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Les anti-Trump crient leur colère dans plusieurs pays
International 14 5 min. 21.01.2017 Cet article est archivé
«Marche des femmes»

Les anti-Trump crient leur colère dans plusieurs pays

International 14 5 min. 21.01.2017 Cet article est archivé
«Marche des femmes»

Les anti-Trump crient leur colère dans plusieurs pays

Maurice FICK
Maurice FICK
Bonnets roses sur la tête, des dizaines de milliers de personnes, surtout des femmes, convergeaient samedi vers le centre de Washington pour manifester contre le nouveau président américain Donald Trump, investi la veille pour un mandat de quatre ans. Comme à Paris et des centaines d'autres villes sur la planète.

(AFP) - Bonnets roses sur la tête, des dizaines de milliers de personnes, surtout des femmes, convergeaient samedi vers le centre de Washington pour manifester contre le nouveau président américain Donald Trump, investi la veille pour un mandat de quatre ans. Comme à Paris et des centaines d'autres villes sur la planète.

Cette «Marche des femmes» espère réunir dans la capitale fédérale 500.000 personnes, selon une nouvelle estimation revue à la hausse par les organisateurs, cités sur Twitter par le maire adjoint de la ville, Kevin Donahue.

La manifestation organisée le lendemain de l'investiture du 45e président témoigne à elle seule de la fracture de la société américaine.

Les organisatrices ont prévu environ 300 «marches soeurs» dans d'autres villes des Etats-Unis dont New York, Boston, Los Angeles et Seattle, ainsi qu'au-delà des frontières américaines, en Europe et en Asie. Des marches ont déjà eu lieu à Sydney, Melbourne, Auckland et Wellington.

Au moins 2.000 personnes, dont beaucoup de femmes et de ressortissants américains, se sont rassemblées samedi sur le parvis du Trocadéro à Paris pour protester contre «tout ce que Trump représente» et défendre les droits des femmes.

Les manifestants, qui répondaient à l'appel d'organisations féministes (Osez le féminisme, Planning familial ...) mais aussi du NPA, de SOS racisme, du mouvement LGBT, se sont ensuite rendus au mur pour la Paix installé au Champ de Mars, près de la tour Eiffel.

«Les droits de l'homme sont aussi ceux des femmes», «respect», «liberté, égalité, sororité», «capitalisme, sexisme, assassins», proclamaient, au milieu de bonnets roses et de drapeaux américains, des pancartes en anglais et en français.

«He is not my president»

A Berlin, environ 700 personnes se sont retrouvées devant la porte de Brandebourg, en face de l'ambassade des Etats-Unis, pour chanter notamment «The people united will not be defeated» (le peuple uni ne sera pas vaincu).

A Rome, entre 400 et 500 femmes se sont rassemblées devant le Panthéon et quelque 700 à Barcelone, où certaines portaient des pancartes avec des slogans en anglais comme «He is not my president» (Il n'est pas mon président).

«Trump est une honte pour l'Amérique», «Non à la violence contre les femmes», proclamaient à Lisbonne des pancartes agitées par plusieurs centaines d'Américains et Portugais devant l'ambassade des Etats-Unis.

A Prague, le jeune chanteur Adam Misik, idole des teenagers tchèques, a entonné la chanson «Let It Be» des Beatles, reprise en choeur par les quelque 300 manifestants qui brandissaient des caricatures de Trump et du président russe Vladimir Poutine.

En Afrique du Sud, une centaine de personnes s'est mobilisée à Durban, scandant notamment «dans notre Amérique, nous sommes tous égaux».

Vague de bonnets roses 

A Washington, beaucoup de manifestantes portaient des bonnets roses à oreilles de chat («pussy hats»), devenus le symbole de l'opposition à Donald Trump et qui a fédéré des adeptes du tricot.

Le terme «pussy» désigne en anglais l'animal domestique, ou le sexe féminin. C'est ce mot que Donald Trump avait utilisé dans une vidéo qui avait fait scandale en octobre, où il se vantait de pouvoir se payer les femmes qu'il voulait et de les «attraper par la chatte».

Dans un tweet matinal, le nouveau président américain a salué une «une journée fantastique à Washington D.C.» et remercié Fox News pour ses commentateurs flatteurs de son discours la veille.

Jamais depuis 40 ans un président des Etats-Unis n'a suscité une telle défiance à sa prise de fonctions.

Avant même d'avoir achevé ses premières 24 heures à la Maison-Blanche, le nouveau président républicain se retrouve interpellé par de multiples catégories d'Américains d'origines très diverses, mais fédérés par une même inquiétude.

«La famille de mon mari est immigrée, ils sont musulmans. Et aucun d'entre eux n'est un terroriste», soutient une manifestante dans le métro Barbara Hilton, 62 ans.

Dans son discours d'investiture vendredi au Capitole, Donald Trump a donné le ton de son mandat: résolument populiste, de tendance nationaliste et en rupture implacable avec son prédécesseur, Barack Obama.

Son premier décret, signé vendredi soir dans le Bureau ovale à la Maison-Blanche devant les caméras de télévision, s'inscrit dans cette volonté: il ordonne à son administration de libérer les acteurs du système de santé des obligations de la réforme dite «Obamacare», détestée des conservateurs pour son coût et sa lourdeur.

Comparaisons

Le nouvel homme le plus puissant du monde a assisté samedi à la cathédrale nationale de Washington à un office oecuménique, en présence de représentants de toutes les religions.

Il se rendra l'après-midi au siège de la CIA, en banlieue de Washington, «impatient de remercier les hommes et les femmes de la communauté du renseignement», selon son porte-parole Sean Spicer. Cette visite lourde de symboles après les critiques de Donald Trump contre les agences américaines de renseignement.

Les participants à la marche de samedi manifesteront tout près de la vaste esplanade en face de laquelle le milliardaire a justement été intronisé 45e président des Etats-Unis vendredi.

On peut donc s'attendre à des comparaisons en termes de mobilisation, d'autant plus que Donald Trump n'a réussi à rassembler qu'environ un tiers de la foule qui avait acclamé Barack Obama en 2009, selon un expert cité par le New York Times.

Cette «Marche des femmes» trouve sa genèse dans un simple appel posté sur Facebook. Il émane d'une grand-mère, Teresa Shook, avocate à la retraite vivant à Hawaï, dont l'initiative a ensuite pris de l'ampleur sur les réseaux sociaux (#WhyImarch, #womensmarch, #NotMyPresident...).

Le cinéaste Michael Moore, l'actrice Scarlett Johansson ou la militante des droits civiques Angela Davis sont quelques-unes des célébrités qui s'exprimeront. Les chanteuses Katy Perry et Cher soutiennent cette initiative.


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