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Macron ne ferme pas la frontière franco-luxembourgeoise
International 4 min. 17.03.2020

Macron ne ferme pas la frontière franco-luxembourgeoise

French President Emmanuel Macron is seen on a television screen as he speaks during a televised address to the nation on the outbreak of COVID-19, caused by the novel coronavirus, on March 16, 2020, in Paris. - The French president addresses the nation, with many expecting him to unveil more strict home confinement rules in a bid to prevent the virus from spreading. France has closed down all schools, theatres, cinemas and a range of shops, with only those selling food and other essential items allowed to remain open. The balance sheet of the epidemic climbed to 127 dead and 5,423 confirmed cases in France. (Photo by Ludovic Marin / AFP)

Macron ne ferme pas la frontière franco-luxembourgeoise

French President Emmanuel Macron is seen on a television screen as he speaks during a televised address to the nation on the outbreak of COVID-19, caused by the novel coronavirus, on March 16, 2020, in Paris. - The French president addresses the nation, with many expecting him to unveil more strict home confinement rules in a bid to prevent the virus from spreading. France has closed down all schools, theatres, cinemas and a range of shops, with only those selling food and other essential items allowed to remain open. The balance sheet of the epidemic climbed to 127 dead and 5,423 confirmed cases in France. (Photo by Ludovic Marin / AFP)
Photo : AFP
International 4 min. 17.03.2020

Macron ne ferme pas la frontière franco-luxembourgeoise

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Pourtant, les frontaliers lorrains devront désormais être munis d'un certificat de nécessité s'ils veulent entrer au Grand-Duché pour travailler. Le document pourra leur être demandé en cas de contrôle.

La rumeur a couru tout au long de ce 16 mars. La France allait confiner la région Grand Est, bloquant toute circulation en dehors de ce périmètre. Il n'en est rien, au terme de l'intervention d'Emmanuel Macron. Lundi soir, le président français a bien entendu invité chaque Français à strictement limiter ses déplacements, mais nul mot sur une restriction du passage entre la Lorraine et le Grand-Duché, ou plus généralement de la France vers les pays voisins.

Cependant, à l'heure où le chef de l'Etat parlait, le gouvernement luxembourgeois annonçait, lui, la mise en place d'un nouveau document administratif indispensable aux frontaliers français désormais. Ainsi, quiconque serait contrôlé en provenance de l'Hexagone devrait être en mesure de présenter un «certificat prouvant la nécessité de traverser la frontière». Un simple papier, téléchargeable, mais dont nul ne connaît la portée. Pas plus que le ministère d'Etat, qui a émis ce document, ne précise ce qu'il adviendrait aux voyageurs en cas de non-présentation. Drôle de couac, en cette période où mieux vaut éviter toute incertitude. 

A six reprises, Emmanuel Macron a indiqué à ses concitoyens : «Nous sommes en guerre» . Façon on ne peut plus claire d'ouvrir les yeux à des Français qui, pour certains d'entre eux ne semblent pas avoir pris la mesure de la crise sanitaire traversée. Alors que la France comptabilise déjà 148 décès en lien avec le covid-19, que crèches, écoles, lycées, collèges, universités sont fermés, que bars, restaurants et commerces «non essentiels» ne peuvent plus ouvrir, que tout rassemblement de plus de 100 personnes était interdit, le président a décidé de serrer un peu plus la vis dans les mesures annoncées.  

A partir de mardi midi, et pour 15 jours au moins, toute réunion familiale, entre collègues, de groupes est désormais strictement défendue. Les déplacements doivent être considérablement réduits. Ils seront limités aux seuls motifs valables : se nourrir, se soigner, se rendre au travail (quand le télétravail ne peut être pratiqué) ou pour aller pratiquer une activité physique. «Toute infraction sera sanctionnée», a menacé le président. L'amende infligée pourrait aller de 38 à 135€, a précisé le ministère de l'Intérieur.

La mobilisation face au coronavirus va impliquer l'armée dans les heures à venir. Ainsi, les militaires ont reçu comme ordre d'établir un hôpital de campagne en Alsace. Les établissements de santé de cette région sont en effet engorgés et doivent être soulagés, en urgence, par l'ouverture de nouveaux lits. Les soldats encore seront mobilisés sur les secteurs de propagation pour prendre en charge des personnes infectées et les déménager vers des hôpitaux situés sur des territoires français moins exposés.

Dès mardi soir, les pharmacies des 25 départements français les plus impactés par l'épidémie, vont être ravitaillées massivement en masques de protection. Les autres départements bénéficieront eux aussi de cette manne, issue des réserves stratégiques de l'Etat. Mais Emmanuel Macron a aussi promis que des milliers de masques de ce stock allaient être réservés en priorité aux hôpitaux, médecins de ville et de campagne.

Si vous voulez nous aider, restez chez vous

«Jamais pareilles mesures exceptionnelles n'avaient été prises en temps de paix», a reconnu Emmanuel Macron. Mais il a justifié ce caractère inédit par l'attitude déraisonnable de nombreux Français qui en n'appliquant pas les règles précédentes ont permis au coronavirus de se propager plus encore ces derniers jours. «Pour beaucoup jusqu'alors l'épidémie n'était qu'une idée lointaine, elle doit devenir une réalité immédiate pressante.»


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