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Maggie De Block, une proie pas si facile
International 3 min. 01.07.2020

Maggie De Block, une proie pas si facile

«Oui, j'ai fait des bêtises! Parce que j'ai travaillé. Quand on ne fait rien, on ne sait pas faire de bêtises», plaide Maggie De Block

Maggie De Block, une proie pas si facile

«Oui, j'ai fait des bêtises! Parce que j'ai travaillé. Quand on ne fait rien, on ne sait pas faire de bêtises», plaide Maggie De Block
Photo: AFP
International 3 min. 01.07.2020

Maggie De Block, une proie pas si facile

Max HELLEFF
Max HELLEFF
A tort ou à raison, la ministre belge est pointée du doigt pour sa responsabilité dans la crise sanitaire. Son parcours est en tout cas emblématique du sort réservé à la politique de Santé

De notre correspondant Max HELLEFF (Bruxelles) - Maggie De Block ne désarme pas. Lundi encore, elle promettait aux Belges de leur serrer la vis si les règles de déconfinement n'étaient pas suivies à la lettre. «Agir veut dire un durcissement des règles, et pas seulement avec l'obligation du port du masque. On devra aller plus loin. Tous les jeunes qui font la fête et refusent de respecter les règles, comme à Bruxelles, sont prévenus…», a menacé la ministre fédérale de la Santé.

Ce coup de gueule en a fait grincer plus d'un. Car tout au long du confinement et des phases successives de déconfinement, le masque n'a jamais été rendu obligatoire, sauf en certaines circonstances (transports en commun…).  En avril dernier ainsi, Maggie De Block répétait dans toutes les langues que «scientifiquement», imposer le port du masque «n'a pas de sens». Plus d'un épidémiologiste estime aujourd'hui que la ministre de la Santé avait tort. De là à prouver que le masque est resté le plus souvent facultatif parce que les stocks stratégiques n'ont pas été renouvelés par le gouvernement, il y a un pas qu'il reste à franchir.


Belgian Minister of Health, Social Affairs, Asylum Policy and Migration Maggie De Block attends a press conference after a Minister's council of the Federal Government, on March 20, 2020 in Brussels, on the support plans for economic and social consequences of the COVID-19 pandemic caused by the novel cronavirus. (Photo by Daina LE LARDIC / BELGA / AFP) / Belgium OUT
Maggie De Block, une ministre belge dans la ligne de mire
La libérale flamande devra rendre des comptes sur la pénurie de masques. Seule l’urgence de la situation lui sauve la mise pour l'instant.

De mars à mai, le coronavirus a fait en Belgique quelque 8.100 victimes de plus que la moyenne 2015-2019, soit une augmentation de la mortalité de 28,8%. Une majorité des décès a été relevée dans les maisons de repos, mises sous quarantaine par les autorités qui, prises de court, ont décidé de séparer les aînés de leur famille pour tenter d'enrayer la propagation du virus. Ces chiffres viendront fatalement sur le tapis lorsque les travaux de la commission spéciale chargée d'examiner la gestion de l'épidémie commenceront à la rentrée. A l'annonce de sa création par la Chambre, Maggie De Block a reconnu qu'elle avait fait des «bêtises»: «Oui, j'en ai fait! Parce que j'ai travaillé. Quand on ne fait rien, on ne sait pas faire de bêtises», a-t-elle plaidé.

En première analyse, Maggie De Block pourrait faire une coupable idéale. La libérale flamande a été nommée ministre de la Santé en octobre 2014 dans le premier gouvernement Michel. Les années qui ont suivi auraient dû être mises à profit pour donner au pays les protections et les moyens de dépistage susceptibles de l'aider à affronter une épidémie majeure, ce qui n'a pas été fait. La priorité a été donnée au dégraissement des soins de santé. En 2016, De Block annonçait de nouvelles coupes budgétaires, à hauteur de 902 millions d'euros…


Belgian Minister of Health, Social Affairs, Asylum Policy and Migration Maggie De Block attends a press conference after a Minister's council of the Federal Government, on March 20, 2020 in Brussels, on the support plans for economic and social consequences of the COVID-19 pandemic caused by the novel cronavirus. (Photo by Daina LE LARDIC / BELGA / AFP) / Belgium OUT
Sale temps pour Super Maggie
La ministre belge de la Santé Maggie De Block est sous le feu des critiques. Mais bien malin qui abattra cette «héroïne» flamande.

On aurait tort toutefois de tirer trop vite sur l'ambulance. Avant Maggie De Block, les socialistes francophones avaient eux aussi mis la Santé à la diète. Car il fallait un régime pour ce «mammouth» né de l'Etat providence, que la Wallonie ne pouvait plus se payer et que la Flandre rechignait à financer.

Tous ces paramètres entreront en ligne de compte lorsqu'il faudra juger l'action de «super Maggie». En attendant, la libérale flamande souffle le chaud et le froid. Sa place est à prendre, dit-elle d'un côté. «Un médecin ne fuit pas quand le malade va mal», rétorque-t-elle lorsqu'on lui demande si elle va démissionner. Dans les sondages, la cote de Maggie De Block, qui fut l'une des femmes politiques les plus populaires du pays, est en chute libre. Mais son parti, l’Open-VLD (libéral flamand), est pratiquement incontournable dans la formation du prochain gouvernement fédéral. Ceux qui espèrent avoir la peau de Maggie De Block y réfléchiront à deux fois avant de hurler avec les loups.

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