Mercredi à Metz

Le «Muse» ouvre ses portes: un pari risqué

Par Sophie Wiessler

Encore un centre commercial. Ce mercredi 22 novembre, un tout nouveau complexe ouvre ses portes dans le quartier gare de la ville de Metz. Ce projet baptisé «Muse», est situé aux portes du Centre Pompidou, et était en construction depuis l'automne 2014.

Le lancement de ce complexe messin de plus de 80.000 m² (commerces, logements et bureaux compris) équivaut à une seconde naissance pour la ville de Metz qui compte sur son rayonnement pour raviver le commerce de proximité; et faire venir encore plus de monde.

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«Aujourd'hui, le commerce souffre d'une concurrence mondiale, disponible en un clic, avec Amazon par exemple. C'est dans ce contexte-là que nous avons décidé d'ouvrir «Muse». Nous voulons faire revenir les gens en ville et y développer le commerce, comme avant», détaille Maurice Bansay, président d'Apsys, société responsable de ce projet.

Un concept unique alliant commerces et logements

Plus qu'un projet, «Muse» est un véritable quartier, une mini-ville à l'intérieur de Metz. Des commerces, logements, bureaux vont côtoyer un palais des congrès, un cinéma et un hôtel 4 étoiles imaginé par le designer Philippe Starck. Au Messin habitant près de la gare, le «Muse» déroule ainsi son tapis rouge.

Sur les 80.000 m² de surface que comprend «Muse», près de la moitié seront dédiés aux commerces: 130 boutiques ouvrent leurs portes, avec 21 restaurants et des pop-up stores.

«Nous voulons offrir une palette très diversifiée aux clients du «Muse». On trouvera des boutiques un peu haut de gamme et d'autres enseignes plus connues et visibles partout. Nous voulons nous adresser à tous les consommateurs», explique le chef de projet.

Même si Apsys admet que les clients visés ici possèdent un pouvoir d'achat «légèrement plus élevé que la moyenne». 

«Notre zone de chalandise s'élève à 400.000 personnes. Mais nous visons les 800.000 qu'il y a derrière. Il ne faut pas oublier qu'à 45 minutes d'ici, il y a le Luxembourg», souligne ainsi Maurice Bansay.

«Les Luxembourgeois sont les bienvenus»

Des Luxembourgeois qui «sont les bienvenus», glisse en souriant le maire de la ville de Metz, Dominique Gros. «Beaucoup de Luxembourgeois viennent déjà dans notre ville, mais nous voulons qu'ils viennent faire leurs achats chez nous. Il y a un hub très intéressant avec la gare, le Mettis, les transports en commun: il faut en profiter», poursuit-il.

Mieux encore, les personnes vivant au sein même du «Muse» n'auront presque plus besoin de sortir. Le projet englobe 400 logements. Pas moins de six îlots de logements et bureaux sur quatre niveaux s'élèvent au-dessus de l'ensemble commercial.

Résidence de luxe ou pour personnes âgées, copropriétés ou encore HLM, le «Muse» devient ainsi - selon ses créateurs - l'un «des plus beaux immeubles de logement à Metz avec tout un tas de services».

On joue ici sur la «mixité»: par rapport aux offres, dans un premier temps, avec des commerces et des logements au sein d'un même endroit, mais aussi en terme social. Des appartements vendus à 1 million d'euros côtoient des HLM faisant face au Centre Pompidou.  

Le projet fait grincer des dents

Si ce concept unique dans la région vise à rester complémentaire du centre-ville - plus de 70% des enseignes présentes au «Muse» sont uniques à Metz - il fait tout de même grincer quelques dents.

Pour venir au «Muse», il ne faudra pas trop compter sur sa voiture par exemple. 1.250 places de parking sont disponibles, mais la moitié d'entre elles serviront... aux logements. 

Le maire de la ville mise donc sur les parkings relais et les transports en commun pour faire venir du monde. Un pari risqué, quand on sait que le taux de remplissage des parkings relais de Metz s'élève avec peine aux alentours des 40%. Les Messins et leurs visiteurs ne sont pas très friands des parkings relais: pourquoi cela changerait-il avec le Muse

Et que dire de la ligne de TER Metz-Luxembourg, qui connait beaucoup de tracas depuis plusieurs années.

Sans compter que François Bausch, ministre du Développement durable et des Infrastructures, tente déjà depuis longtemps d'inciter les Luxembourgeois à prendre les transports en commun plutôt que la voiture... sans réel succès.

La surface commerciale de trop?

S'ajoutent à cela quelques chiffres. 2.200 commerces sont déjà établis à Metz. On ne compte plus le nombres de structures commerciales qui ouvrent leurs portes dans la Grande Région et Dominique Gros est d'ailleurs tout à fait conscient que sa ville est située dans une zone géographique très dense, où les centres commerciaux au mètre carré ne font qu'augmenter. En Moselle, on dénombre 1.412 m² pour 1.000 habitants.

En 2014, alors que les travaux du «Muse» démarraient, un autre complexe commercial de 61.000 m² ouvrait ses portes dans la ZAC d'Augny, au sud de Metz: le «Waves». Un rutilant complexe commercial de 60 magasins et 9 restaurants construits autour d'un bassin d'eau, qui surfe sur une zone de chalandise de 430.000 habitants...

Pourtant, cela ne semble pas faire peur à la commune de Metz: «On ne va pas ne pas construire de commerces sous prétexte qu'il en existe déjà», ironise ainsi le député Richard Lioger, présent pour la visite de presse du «Muse», mardi. 

Non bien sûr, mais si l'on veut atteindre les 7 à 8 millions de visiteurs annuels d'ici trois à cinq ans, il faut espérer que les consommateurs soient au rendez-vous.

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