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Mauvais points pour l'environnement belge
International 2 min. 16.03.2018 Cet article est archivé

Mauvais points pour l'environnement belge

Mauvais points pour l'environnement belge

Getty Images/iStockphoto
International 2 min. 16.03.2018 Cet article est archivé

Mauvais points pour l'environnement belge

La gestion de l’environnement n’a rien d’un fleuve tranquille en Belgique. Cette fois, c’est la Commission européenne qui critique vertement le royaume. Elle pointe d’énormes problèmes en matière d’environnement, notamment en ce qui concerne la gestion de la mobilité et le respect des objectifs climatiques à l’horizon 2020.

Par Max Helleff, à Bruxelles

La mobilité? Difficile pour un petit pays peuplé de onze millions d’habitants et fort d’un parc de quelque 5,5 millions de véhicules immatriculés d’assurer la fluidité des déplacements d’un point à un autre. Les autoroutes qui relient les grandes villes belges sont en permanence congestionnées. Ce qui est vrai pour Bruxelles l’est davantage pour Anvers en raison de l’affluence des poids lourds venus de toute l'Europe qui convergent vers le port.

Mais la place centrale qu’occupe au plan géographique la Belgique ne suffit pas à la dédouaner de ses responsabilités et de ses errements. Depuis une quinzaine d’années, le chantier du RER qui doit contribuer à délester le trafic routier est en rade dans la partie sud de Bruxelles. La voiture de société, qui permet aux entreprises d’obtenir un avantage fiscal conséquent, reste un must pour la plupart des sociétés et de leurs employés. Des initiatives sont prises et là pour imposer des zones basse émission, mais les moyens manquent souvent pour sanctionner les contrevenants.

Des «progrès limités»

Résultat: la Commission européenne estime que la Belgique n'a réalisé que des «progrès limités» en matière de mobilité. Sont pointés l’incapacité à résorber les files qui s’allongent d’année en année sur les routes du royaume, le manque d’investissements dans les infrastructures de transport, les avantages «pervers» concédés aux voitures de société…

L’exécutif européen se demande au passage si le projet du gouvernement Michel d’instaurer un système «cash for cars» – qui verra le travailleur troquer sa voiture de société contre une somme d’argent – changera fondamentalement quelque chose à la problématique des files et de la pollution. «La Belgique reste le pays le plus congestionné d'Europe, lorsqu'on observe le nombre d'heures que les gens passent dans la circulation et dans les files. Cela ne s'améliorera certainement pas à court terme, en partie en raison des retards constatés dans d'importants projets d'infrastructure publique», estime la Commission dans son dernier rapport.

La Belgique est également critiquée par l'exécutif européen pour sa gestion de la lutte contre le réchauffement climatique. Ses efforts restent insuffisants en matière d'énergie et de climat pour combattre vraiment la pollution de l'air et les gaz à effet de serre. Certains jours, des pics de pollution impressionnants sont de fait relevés dans les grandes et moyennes villes du pays.

La lutte contre les gaz à effet de serre est précisément le lieu d’une polémique qui traverse en ce moment le milieu des énergéticiens et le monde politique belges. Fermer en 2025 les infrastructures nucléaires comme le prévoit l’actuel accord gouvernemental pour confier la production d’électricité à des centrales au gaz engendrera beaucoup plus d’émissions polluantes et rendra inutiles les efforts belges en matière de lutte contre le réchauffement climatique, plaide le lobby nucléaire. Faux, rétorquent cependant ses adversaires, qui évoquent d’autres paramètres, dont le développement attendu des énergies durables qui permettra à terme de recourir moins intensément aux centrales au gaz.