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Les vendeurs d'armes ont peur des contrôles
International 7 2 min. 28.03.2016 Cet article est archivé
Bourse aux armes de collection d'Arlon

Les vendeurs d'armes ont peur des contrôles

International 7 2 min. 28.03.2016 Cet article est archivé
Bourse aux armes de collection d'Arlon

Les vendeurs d'armes ont peur des contrôles

Virginie ORLANDI
Virginie ORLANDI
Les attentats de Bruxelles ont plombé l’ambiance de la bourse aux armes de collection organisée dimanche par l’ASBL « Le Fusil ». Le hall polyvalent d’Arlon comptait une cinquantaine de tables vides.

Par Nadia Lallemant

Les attentats de Bruxelles ont plombé l’ambiance de la bourse aux armes de collection organisée dimanche par l’ASBL « Le Fusil ». Le hall polyvalent d’Arlon comptait une cinquantaine de tables vides. Ils n’étaient, en effet, que 200 à exposer leurs armes et matériel militaire alors qu’habituellement ils sont 250.

Le public était aussi moins nombreux, soit environ 20 % de visiteurs en moins. « Nos exposants viennent de toute l’Europe, notamment de Tchéquie, de Roumanie, des Pays-Bas, de France et d’Allemagne », a précisé Michel Vander Elst, l’organisateur.

«L’un d’eux nous a appelés pour nous avertir qu’il ne serait pas présent parce qu’il avait été bloqué par la police à la frontière. Les autres qui se sont désistés n’ont pas donné d’explication. »

Selon certains vendeurs d’armes, ces désistements étaient consécutifs aux attentats. «De nombreux exposants ne sont pas venus car ils avaient peur des contrôles », a soufflé un Bruxellois. «Ceux qui ne sont pas en ordre n’ont pas pris le risque de venir en sachant que le dispositif policier serait plus que probablement renforcé. »

Si le dispositif policier avait été renforcé, il n’était, en tout cas, pas visible. Pas de combi ni de contrôle à l’entrée. Pas plus de policiers armés jusqu’aux dents pour contrôler les stands. «Habituellement, les agents de la police judiciaire viennent en civil », a expliqué l’organisateur. «La dernière fois, ils étaient douze.

Seules les armes neutralisées, passées au banc d’épreuve à Liège et donc qui ne peuvent plus tirer, sont autorisées. Les armes automatiques et les kalachnikovs sont interdites. La police judiciaire vérifie si les consignes données par les organisateurs sont respectées.

Il est déjà arrivé que du matériel, comme des feux d’artifice proscrits, soit saisi. » Reste que le règlement autorise la vente d’antiquités encore en état de marche tels que les fusils à bourrer avec de la poudre. Ainsi, dans une vitrine, un pistolet de cycliste 6 mm de 1880 se trouvait parmi les baïonnettes, médailles et équipements de soldat d’un autre âge.

« Ce pistolet fonctionne toujours mais ce n’est pas ce genre d’armes, relativement inoffensives, que les terroristes recherchent », a souligné Olivier, un exposant français. « Les armes de guerre, ils les achètent au marché noir, en général dans les pays de l’Est. »

Selon la police d’Arlon, des contrôles sont effectués régulièrement aux bourses militaires afin de s’assurer que des armes illégales, volées ou perdues, ne s’y trouvent pas. A la suite des attentats de Bruxelles, le dispositif n’avait, dit-on, pas été renforcé.

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