Changer d'édition

Londres refuse les règles imposées par l'UE
International 3 min. 18.02.2020 Cet article est archivé

Londres refuse les règles imposées par l'UE

Le Royaume-Uni n'acceptera pas que l'Union européenne contrevienne à sa liberté de fixer ses propres règles

Londres refuse les règles imposées par l'UE

Le Royaume-Uni n'acceptera pas que l'Union européenne contrevienne à sa liberté de fixer ses propres règles
Photo: AFP
International 3 min. 18.02.2020 Cet article est archivé

Londres refuse les règles imposées par l'UE

Le Royaume-Uni entend négocier avec Bruxelles un accord de libre-échange «d'égal à égal» et n'acceptera pas que l'Union européenne contrevienne à sa liberté de fixer ses propres règles, prévient le négociateur britannique sur le Brexit, David Frost.

(AFP) - «Il est essentiel pour nous de pouvoir établir des lois qui nous conviennent, de revendiquer le droit que possède tout autre pays non membre de l'UE dans le monde», a affirmé M. Frost lors d'une intervention lundi soir à l'Université libre de Bruxelles (ULB). «Il ne s'agit pas d'une simple position de négociation qui pourrait changer sous la pression. C'est l'objectif même de l'ensemble du projet», a insisté le négociateur britannique.

Le Royaume-Uni est entré depuis son départ de l'UE, le 1er février, dans une période de transition où il continue d'appliquer les règles européennes jusqu'à la fin de l'année. C'est pendant ces quelques mois que Londres et Bruxelles ont prévu de négocier leur future relation. Le discours très attendu de M. Frost a eu lieu au moment où les Etats membres de l'UE élaborent un mandat pour leur propre négociateur, Michel Barnier, fixant leurs objectifs et leurs lignes rouges dans la négociation.


Le ton s'est durci entre le négociateur européen, Michel Barnier, et le Premier ministre britannique, ce lundi
Londres et Bruxelles s'opposent sur l'après-Brexit
Trois jours ont passé depuis la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, et la bataille de l'après a commencé ce lundi. Boris Johnson rejette l'alignement réclamé par Bruxelles sur les règles de l'UE comme «prix» à payer pour un accord de libre-échange.

Les Européens souhaitent que le Royaume-Uni s'engage dans la future relation à respecter les mêmes règles que l'UE, voire à s'y adapter «au fil du temps», dans plusieurs domaines (environnement, concurrence, fiscalité, droit du travail...) afin d'éviter les distorsions de concurrence, en échange d'un accès privilégié au marché européen. Ces garanties leur semblent indispensables étant donné la proximité géographique et économique du Royaume-Uni.

L'UE aimerait également que la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) garde le dernier mot pour interpréter le droit de l'Union, en cas de différend entre Londres et Bruxelles. «Penser que nous pourrions accepter une supervision de l'UE sur des questions dites d'égalité des conditions de concurrence (»level playing field«, ndlr), c'est ne pas comprendre l'intérêt de ce que nous faisons», a commenté M. Frost.

Modèle canadien 

«Comment réagiriez-vous si le Royaume-Uni exigeait que, pour se protéger, l'UE s'harmonise de manière dynamique avec nos lois nationales décidées à Westminster et les décisions de nos propres régulateurs et tribunaux ?», a-t-il interrogé. David Frost estime «parfaitement possible d'avoir des normes élevées, et même des normes similaires ou meilleures que celles qui prévalent dans l'UE». Il considère que «la seule façon de progresser est de s'appuyer sur cette approche d'une relation d'égal à égal».

Rappelant la position du Premier ministre Boris Johnson, il a souligné que Londres espérait conclure un accord de libre-échange du même type que ceux récemment négociés par l'UE avec le Canada ou le Japon, c'est-à-dire moins ambitieux que celui proposé par les Européens, mais où les contreparties sont moins élevées. «Pour faire court, tout ce que nous voulons c'est ce dont bénéficient les autres pays indépendants», a-t-il résumé. «Si nous ne pouvons pas conclure un accord de libre-échange de type canadien, nous sommes prêts à commercer dans des conditions similaires à celles de l'Australie. Nous comprenons les compromis que cela implique», a-t-il ajouté.


TOPSHOT - Staff members take down the United Kingdom's flag from outside the European Parliament building in Brussels on Brexit Day, January 31, 2020. - Britain leaves the European Union at 2300 GMT on January 31, 2020, 43 months after the country voted in a June 2016 referendum to leave the block. The withdrawal from the union ends more than four decades of economic, political and legal integration with its closest neighbours. (Photo by Aris Oikonomou / AFP)
L'UE douche Londres sur les services financiers
Le négociateur en chef de l'UE sur le Brexit, Michel Barnier, a mis en garde les autorités britanniques ce mardi contre toute «illusion» sur la place des services financiers dans la future relation entre le Royaume-Uni et le continent, que les deux parties vont négocier durant l'année.

N'ayant pas encore d'accord commercial avec l'Australie, l'UE échange avec elle en suivant les seules règles de l'Organisation mondiale du commerce, ce qui implique notamment des droits de douane parfois élevés, que Londres se dit donc prêt à accepter. M. Frost a annoncé la publication la semaine prochaine d'un document écrit détaillant la manière dont le Royaume-Uni imagine le futur accord. Il a rappelé que Londres ne demanderait pas de prolongation de la période de transition --et donc de négociation-- au-delà du 31 décembre.

«À ce moment-là, nous recouvrons pleinement notre indépendance politique et économique. Pourquoi voudrions-nous la reporter?» a-t-il demandé. Les Etats membres espèrent de leur côté finaliser mercredi le mandat de négociation de la Commission, en vue d'une adoption le 25 février lors d'une réunion ministérielle. Les négociations entre Londres et Bruxelles devraient commencer début mars.    


Sur le même sujet

L'UE douche Londres sur les services financiers
Le négociateur en chef de l'UE sur le Brexit, Michel Barnier, a mis en garde les autorités britanniques ce mardi contre toute «illusion» sur la place des services financiers dans la future relation entre le Royaume-Uni et le continent, que les deux parties vont négocier durant l'année.
TOPSHOT - Staff members take down the United Kingdom's flag from outside the European Parliament building in Brussels on Brexit Day, January 31, 2020. - Britain leaves the European Union at 2300 GMT on January 31, 2020, 43 months after the country voted in a June 2016 referendum to leave the block. The withdrawal from the union ends more than four decades of economic, political and legal integration with its closest neighbours. (Photo by Aris Oikonomou / AFP)
Londres et Bruxelles s'opposent sur l'après-Brexit
Trois jours ont passé depuis la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, et la bataille de l'après a commencé ce lundi. Boris Johnson rejette l'alignement réclamé par Bruxelles sur les règles de l'UE comme «prix» à payer pour un accord de libre-échange.
Le ton s'est durci entre le négociateur européen, Michel Barnier, et le Premier ministre britannique, ce lundi
Voilà le D-Day pour le Brexit
Les Brexiters sont à la fête, les europhiles ont le cœur gros. Après plus de trois ans de déchirements, le Royaume-Uni devient vendredi le premier pays à quitter l'Union européenne.
A picture taken on January 30, 2020 shows the reflection of a Union Jack flag on the ground during an event to celebrate the friendship between Belgium and Britain, at the Grand-Place, in Brussels, on January 30, 2020. - Britain's departure from the European Union was set in law on January 29, amid emotional scenes, as the bloc's parliament voted to ratify the divorce papers. After half a century of sometimes awkward membership and three years of tense withdrawal talks, the UK will leave the EU at midnight Brussels time (2300 GMT) on January 31, 2020. (Photo by Kenzo TRIBOUILLARD / AFP)
Le Brexit, un trou béant dans les finances de l'UE
Douze milliards d'euros par an à partir de 2021, c'est le manque financier que laissera le départ du Royaume-Uni au budget européen. Ce qui complique encore les négociations entre les 27 sur le prochain budget à long terme de l'Union européenne.
(FILES) In this file photo taken on January 05, 2020, the flags of the United Kingdom and the European Union are pictured. - Britain is set to leave the European Union at 2300 GMT on January 31, 2020, 43 months after Britons voted in the June 2016 referendum to leave the EU, ending more than four decades of economic, political and legal integration with its closest neighbours. (Photo by Kenzo TRIBOUILLARD / AFP)