Changer d'édition

Londres et Bruxelles aperçoivent le bout du tunnel
International 4 min. 10.12.2020 Cet article est archivé

Londres et Bruxelles aperçoivent le bout du tunnel

Boris Johnson et Ursula von der Leyen se fixent jusqu'à dimanche pour prendre «une décision ferme» sur «l'avenir des négociations».

Londres et Bruxelles aperçoivent le bout du tunnel

Boris Johnson et Ursula von der Leyen se fixent jusqu'à dimanche pour prendre «une décision ferme» sur «l'avenir des négociations».
Photo: AFP
International 4 min. 10.12.2020 Cet article est archivé

Londres et Bruxelles aperçoivent le bout du tunnel

Le sort des négociations post-Brexit sera tranché dimanche, ont annoncé mercredi le Premier ministre britannique Boris Johnson et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, à l'issue d'un dîner à Bruxelles où ils ont à nouveau pris acte de leurs profondes divergences.

(AFP) - «De très grands écarts subsistent entre les deux parties et il n'est pas encore clair si ceux-ci peuvent être comblés», a déclaré une source à Downing Street à l'issue de cette rencontre. Les deux dirigeants se fixent jusqu'à dimanche pour prendre «une décision ferme» sur «l'avenir des négociations». Actant elle aussi de positions «très éloignées», Ursula von der Leyen a évoqué «une discussion animée». 


Anti-Brexiteer activist Steve Bray looks at his mobile phone as he protests outside a conference centre in central London on December 4, 2020, as talks continue on a trade deal between the EU and the UK. - With just a month until Britain's post-Brexit future begins and trade talks with the European Union still deadlocked, the UK government on Tuesday urged firms to prepare as it scrambles to finish essential infrastructure. (Photo by Tolga Akmen / AFP)
Les trois sujets de blocage de l'accord post-Brexit
Les discussions entre Britanniques et Européens ont atteint un moment critique, à moins d'un mois de la fin de la période de transition. Retour sur les trois derniers points de friction, qui bloquent la conclusion d'un accord, faisant craindre un «no deal» en fin d'année.

Les négociations reprendront dès jeudi matin, selon une source européenne. L'Allemande devrait présenter un bilan de la rencontre de plus de trois heures lors d'un sommet prévu jeudi et vendredi à Bruxelles avec les dirigeants des Vingt-Sept, qui joueront un rôle décisif dans la décision. La France a agité la menace d'un veto si l'accord ne lui convenait pas. 

Les négociateurs ne comptent plus les échéances, jamais respectées, qui leur ont été fixées depuis le début des discussions en mars. Mais en dépit d'échanges toujours plus intensifs, ils n'ont jamais réussi à concilier leurs positions de départ, entre des Britanniques qui veulent récupérer leur pleine indépendance et des Européens qui entendent protéger leur immense marché. 

«Allons-y» 

Seule certitude: le Royaume-Uni, qui a officiellement quitté l'UE le 31 janvier, abandonnera définitivement le marché unique et l'union douanière le 31 décembre. Sans accord commercial à cette date, les échanges entre Londres et l'UE se feront selon les seules règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), synonymes de droits de douane ou de quotas, au risque d'un nouveau choc pour des économies déjà fragilisées par le coronavirus. Johnson est arrivé à la Commission européenne aux alentours de 20h. 


(FILES) In this file photo taken on August 31, 2019 An anti-Brexit demonstrator whirls an EU and Union Flag during a demonstration against the British government's move to suspend parliament in the final weeks before Brexit outside Downing Street in London on August 31, 2019. - Despite the prestige of Oxford and Cambridge and other top universities, Britain will be less attractive after Brexit, EU students warn, with fees set to soar and legal tangles still not ironed out. (Photo by Niklas HALLE'N / AFP)
Négociations opiniâtres entre Londres et Bruxelles
Britanniques et Européens poursuivent lundi d'âpres négociations pour tenter de trouver un accord post-Brexit, des heures décisives après des mois d'impasse afin d'éviter un échec aux lourdes conséquences économiques.

Il s'est d'abord entretenu en tête-à-tête avec Ursula von der Leyen, avant de dîner en présence d'une dizaine de convives, dont les négociateurs britannique, David Frost, et européen, Michel Barnier. Alors que la pêche est l'un des sujets les plus controversés des tractations, coquilles Saint-Jacques et turbot vapeur étaient au menu. Avant leur dîner, les deux dirigeants ont brièvement enlevé leurs masques anti-covid, le temps d'une photo devant les drapeaux britannique et européen, avant de lancer «Allons-y !» en français, sourire aux lèvres. 

L'objectif du rendez-vous n'était «pas de ficeler de manière définitive la négociation», mais de voir si les blocages les plus importants pouvaient être levés, avait prévenu Bruxelles. Boris Johnson - qui a retrouvé une ville où il avait été le correspondant du Daily Telegraph dans les années 90 - avait estimé avant la rencontre encore possible d'arriver à un «bon accord», malgré les exigences de Bruxelles qu'«aucun Premier ministre ne devrait accepter». Quelle que soit l'issue des négociations, il promet que son pays «sera prêt» le 31 décembre. 

Souveraineté retrouvée 

Londres et Bruxelles buttent toujours sur trois sujets, les mêmes depuis mars: l'accès européen aux eaux britanniques, la manière de régler les différends dans le futur accord et les garanties exigées de Londres par l'UE en matière de concurrence en échange d'un accès sans droits de douanes ni quotas à son marché. La question des conditions de concurrence équitable est la plus épineuse, mais «pas la seule» à résoudre, a souligné une source européenne. 

L'Union européenne, qui redoute de voir surgir une économie dérégulée à sa porte, veut que Londres s'engage dans la durée à respecter une certaine convergence sur l'environnement, le droit du travail, la transparence fiscale ou les aides publiques. Les Britanniques s'y refusent, au nom de leur souveraineté retrouvée. «Nous devons avoir des conditions équitables, non seulement pour aujourd'hui, mais aussi pour demain et après-demain», a résumé la chancelière allemande Angela Merkel, dont le pays occupe la présidence tournante de l'UE. 

En réponse, la porte-parole de Boris Johnson, Allegra Stratton, a souligné que le Royaume-Uni avait «clairement indiqué» son intention de maintenir «des normes élevées». S'il est conclu, l'accord commercial - de plus de 700 pages - devra encore être ratifié par les Parlements britannique et européen avant d'entrer en vigueur, une gageure vu le peu de temps qui reste.

Suivez-nous sur Facebook, Twitter et abonnez-vous à notre newsletter de 17h.


Sur le même sujet

Les discussions entre Britanniques et Européens ont atteint un moment critique, à moins d'un mois de la fin de la période de transition. Retour sur les trois derniers points de friction, qui bloquent la conclusion d'un accord, faisant craindre un «no deal» en fin d'année.
Anti-Brexiteer activist Steve Bray looks at his mobile phone as he protests outside a conference centre in central London on December 4, 2020, as talks continue on a trade deal between the EU and the UK. - With just a month until Britain's post-Brexit future begins and trade talks with the European Union still deadlocked, the UK government on Tuesday urged firms to prepare as it scrambles to finish essential infrastructure. (Photo by Tolga Akmen / AFP)
Britanniques et Européens poursuivent lundi d'âpres négociations pour tenter de trouver un accord post-Brexit, des heures décisives après des mois d'impasse afin d'éviter un échec aux lourdes conséquences économiques.
(FILES) In this file photo taken on August 31, 2019 An anti-Brexit demonstrator whirls an EU and Union Flag during a demonstration against the British government's move to suspend parliament in the final weeks before Brexit outside Downing Street in London on August 31, 2019. - Despite the prestige of Oxford and Cambridge and other top universities, Britain will be less attractive after Brexit, EU students warn, with fees set to soar and legal tangles still not ironed out. (Photo by Niklas HALLE'N / AFP)
Si la question reste source de désaccord entre Bruxelles et Londres, la France se veut rassurante. Le Premier ministre français Jean Castex promet ainsi de son côté un plan pour la pêche qui ne sera pas «la sacrifiée» du Brexit.
La pêche apparaît aujourd'hui comme le sujet le plus compliqué des négociations
Les représentants des 27 Etats membres de l'UE ont approuvé lundi le mandat de leur négociateur français, fixant leurs conditions sur la future relation commerciale avec le Royaume-Uni.
Après le feu vert des ambassadeurs, le mandat de Michel Barnier (à g.) devra encore être formellement adopté ce mardi lors d'une réunion ministérielle