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La Belgique reste sous protection militaire
International 3 min. 24.01.2018 Cet article est archivé
Menace terrorisme

La Belgique reste sous protection militaire

Soldats à la gare centrale de Bruxelles. Le Premier ministre Charles Michel veut rester très vigilant du fait d'une menace qui n'a pas disparu.
Menace terrorisme

La Belgique reste sous protection militaire

Soldats à la gare centrale de Bruxelles. Le Premier ministre Charles Michel veut rester très vigilant du fait d'une menace qui n'a pas disparu.
AFP
International 3 min. 24.01.2018 Cet article est archivé
Menace terrorisme

La Belgique reste sous protection militaire

Linda CORTEY
Linda CORTEY
L’abaissement du niveau de menace décidé par le gouvernement Michel s’accompagne de nombreux bémols.

Par Max Hellef

Les militaires étaient apparus dans les principales villes belges au lendemain de l’attentat contre Charlie Hebdo, en janvier 2015. Les attentats de Paris (13 novembre 2015) puis de Bruxelles (22 mars 2016) avaient pérennisé la décision du gouvernement Michel de les y maintenir. Depuis trois ans, les Belges s’étaient donc habitués à vivre avec du kaki en rue. Selon certains sondages toutefois, cette présence était de moins en moins bien acceptée.   

Lundi, le gouvernement a choisi de relâcher quelque peu la pression. Le niveau de la menace est abaissé de 3 à 2. L’Office de coordination pour l’analyse de la menace (OCAM) a recommandé cet assouplissement en fonction d’un certain nombre d’éléments restés secrets et le gouvernement Michel a choisi de le suivre. La menace est désormais jugée «peu vraisemblable».

Une culture de la sécurité s'est développée

«Mais ce niveau général 2 suppose que nous restions particulièrement vigilants, alertes», a commenté le Premier ministre Charles Michel. «Et qu’il y a une culture de la sécurité qui a été développée depuis les derniers mois, les dernières années. Et que nous allons continuer à développer de manière constante.»

 Voilà pourquoi la présence des militaires dans les rues restera visible et importante, notamment dans des quartiers sensibles que l’OCAM s’est refusé à désigner. La Grand-Place de Bruxelles, les grandes gares, le quartier juif d’Anvers, etc. peuvent toutefois être rangés dans cette catégorie, sans grand risque de se tromper.

Plusieurs facteurs peuvent expliquer la décision d’abaisser le niveau de la menace.

D’abord, la Belgique n’a plus été confrontée au terrorisme depuis l’été 2017, lorsqu’un homme avait attaqué au couteau des soldats dans le centre de Bruxelles. Cette attaque en avait suivi une autre, perpétrée celle-là deux mois plus tôt à la Gare centrale. L’assaillant avait également été abattu par les militaires. A chaque fois, les liens avec le terrorisme islamiste étaient apparus plus que flous.

Ensuite, peu de «returnees» seraient rentrés au pays. La grande majorité des Belges qui ont combattu dans les rangs de l’Etat islamique sont morts, ou sont restés prisonniers en Irak et en Syrie. D’autres ont été arrêtés par la police turque sur le chemin du retour.

Le gouvernement Michel a cependant choisi de ne pas prendre le risque d’un nouvel attentat. Les militaires ne retourneront donc pas tous à leurs casernes. Même si leur présence en rue est jugée peu dissuasive. Même si la police belge est mieux préparée que par le passé à affronter le terrorisme: le recours aux écoutes téléphoniques a été assoupli, le profiling est désormais enseigné aux agents, de nouvelles prérogatives leur ont été accordées, etc.

Un bilan loin d'être parfait

Il y a enfin un calcul politique derrière le maintien des militaires en rue. A neuf mois des élections communales du 14 octobre, le gouvernement Michel ne peut se permettre d’être taxé de laxisme. 

Son bilan est en effet loin d’être parfait en bien des domaines. Il n’a pu ainsi équilibrer les finances publiques. La réforme des pensions patauge. Sa gestion stricte de l’immigration rencontre désormais l’opposition d’une frange de la population.

 Mais, en revanche, sa réponse au terrorisme a fédéré une majorité de Belges autour de son action. La N-VA de Bart De Wever a su imprimer à l’actuelle coalition une coloration nettement sécuritaire qui a beaucoup plu aux Flamands comme aux francophones – même si ce soutien est en baisse. Toute relâche de la sécurité serait donc jugée coupable en cas de nouvel attentat. 




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