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May joue son va-tout face à Merkel et Macron
International 3 min. 09.04.2019

May joue son va-tout face à Merkel et Macron

Les deux femmes s'étaient rencontrées le 11 décembre dernier déjà.

May joue son va-tout face à Merkel et Macron

Les deux femmes s'étaient rencontrées le 11 décembre dernier déjà.
AFP
International 3 min. 09.04.2019

May joue son va-tout face à Merkel et Macron

La Première ministre britannique se rend ce mardi à Berlin puis Paris à la veille d'un sommet européen crucial où elle plaidera pour un report du Brexit auprès des dirigeants européens afin d'éviter une sortie brutale de l'Union européenne le 12 avril.

SW avec AFP - C'est la tournée de la dernière chance. Alors que la date de sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne est fixée à ce vendredi 12 avril, Theresa May tente le tout pour le tout cette semaine pour convaincre les dirigeants européens de lui laisser encore un peu plus de temps.

Ironie de la situation, le gouvernement britannique a été contraint d'annoncer lundi soir qu'il organiserait des élections européennes le 23 mai, près de trois ans après le référendum de 2016 qui a décidé de la sortie du Royaume-Uni de l'UE. Initialement prévu le 29 mars, le divorce a déjà été repoussé au vendredi 12 avril. Mais faute d'avoir pu faire adopter l'accord de divorce qu'elle a négocié avec Bruxelles par les députés britanniques, Theresa May veut réclamer un second ajournement du Brexit, jusqu'au 30 juin.

Sa demande, examinée mercredi lors d'un sommet extraordinaire, devra recevoir l'aval unanime des 27 autres pays de l'UE. C'est pourquoi la dirigeante conservatrice part en quête de soutiens, en rencontrant la chancelière Angela Merkel à Berlin puis le président Emmanuel Macron à Paris.

Si pour Steffen Seibert, porte-parole de Mme Merkel, «il y a de bonnes raisons de se parler alors que le Royaume-Uni et l'UE à 27 se trouvent dans une situation difficile, brûlante», la présidence française a jugé «un peu prématurée» la demande de report, expliquant attendre un «plan crédible» de Londres la justifiant.

«Flextension»

Les dirigeant européens avaient déjà refusé en mars d'accorder aux Britanniques un sursis jusqu'au 30 juin, en raison de la tenue des élections européennes du 23 au 26 mai. Si le Royaume-Uni se prépare désormais au scrutin européen, il espère toujours quitter l'UE avec un accord avant le 22 mai «pour ne pas avoir besoin de participer» à ces élections, qui seraient alors annulées, a assuré un porte-parole du gouvernement.

De son côté, le président du Conseil européen Donald Tusk s'apprêterait, selon un haut responsable européen, à suggérer un report «flexible» d'un an maximum. Objectif: donner le temps au Royaume-Uni de surmonter la crise politique qui le paralyse. Ce sursis pourrait être raccourci en cas de feu vert des députés britanniques au Traité de retrait de l'UE. Mais ce report «flexible» n'a pas été pour le moment assorti de conditions alors que les 27, craignant des dommages collatéraux, avaient répété qu'ils demanderaient des engagements fermes à Theresa May pour accepter un long report.


(FILES) This file photo taken on June 22, 2016 shows A Union flag flies in the wind in front of the Big Ben clock face and the Elizabeth Tower at the Houses of Parliament in central London.
Britain's referendum vote to leave the European Union has pitted parents against children, cities against rural areas, north against south and university graduates against those with fewer qualifications. "What the government is now faced with is not only the economic consequences of a break with the EU, but a fracturing of the United Kingdom," said Rodney Barker, emeritus professor of government at the London School of Economics. / AFP PHOTO / JUSTIN TALLIS
Royaume-Uni : Brexit: les Britanniques votent la sortie de l'UE
Le référendum organisé le jeudi 22 juin a signé la sortie de la Grande-Bretagne de l'Union européenne.

Toutefois, la menace d'un divorce brutal semble prévaloir sur ces craintes. «Personne ne s'oppose vraiment à la "flextension" de M. Tusk», assure un diplomate qui a assisté à une réunion entre représentants des 27 vendredi à Bruxelles. «Nous sommes ouverts à prolonger le délai», a déclaré lundi le Premier ministre irlandais Leo Varadkar, dont le pays sera l'un de ceux qui auront le plus à souffrir en cas de «no deal».

Dimanche, il avait jugé que les pays qui utiliseraient leur veto «ne seraient pas pardonnés», étant donné les graves conséquences d'une sortie britannique sans accord. Bien qu'il ait rejeté trois fois l'accord de sortie de Mme May, le Parlement britannique a aussi voté contre un «no deal».

Pour éviter ce scénario, la Chambre des Lords, haute chambre du Parlement, a entériné lundi soir une proposition de loi des députés visant à obliger légalement la cheffe du gouvernement à repousser le Brexit si les parlementaires n'arrivaient pas à surmonter leurs divergences et à se mettre d'accord sur ses modalités.

Face à un Parlement divisé, Mme May avait promis sa démission si son accord était approuvé, espérant rallier les députés de son parti qui souhaitent la voir partir. Sans résultat. Depuis quelques jours, elle cherche à trouver une solution avec l'opposition travailliste. Mais les discussions semblent mal engagées. «Le problème est que le gouvernement n'a pas fait bouger ces lignes rouges initiales», a déclaré lundi Jeremy Corbyn, chef du Labour.

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