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Les universités belges taclent le harcèlement
International 3 min. 31.01.2020 Cet article est archivé

Les universités belges taclent le harcèlement

Le campus de Louvain-la-Neuve initiera lui aussi une nouvelle vigilance sur le sexisme à l'université.

Les universités belges taclent le harcèlement

Le campus de Louvain-la-Neuve initiera lui aussi une nouvelle vigilance sur le sexisme à l'université.
Photo : Lex Kleren
International 3 min. 31.01.2020 Cet article est archivé

Les universités belges taclent le harcèlement

Max HELLEFF
Max HELLEFF
Des plaintes répétées ont amené les autorités académiques francophones à édicter de nouvelles règles. Mieux informés, les étudiants sont davantage à même de faire valoir leurs droits.

De notre correspondant, Max Hellef (Bruxelles) - Au cours des dernières années, plusieurs faits litigieux ont été rapportés au sein des universités francophones belges. En 2019, le recteur de l’ULB, Yvon Englert, se disait «personnellement choqué» par «de graves violences à l’égard des étudiants de la filière dentisterie». Une procédure disciplinaire avait été engagée à l’encontre de plusieurs enseignants. Et le recteur avait admis que «des signaux» n’avaient pas été pris en compte et n’avaient donc pas entraîné les réactions adéquates dans le chef de l’université.

Ce genre d’histoire filtre rarement dans la presse belge. Il y a quelques années toutefois, un éminent professeur liégeois avait été traîné devant les tribunaux par des doctorantes qu’il avait coutume d’humilier.

Sensibilisation, prévention

Ces affaires ont participé à la prise de conscience qui a conduit ces derniers mois les universités francophones à adopter des mesures visant à lutter contre le harcèlement moral, mais aussi sexuel, raciste, sexiste. Elles concernent les professeurs mais aussi les étudiants en manque d’information. L’objectif est de faire valoir les droits et devoirs des uns et des autres. Et, si nécessaire, de savoir où s’adresser en cas de problème.

UNamur, Saint-Louis, UMons, UCLouvain, ULB, ULiège…  Il est désormais question un peu partout de «guichets» destinés à accueillir et à orienter les victimes potentielles de harcèlement, d’aide psychologique, de conseiller en prévention, etc. Certaines universités en font même un axe de communication, comme l’UMons qui va lancer une vaste campagne de sensibilisation intitulée  «100 % Respect», laquelle a pour objectif «d’endiguer toute forme de violence et de participer à la lutte contre les souffrances liées au harcèlement», explique Le Soir .

Rien qu'à Bruxelles, on compte plus de 85.000 étudiants dont de nombreux jeunes issus d'autres pays que la Belgique, Luxembourg inclus.
Rien qu'à Bruxelles, on compte plus de 85.000 étudiants dont de nombreux jeunes issus d'autres pays que la Belgique, Luxembourg inclus.
Photo : Shutterstock

Quant à l’UCLouvain, elle a mis sur pied lors de la dernière rentrée académique une campagne contre le harcèlement sexuel sur ses campus, en insistant sur la notion de consentement et sur la déculpabilisation des victimes. A l’ULB, opère enfin une cellule unique de prévention et de prise en charge des situations de harcèlement envers les étudiants.

La question est évidemment de savoir si ces dispositifs vont fonctionner. Si le harcèlement sera bien combattu, ou en tout cas mieux pris en compte. L’existence de nouvelles règles et la présence physique de professionnels sur le terrain devraient au moins faire comprendre aux harceleurs que le temps de l’impunité est terminé.

Tout n’est pas réglé pour autant. L’un des risques que courent les universités est évidemment que les accusations de harcèlement ne deviennent des armes entre les mains d’étudiants peu scrupuleux, désireux d’abattre des professeurs jugés  trop coriaces.

En finir avec le sexisme

Sans surprise, répètent les experts, la lutte contre le harcèlement passe d’abord par le respect mutuel, et parfois par l’éducation de ceux qui prétendent enseigner. C’est ainsi que lors d’une conférence tenue à l’université de Gand en décembre dernier, un chirurgien plasticien connu pour ses propos misogynes a parlé du mouvement MeToo en ces termes : «Les femmes veulent des privilèges, mais elles ne veulent par contre plus ouvrir les jambes. On ne peut pas traiter une femme sur un pied d’égalité sans devenir son esclave».

 L’affaire a fait polémique. Elle dit surtout qu’il reste du chemin à parcourir pour en finir au sein des universités avec le sexisme, qui est une forme de harcèlement.


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