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Maggie De Block, une ministre belge dans la ligne de mire
International 3 min. 25.03.2020 Cet article est archivé

Maggie De Block, une ministre belge dans la ligne de mire

L'union sacrée au sein du gouvernement est toujours de mise. Mais à l'issue de la crise, il y aura des comptes à rendre.

Maggie De Block, une ministre belge dans la ligne de mire

L'union sacrée au sein du gouvernement est toujours de mise. Mais à l'issue de la crise, il y aura des comptes à rendre.
Photo: AFP
International 3 min. 25.03.2020 Cet article est archivé

Maggie De Block, une ministre belge dans la ligne de mire

La libérale flamande devra rendre des comptes sur la pénurie de masques. Seule l’urgence de la situation lui sauve la mise pour l'instant.

De notre correspondant, Max Hellef (Bruxelles) - En début de semaine, plusieurs cargaisons de masques sont arrivées en Belgique,  précédant in extremis le pic des hospitalisations attendu en principe ce week-end. Ils ont été distribués ensuite aux hôpitaux, aux infirmières à domicile et aux communes sous l'égide du ministère de la Santé publique avec l'aide de la Défense.

Mais l'affaire laissera assurément des traces. Comment se fait-il, en effet, qu’un des pays les mieux lotis au monde en matière de système de santé ait manqué à ce point de cette protection élémentaire qu'est le masque? 

Ces derniers jours, les témoignages venus d'un personnel soignant au bord de la crise de nerfs se sont multipliés. Telles ces infirmières qui, travaillant en bloc opératoire, ne pouvaient pas changer de masque tant que celui-ci n'était pas maculé de sang.


Tourists wear protective face masks as they walk in the centre of Brussels near a closed shop, on March 14, 2020, amid the outbreak of COVID-19, caused by the novel coronavirus. - Belgium close schools, cancel all cultural events and shutter bars and restaurants to stave off the spread of the coronavirus outbreak.  Beginning on March 14, only stores that provide essential services -- such as pharmacies and grocery stores-- will remain open under normal conditions. (Photo by Kenzo TRIBOUILLARD / AFP)
Les Belges incités à fournir des masques aux hôpitaux
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Au cœur de ce scandale annoncé, on trouve la libérale flamande Maggie De Block. Longtemps présentée par les sondages comme l'une des personnalités préférées des Belges, la ministre de la Santé sent aujourd'hui passer le vent du boulet. Seules l’urgence de la situation et la «paix des braves  qu'ont conclue six partis d'opposition avec le gouvernement minoritaire de Sophie Wilmès semblent la préserver pour l'instant des règlements de comptes.

Incompétence?

Le moment viendra toutefois. «C'est une certitude, écrit Le Soir. Après, lorsque le corona sera vaincu et que l'économie aura repris une allure normale,  «l'affaire des masques» et «l'affaire des tests» (en nombre insuffisant eux aussi) donneront lieu à des commissions parlementaires pour déterminer les responsabilités dans ce fiasco européen, et notamment belge».

Ces responsabilités, Maggie De Block a tenté de les rejeter sur la Défense qui aurait stocké des millions de masques sans grande précaution. Oubliés dans un entrepôt, ils se seraient altérés avant d'être jetés. Réponse de l'armée: la mission de la Défense «s’est limitée à l’entreposage des masques de protection FFP-2 sur l'un de ses sites mais la gestion et le suivi des stocks relevaient du SPF Santé publique.»

Y a-t-il eu dysfonctionnement? Maggie De Block doit s'attendre en tout cas à une charge massive des partis francophones. Ainsi, la députée humaniste Catherine Fonck a-t-elle ouvert le feu: «Nous avons affaire à une ministre qui a toujours été très peu à l'écoute du terrain, du personnel soignant, des patients».


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En outre, l'incompétence présumée de la ministre De Block serait à l'origine du retour à l'avant-plan du libéral flamand Philippe De Backer, désormais à la tête d'une task force chargée de démêler un imbroglio où il est question du manque de matériel médical de base, mais aussi de sa distribution bancale entre les différentes régions du pays. Mardi, en rappelant que « le virus n'a ni langue ni  frontière», le Centre de crise a de toute évidence voulu calmer les esprits autour d'une information qui circulait depuis le week-end: on dépiste beaucoup plus en Flandre et on y meurt beaucoup moins du covid-19 qu’ailleurs en Belgique… Comprenez: la Flandre est privilégiée, même face à la mort.

Des tensions seraient apparues entre la Première ministre Sophie Wilmès et Maggie De Block. Cette dernière peut toutefois se retrancher derrière le couac monumental que représente également pour d'autres pays européens l'absence de stocks de masques. Il reste que c'est bien sous son autorité que le système de santé belge a été mis à la diète au cours des dernières années.

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