Changer d'édition

Mauvaise cote pour l'e-learning
International 3 min. 11.06.2020 Cet article est archivé

Mauvaise cote pour l'e-learning

Laborieux au début, l’e-learning s’est considérablement amélioré au cours des trois derniers mois.

Mauvaise cote pour l'e-learning

Laborieux au début, l’e-learning s’est considérablement amélioré au cours des trois derniers mois.
Photo: Shutterstock
International 3 min. 11.06.2020 Cet article est archivé

Mauvaise cote pour l'e-learning

Didier HIEGEL
Didier HIEGEL
En Belgique francophone, professeurs et étudiants mettent en cause le recours à l'enseignement à distance par les universités.

De notre correspondant Max HELLEFF (Bruxelles) - Les universités ont été parmi les premières à fermer leurs portes afin de contrer la propagation de l’épidémie de covid-19. Cette décision eut une conséquence: le développement de l'e-learning, l'enseignement numérique à distance.

Laborieux au début, l’e-learning s’est considérablement amélioré au cours des trois derniers mois. Au point qu’il permet aujourd'hui à l’Université libre de Bruxelles d’estimer qu’il n’y aurait rien de dommageable à organiser la prochaine rentrée académique sous confinement partiel. Pour un étudiant présent dans les auditoires de l’ULB, deux suivraient les cours chez eux grâce à l’enseignement à distance. Une rotation permettrait à chacun de passer un tiers de son temps dans les murs de l’alma mater.

Les avantages de la formule sont nombreux. Grâce à l’e-learning, l’université peut garantir  plus facilement les règles d’hygiène et de distanciation sociale. Elle pourrait aussi réduire certains coûts liés à la présence des étudiants, sans que ses rentrées ne soient trop affectées, le minerval et le financement public restant dus pour chaque inscription. Quant aux étudiants, ils pourraient potentiellement s’épargner le prix d’un kot et réduire les allers-retours vers la faculté.


100.000 diplômés belges dans l'expectative
C'est une conséquence de la crise du coronavirus: à défaut de stages et de jobs, toute une jeunesse pourrait se retrouver en panne d'ascenseur social

Tout le monde n’est toutefois pas d’accord avec cette approche idéalisée de l’e-learning.  Dans une carte blanche intitulée  «Pour un déconfinement de nos universités», des membres de la communauté universitaire francophone demandent la réouverture des facultés lors de la session d’août et la rentrée 2020-2021. «Actuellement, plaident-ils, plus de 100.000 étudiants passent leurs examens universitaires exclusivement en ligne. Malgré nos efforts titanesques, cette session organisée à distance connaît d’inévitables ratés.»

Les examens en ligne ont en effet été largement critiqués, principalement à l’UCLouvain qui a recours à un logiciel antitriche de toute évidence faillible dans un certain nombre de cas. Quant au prolongement du recours à l’enseignement à distance, il est perçu par les signataires de la carte blanche comme une manœuvre des autorités académiques pour réduire les coûts en se retranchant derrière la lutte contre la pandémie. 

«Les autorités se défendent d’utiliser le covid-19 comme prétexte pour imposer un passage en force de nos universités dans l’e-learning qui leur permettrait de réaliser d’importantes économies d’échelle en personnel et auditoires. Il existe une seule manière de nous en convaincre: nous laisser rentrer dans nos universités!» 


Les universités belges nagent dans le brouillard
L’année académique se terminera le 30 juin, mais d’ici là beaucoup de questions restent ouvertes.

Les plaignants se disent encore condamnés «à faire plus avec moins» pour enseigner à une population étudiante toujours plus nombreuse: «Nos conditions de travail se sont considérablement dégradées: complexité administrative, incohérences pédagogiques, bureaucratisation… Les étudiants sont les premières victimes de cette dégradation». Enfin, ils demandent «un retour à la normale pour la session d’été et la rentrée 2020-2021. La règle doit redevenir l’enseignement en présentiel».

Ce texte a en partie fait mouche. Les examens de seconde session dans l’enseignement supérieur d’août et septembre devront tous être organisés sur un mode présentiel, et non à distance, vient de décider la ministre Valérie Glatigny. En revanche, le flou demeure sur la prochaine rentrée académique. La libérale francophone plaide toutefois pour que le présentiel soit d’application au moins en première année afin d’intégrer plus facilement l’étudiant à la vie universitaire.

Suivez-nous sur Facebook, Twitter et abonnez-vous à notre newsletter de 17h.


Sur le même sujet

Les communes wallonnes dans le rouge
Les municipalités ont dû prendre en charge une partie de la gestion de la crise sanitaire et son financement. Elles en paient aujourd’hui le prix fort.
L’Atomium perd la boule
L’un des monuments les plus célèbres de la capitale belge est menacé par le covid-19. Cette situation résume la crise du tourisme bruxellois.
Workers scale on one of the spheres of Brussels' Atomium during a site cleaning September 28, 2012. The 102-metre (335 feet) tall structure and its nine spheres symbolise a crystal molecule of metal with its atoms being magnified about 165 billion times. The cleaning of the Atomium, which was designed for the 1958 International Exhibition of Brussels and which received a multimillion-dollar facelift in 2006, will run for a full month. A team of five specialised workers take about three days to clean a ball, each of which has a surface area of 1000 square metres (10,764 square feet). REUTERS/Yves Herman (BELGIUM - Tags: SOCIETY)
Rentrée partielle dans les écoles belges
A 8 heures, le 18 mai, une minorité d’élèves belges retourneront en classe moyennant une batterie de mesures visant à les protéger du covid-19. Les syndicats sont aux aguets.
An employee at the College Sainte-Croix secondary school in Hannut, tapes the urinals on May 15, 2020, as the lockdown introduced two months ago to fight the spread of the COVID-19, caused by the novel coronavirus is progressively eased and schools will start to reopening later in the month. (Photo by JOHN THYS / AFP)
La côte belge ne sort pas du brouillard
La Belgique ouvre un peu plus les vannes du déconfinement. Mais aucune décision sur l’accès aux résidences secondaires ne sera prise avant le 8 juin, au plus tôt.
An aerial view of the seaside resort town of Ostende, Belgium is shown on Tuesday, Sept. 9, 2003. More than 10 tons or 3,000 gallons of oil leaked from the car carrier Tricolor which sank in the North Sea in December of 2002.  Most of the slick has disappeared, maritime officials said Tuesday, reducing the threat of pollution to the Dutch and Belgian coastline for now. (AP Photo/Virginia Mayo)