice». Qui sera demain l'architecte du nouvel édifice gouvernemental belge? C'est évidemment la question.

Mise en difficulté lors des élections du 26 mai dernier (25% des suffrages contre 32% en 2014),  la N-VA n’est pas mathématiquement incontournable dans le prochain gouvernement. En revanche, son exclusion serait mal comprise par l’opinion publique au nord du pays et mettrait les autres partis flamands gouvernementaux dans une position de soumission vis-à-vis de la minorité francophone.

 L'opposé de Di Rupo

Pour l’instant, un homme tire les marrons du feu : Paul Magnette a indubitablement augmenté son capital sympathie en Flandre.  Sa maîtrise du néerlandais et son flegme y sont pour beaucoup. Mais la Flandre, estime plus d’un observateur, se méfie aussi des positions très à gauche de l’ex-professeur de sciences politiques. On n’y a pas oublié le combat mené en tant que ministre-président wallon contre le Ceta, le traité de libre-échange Union européenne-Canada. 

Magnette fait figure d’homme de convictions là où son prédécesseur Elio Di Rupo était passé maître dans le compromis. Or, on sait à quel point les petits arrangements font le lit de la politique belge. 


New Socialist party Chairman Paul Magnette (R) shakes hands with former PS chairman Elio Di Rupo on October 20, 2019, in the headquarters in Brussels. (Photo by NICOLAS MAETERLINCK / BELGA / AFP) / Belgium OUT
Paul Magnette, un alpiniste face à la montagne
Le nouveau président du PS belge francophone doit relever d’importants défis, entre formation du gouvernement fédéral et restructuration du parti socialiste.

Paul Magnette n'a de surcroît pas toutes les cartes en main. Lundi, les chrétiens-démocrates flamands du CD&V ne sont pas parvenus à désigner un successeur au président sortant Wouter Beke. Un second tour doit être organisé. Des intentions du gagnant dépendra en partie la suite des opérations. 


Sur le même sujet

La mission de Paul Magnette prolongée de deux semaines
En Belgique, l’informateur royal fera un nouveau rapport au roi Philippe le 9 décembre. C'est ce qui est ressorti d’un entretien ce lundi entre le chef de l’État et le chargé de mission. «Il est maintenant plus que temps de réussir», déclare ce dernier.
Prolongé dans sa mission d'informateur royal jusqu'au 9 décembre, le socialiste Paul Magnette constate que les «partis se comprennent beaucoup mieux.»
En Belgique, le Roi déplace le curseur vers la gauche
Une des grandes figures de la gauche en Belgique, le socialiste Paul Magnette, a été chargé mardi par le roi Philippe d'explorer les possibilités de formation d'une nouvelle coalition, dans un pays sans gouvernement de plein exercice depuis décembre 2018.
Le socialiste francophone Paul Magnette, bourgmestre de Charleroi, a accepté cette mission  d'informateur et fera rapport au Roi le 18 novembre
La Belgique sur un air de sirtaki
Le scénario d'un exécutif «à la grecque» associant les socialistes francophones aux nationalistes flamands s'écrit lentement, mais peut-être sûrement.