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Les Verts referment la piste gouvernementale
International 3 min. 05.08.2020

Les Verts referment la piste gouvernementale

Jean-Marc Nollet estime que la note commune rédigée par le PS et la N-VA n'est pas assez proche des objectifs des Verts.

Les Verts referment la piste gouvernementale

Jean-Marc Nollet estime que la note commune rédigée par le PS et la N-VA n'est pas assez proche des objectifs des Verts.
Photo: AFP
International 3 min. 05.08.2020

Les Verts referment la piste gouvernementale

Les propositions du tandem De Wever-Magnette pour former un gouvernement en Belgique ne sont pas au goût d'Ecolo et de Groen. Les deux partis les jugent trop éloignées de leur philosophie.

De notre correspondant Max HELLEFF (Bruxelles) - Les négociations gouvernementales belges étaient suspendues depuis plusieurs jours à leur décision: les Verts (Ecolo pour les francophones, Groen pour les Flamands) allaient-ils accepter de s'allier à la N-VA de Bart De Wever et au Parti socialiste de Paul Magnette? Mardi soir, la réponse est tombée: c'est non.

«Les options politiques présentées par les missionnaires royaux – Bart De Wever et Paul Magnette - constituent une base pour une formule sans les Verts, et non avec eux», peut-on lire dans le communiqué. La «note des missionnaires», soit le catalogue de mesures et d'intentions alimentant les tractations entre les partis qui envisagent aujourd'hui de gouverner ensemble, ne rencontre donc pas les objectifs que se sont donnés Ecolo et Groen.


Belgium's Flemish right-wing Vlaams Belang party chairman Tom Van Grieken (C) looks back as he arrives for a meeting with the King at the Royal Palace in Brussels, on May 29, 2019, three days after regional, federal and European elections. (Photo by BENOIT DOPPAGNE / Belga / AFP) / Belgium OUT
Un gouvernement belge se profile à la rentrée
Socialistes francophones et nationalistes flamands continuent à négocier, tout en ergotant sur leurs prochains partenaires de coalition.

Les Verts se disent pourtant «conscients de la gravité de la situation», convaincus que « la Belgique se situe à un carrefour décisif de son histoire».

«Néanmoins, poursuivent-ils, ces échanges ont également mis en lumière des lacunes importantes et des positions trop éloignées sur le plan des valeurs et des propositions» dans de nombreux domaines (climat, énergie, mobilité, fiscalité, renouveau politique et institutionnel).

Ainsi se referme la piste verte pour les cinq partis qui se sont dits prêts ces derniers jours à négocier la formation de la future coalition gouvernementale. Soit côté flamand, la N-VA, les chrétiens-démocrates et les socialistes; côté francophone, le PS et les humanistes (CDH, ex-sociaux-chrétiens). Problème: ce quintet ne réunit que 69 sièges sur 150 à la Chambre, d'où la recherche de partenaires qui ne seront pas les écologistes - au grand dam d'un Paul Magnette réticent à l'idée d'entrer dans un gouvernement penchant trop à droite.

Des élections anticipées?

En renonçant à monter au gouvernement, les Verts permettent le probable retour dans la course des libéraux, bien que Bart De Wever ait clairement laissé entendre qu’il ne voulait pas négocier avec le Mouvement réformateur de Georges-Louis Bouchez. La personnalité de Bouchez, mais aussi ses déclarations romantiques en faveur de la «Belgique de papa», seraient insolubles dans le projet confédéral des nationalistes flamands.

Depuis les élections toutefois, les discussions entre les partis ont été émaillées de déclarations matamoresques et de volte-face. Le socialiste Paul Magnette n'a-t-il pas déclaré à maintes reprises que jamais il ne gouvernerait avec la N-VA, avant de virer sa cuti?

Des alternatives à un gouvernement majoritaire seraient envisagées. Un exécutif minoritaire composé des cinq partis en lice pourrait succéder au gouvernement Wilmès à la rentrée. Il chercherait des soutiens au coup par coup dans les rangs de l'opposition. Il aurait une durée de vie limitée, soit deux ans. Des législatives seraient organisées en 2023, avec un an d'avance sur le calendrier électoral.


A white flag in flies in the wind atop the Royal Palace in Brussels on March 23, 2020, during a national lockdown in Belgium to curb the spread of COVID-19 (novel coronavirus). (Photo by THIERRY ROGE / BELGA / AFP) / Belgium OUT
La Belgique reste orpheline d'un «vrai» gouvernement
Le gouvernement fédéral «de plein droit» qui aurait dû sortir des urnes le 26 mai 2019 se fait toujours attendre.

Une telle formule aurait le bénéfice de donner à la Belgique un gouvernement de plein droit, habilité à fonder les politiques nécessaires à la relance post-covid. Pour les grands partis, elle aurait l'avantage de tenir leurs adversaires les plus dangereux loin des urnes. Soit le Vlaams Belang (extrême droite) pour la N-VA de Bart De Wever et le PTB communiste pour le PS de Paul Magnette.

Bart De Wever et Paul Magnette ont rendez-vous samedi chez le roi. On saura alors si leur tandem et leurs perspectives d'alliances sont suffisamment solides pour mériter de jouer les prolongations. Au cas contraire, d'autres projets de coalitions pourraient retrouver des couleurs.  

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