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Les terroristes du 22 mars 2016 voulaient viser Paris
International 3 min. 11.08.2022
Justice belge

Les terroristes du 22 mars 2016 voulaient viser Paris

Sur le banc des accusés, on retrouvera Salah Abdeslam et Mohamed Abrini, respectivement seuls survivants des attentats de Paris et de Bruxelles.
Justice belge

Les terroristes du 22 mars 2016 voulaient viser Paris

Sur le banc des accusés, on retrouvera Salah Abdeslam et Mohamed Abrini, respectivement seuls survivants des attentats de Paris et de Bruxelles.
Photo: AFP
International 3 min. 11.08.2022
Justice belge

Les terroristes du 22 mars 2016 voulaient viser Paris

Max HELLEFF
Max HELLEFF
L'acte d'accusation du procès qui s'ouvrira en octobre à Bruxelles confirme des informations sorties il y a quelques années.

De notre correspondant Max HELLEFF (Bruxelles) - La tension monte progressivement à l'approche du méga-procès qui doit s'ouvrir en périphérie bruxelloise, en octobre prochain. La justice belge entend passer au crible les attentats du 22 mars 2016 qui ont tué 32 personnes (hors kamikazes) et fait 340 blessés à l'aéroport de Bruxelles-National et à la station de métro Maelbeek. Elle devra aussi relever un défi de taille en se montrant à la hauteur de la cour d'assises de Paris qui a rendu son jugement sur les attentats du 13 novembre 2015 de façon «exemplaire», estime la presse belge.


Police forces block the access to the Maalbeek subway station, in Brussels, on March 22, 2016, after a series of apparently coordinated explosions that ripped through Brussels airport and the metro train, killing at least 14 people in the airport and 20 people in the metro in the latest attacks to target Europe. / AFP PHOTO / PHILIPPE HUGUEN
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Sur le banc des accusés, on retrouvera Salah Abdeslam et Mohamed Abrini, respectivement seuls survivants des attentats de Paris et de Bruxelles. Les autres auteurs des tueries perpétrées dans la capitale belge sont morts dans l'explosion de leurs bombes. En revanche, leurs complices auront bien à rendre des comptes à la justice.

L'acte d'accusation du procès a fuité dans la presse. Selon les médias flamands  «Het Laatste Nieuws» et «VTM Nieuws», les terroristes des attentats de Bruxelles voulaient dans un premier temps viser la France. Un camion rempli d'explosifs aurait sauté dans la foule se pressant pour assister au match d'ouverture de l'Euro qui se déroulait le 10 juin 2016 au Stade de France, à Paris. La fête aurait été transformée en boucherie. L'attentat, relayé par les caméras du monde entier, aurait eu une portée considérable.

 «Boum! Et l'Euro est terminé»  

L'information n'est pas neuve. Elle avait été évoquée lors du suivi de l'enquête, mais n'avait pas été confirmée. Selon des médias français, Mohamed Abrini,  «l'homme au chapeau» arrêté le 8 avril 2016, avait lâché en aparté qu'avec ses complices «ils voulaient se procurer 500 kilos de TATP et en remplir les véhicules comme en Irak et en Syrie». Et les faire exploser au stade de France.


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Ces propos avaient été saisis par des micros espions cachés dans la prison de Bruges où Mohamed Abrini était incarcéré en même temps que Mehdi Nemmouche, l'auteur de l'attentat du musée juif de Bruxelles en 2014. Parlant du match d'ouverture de l'Euro, Abrini avait décrit le projet tel qu'il l'avait imaginé: «Boum! Et l'Euro est terminé».

L'acte d'accusation confirme également que les terroristes ont finalement décidé de frapper Bruxelles-National et la station Maelbeek parce qu'ils se sentaient acculés. Salah Abdeslam avait été arrêté le 18 mars à Molenbeek, soit quatre jours avant les attentats bruxellois. Le filet policier était en train de se resserrer sur les terroristes: les frères El Bakraoui, Najim Laachraoui et Mohamed Abrini.

Faire la part du vrai et du faux

Le quatuor et ses complices avaient pointé d'autres cibles, dont les centrales nucléaires belges, le port d'Anvers, la caserne militaire de Flawinne en Wallonie ou encore la résidence officielle du Premier ministre, sise rue du Lambermont, au cœur de la capitale. Ils avaient imaginé aussi d'enlever des personnalités et de les échanger contre des terroristes emprisonnés.


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Les débats devront faire la part du vrai et du faux dans ce qui est avancé aujourd'hui par l'acte d'accusation. Les terroristes avaient-ils vraiment les moyens de perpétrer un nouvel attentat de grande ampleur à Paris, alors que toutes les polices de France et Belgique étaient sur les dents? Rien n'est moins sûr. Peut-être Mohamed Abrini prend-il simplement ses rêves abjects pour réalité.

À deux mois du procès, la défense s'inquiète de la configuration des box dans lesquels devront comparaître les accusés. Individuels et entièrement vitrés, ils sont dénoncés par les avocats comme relevant d'un traitement «inhumain» et contraire aux droits de la défense.

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