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Macron, chef de guerre
International 2 min. 05.03.2022 Cet article est archivé
Chronique sur l'élection présidentielle en France

Macron, chef de guerre

L'Ukraine a donné rendez-vous avec l'Histoire à Emmanuel Macron.
Chronique sur l'élection présidentielle en France

Macron, chef de guerre

L'Ukraine a donné rendez-vous avec l'Histoire à Emmanuel Macron.
Photo: AFP
International 2 min. 05.03.2022 Cet article est archivé
Chronique sur l'élection présidentielle en France

Macron, chef de guerre

Le regard hebdomadaire de notre chroniqueur Gaston Carré sur l’élection présidentielle en France.

Par Gaston Carré

On a fait le reproche à Emmanuel Macron de ne pas avoir déclaré sa candidature plus tôt. Tous ses rivaux avaient signé, mais Macron dans la course à l’Elysée s'est comporté jusqu'à jeudi comme s’il y était déjà. C’est que l’Ukraine lui a donné rendez-vous avec l’Histoire, et l’Histoire exige, c’est la moindre des choses, d’être reçue au sommet de l’Etat. Macron ces jours-ci est chef des Armées, fonction en haut lieu, et tout indique qu’en ce lieu le président sortant-entrant restera.

 Macron fait un parcours sans fautes sans s’y salir les pieds.

Les rivaux ricanent. Soulignent que Macron s’est fait berner par Poutine, comme un bleu, le néo-tsar de toutes les Russies ayant feint devant le président d’accepter un sommet avec Biden à l’instant même où il poussait le bouton lâchant le diable sur Kiev. Des analystes de même ont ricané. Que répondre?


(FILES) In this file photo taken on May 7, 2017, French president-elect Emmanuel Macron delivers a speech at the Pyramid at the Louvre Museum in Paris after the second round of the French presidential election. - Macron said will seek second term in French election in April, on March 03, 2022. (Photo by Patrick KOVARIK / AFP)
Emmanuel Macron se présente pour un second mandat
Le président français a officialisé ce jeudi soir sa candidature pour la prochaine élection présidentielle dans une lettre aux Français.

Que les ricaneurs, Le Pen, Zemmour et Mélenchon, sont du mauvais côté de la ligne de front. Poutine a fricassé une farce de mauvais goût, dont eux seuls sont les dindons aujourd’hui, ayant prêté allégeance il y a peu à un homme qu’ils paraient de toutes les grâces. La guerre maintenant se fera sans eux. Parce qu’ils se sont trompés en rase campagne tandis que Macron fait un parcours sans fautes sans s’y salir les pieds. C’est lui qui, face à l’OTAN, à l’UE et à l’ONU, énonce les remises en cause qui s’imposent, c’est lui qui, sur un terrain densément miné, a tissé le fil qui maintient Poutine à portée de voix.

Il possède, pour ce faire, ce que nos amis français appellent «la gueule de l’emploi». Car la guerre exige du style, et Macron est le seul qui puisse afficher cette posture de généralissime napoléonien qu’exige le statut de chef de guerre qu’il s’était octroyé, mutatis mutandis, dans la campagne contre le covid déjà. Certes, Macron a promis aux Français des lendemains qui chantent. Il lui faut leur expliquer maintenant qu’ils sont en guerre. Il dira que l’Histoire est de retour, et que la France tout entière est conviée au rendez-vous. Soyez sûrs qu’elle en sera secrètement flattée, et qu’elle saura gré à Macron de l’y mener tête haute. Intentions de vote, hier: 29%, pour ce président qui sera reconduit à l’Élysée sans en être sorti.

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