Changer d'édition

Les tractations reprennent entre Bruxelles et Londres
International 3 min. 29.09.2020

Les tractations reprennent entre Bruxelles et Londres

Malgré une confiance ébranlée, le Royaume-Uni et l'UE ont repris le dialogue avec l'espoir d'arriver à un accord sur leur future relation commerciale.

Les tractations reprennent entre Bruxelles et Londres

Malgré une confiance ébranlée, le Royaume-Uni et l'UE ont repris le dialogue avec l'espoir d'arriver à un accord sur leur future relation commerciale.
Photo: AFP
International 3 min. 29.09.2020

Les tractations reprennent entre Bruxelles et Londres

L'UE et le Royaume-Uni ont entamé ce mardi une semaine décisive de négociations sur leur future relation commerciale, le jour même où la Chambre des Communes se prononce sur le très controversé projet de loi britannique qui revient en partie sur l'accord du Brexit.

(AFP) - Les discussions, menées par Michel Barnier côté européen et David Frost côté britannique, ont débuté en milieu de matinée à Bruxelles. Elles doivent s'achever vendredi, en plein sommet européen dans la capitale belge. 

Les négociateurs ont pour objectif d'identifier enfin la voie vers un accord, après huit cycles de discussions, depuis mars, aux progrès trop limités. Il espèrent parvenir au «tunnel» de négociations, ce moment où un accord semble suffisamment proche pour se lancer dans des pourparlers à huis clos en continu.


(FILES) In this file photo taken on April 09, 2020 Irish Police (Garda) stop and check vechicles at the border crossing at Carrkcarnon, County Louth, Ireland, on April 9, 2020 under new powers to curb non-essential travel during the coronavirus crisis. - Britain held emergency talks with the European Union on September 10, 2020, facing warnings of legal action over a new Brexit bill and a threatening reminder of its obligations to Northern Ireland from powerful US Democrat Nancy Pelosi. (Photo by PAUL FAITH / AFP)
Les tensions persistent autour du Brexit
Les négociateurs en chef de l'UE et du Royaume-Uni se sont rencontrés jeudi à Bruxelles pour tenter d'éviter une rupture dans les discussions sur la future relation commerciale, malgré la volonté britannique de revenir sur les conditions du divorce.

Le temps presse: le Premier ministre britannique Boris Johnson a fixé la date du 15 octobre, jour d'un sommet européen à Bruxelles, pour un accord. Les Européens se sont eux donné jusqu'à fin octobre.

Faute d'accord, le Brexit - officiel depuis le 31 janvier mais qui ne sera pleinement effectif que le 1er janvier 2021 - viendrait ébranler un peu plus des économies déjà fragilisées par la pandémie de Covid-19. «Il n'y a aucune garantie pour le ''tunnel''», affirme un diplomate européen. «Le Royaume-Uni devra d'abord montrer qu'il est prêt à s'engager» sur les sujets fondamentaux encore en suspens, notamment les aides d'Etat et la pêche.    

Eviter le retour d'une frontière avec l'Irlande

Ce neuvième cycle de discussion - le dernier pour l'instant inscrit à l'agenda - se déroule dans un contexte tendu: la Chambre des Communes doit se prononcer ce mardi soir en troisième lecture sur le projet de loi britannique qui revient en partie sur l'accord encadrant son départ et provoque l'ire des Européens. Il devrait être approuvé sans difficulté, avant d'être soumis à l'examen de la Chambre des Lords.

Le texte revient sur certaines dispositions pour la province britannique d'Irlande du Nord, prévues afin d'éviter le retour d'une frontière avec la République d'Irlande, un garde-fou jugé essentiel au maintien de la paix sur l'île.

Furieuse de ce revirement, qui enfreindrait de l'aveu même du gouvernement britannique le droit international, l'UE avait donné au Royaume-Uni jusqu'à la fin du mois (mercredi) pour retirer son projet, sous peine d'un recours en justice.


ARCHIV - 17.05.2014, Belgien, Brüssel: Menschen spiegeln sich in einem Fenster mit einer europäischen Flagge im Europäischen Parlament. (Illustration zu dpa "EU-Einreisebeschränkungen sollen für viele Länder bestehen bleiben") Foto: Olivier Hoslet/EPA/dpa +++ dpa-Bildfunk +++
Le ton monte entre Londres et Bruxelles
Il règne une certaine tension entre le Royaume-Uni et l'Union européenne à la veille de la reprise de négociations sur leur relation post-Brexit. Boris Johnson menace de claquer la porte mi-octobre et il pourrait, selon le Financial Times, revenir sur certains engagements passés.

Londres a déjà rejeté cet ultimatum et «clairement» réitéré lundi, lors d'une réunion à Bruxelles entre le vice-président de la Commission européenne, Maros Sefcovic, et le ministre d'Etat britannique Michael Gove, «que les mesures (controversées) ne seraient pas retirées», selon un communiqué du gouvernement.

«Nous maintenons que le projet de loi, s'il est adopté dans sa forme actuelle, constituerait une violation extrêmement grave» du droit international, a répondu lundi Maros Sefcovic. Le Slovaque a cependant exclu que le sujet puisse torpiller les discussions commerciales: «Jamais ce ne sera l'UE qui provoquera la fin des négociations sur le futur partenariat.»

«Trop stricte»

Les pourparlers commerciaux butent toujours sur plusieurs sujets sensibles, comme la «gouvernance» du futur accord, ou encore l'éternelle question des garanties exigées par l'UE en matière fiscale, sociale, environnementale et surtout d'aides d'Etat, pour éviter de voir surgir de l'autre côté de la Manche une économie dérégulée, qui la concurrencerait de manière déloyale.

Un accord doit également être trouvé sur la pêche, un sujet particulièrement explosif pour une poignée d'Etats membres comme la France, mais aussi l'Espagne, le Danemark, la Belgique ou les Pays-Bas, qui espèrent un statu quo dans l'accès de leurs pêcheurs aux eaux britanniques, très poissonneuses. 


La pêche s'invite au cœur des négociations post-Brexit
Michel Barnier a averti mercredi qu'un accord commercial avec le Royaume-Uni ne serait possible qu'à condition qu'un compromis sur la pêche soit trouvé. Il accuse Londres d'utiliser ce sujet comme «monnaie d'échange» dans les négociations.

Plusieurs diplomates d'autres Etats membres, qui n'ont aucun intérêt pour ce sujet, jugent cependant l'UE «trop stricte» sur la pêche, qu'ils imaginent comme une possible variable d'ajustement avec le Royaume-Uni.

«Le partenariat sera approuvé à l'unanimité. Nous devons donc tenir compte des intérêts différents des autres États membres et faire preuve de solidarité. Cela étant dit, l'UE doit être réaliste...», souligne l'un d'eux. Un autre a démenti «toute tension et toute division» entre les 27.    

Suivez-nous sur Facebook, Twitter et abonnez-vous à notre newsletter de 17h.


Sur le même sujet

Bruxelles ouvre les hostilités contre Londres
L'UE a entamé ce jeudi une procédure d'infraction contre le Royaume-Uni pour ce qu'elle considère comme une violation du traité du Brexit, une annonce qui ne devrait cependant pas troubler les négociations toujours en cours.
European Commission President Ursula von der Leyen adjusts her facemask ahead of delivering a statement ahead of the first day of a European Union (EU) summit at The European Council Building in Brussels on October 1, 2020. - EU chief Ursula von der Leyen declared October 1, 2020,  that Brussels is taking legal action over the British government's attempt to overturn parts of the Brexit withdrawal agreement. (Photo by JOHANNA GERON / POOL / AFP)
2019, «année réussie» pour les assureurs
Malgré la tornade qui s'est abattue en août sur le sud du pays, le commissariat aux assurances annonce des bénéfices qui ont doublé en un an. Le Brexit et «l'achèvement de l'internationalisation du marché luxembourgeois» ont donné un coup de boost à tout le secteur.
CdP Commissariat aux assurances:présentation du rapport. Foto:Gerry Huberty
Londres et l'UE lancent une négociation marathon
Britanniques et Européens affichent un optimisme prudent au moment d'entamer ce lundi cinq semaines d'intenses discussions, destinées à progresser enfin sur la relation post-Brexit et éviter un «no deal» catastrophique en fin d'année.
ARCHIV - 29.01.2016, Belgien, Brüssel: Eine Flagge Großbritanniens weht vor dem Gebäuder der Europäischen Kommission. (zu dpa: «Politik und Wirtschaft wollen Klarheit für Zeit nach Brexit») Foto: Laurent Dubrule/EPA/dpa +++ dpa-Bildfunk +++