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Les temps sont durs pour Bart De Wever
International 3 min. 02.02.2021

Les temps sont durs pour Bart De Wever

L’été dernier, Bart De Wever avait préféré mettre toute la ville d’Anvers sous cloche plutôt que de prendre le risque de stigmatiser certains quartiers, juifs et musulmans, où l’épidémie flambait.

Les temps sont durs pour Bart De Wever

L’été dernier, Bart De Wever avait préféré mettre toute la ville d’Anvers sous cloche plutôt que de prendre le risque de stigmatiser certains quartiers, juifs et musulmans, où l’épidémie flambait.
Photo: AFP / archives
International 3 min. 02.02.2021

Les temps sont durs pour Bart De Wever

Le nationaliste flamand peine à occuper l’espace politique et médiatique, signe de l'apathie qui menace son parti.

De notre correspondant, Max Helleff (Bruxelles) - Une synagogue d’Anvers vient d’être fermée car elle ne respectait pas les règles d’hygiène et de rassemblement édictées dans le cadre de la lutte contre le coronavirus. Bart De Wever, président de la N-VA nationaliste flamande mais aussi bourgmestre de la métropole, a justifié sa décision : «Il est regrettable que je doive prendre une autre mesure contre une institution religieuse dans notre ville mais la loi s’applique à tout le monde. Notre santé est primordiale», a-t-il expliqué.


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Décision difficile. L’été dernier, Bart De Wever avait préféré mettre toute la ville d’Anvers sous cloche plutôt que de prendre le risque de stigmatiser certains quartiers, juifs et musulmans, où l’épidémie flambait.

Dans le cas présent, la mesure vise des juifs orthodoxes. Ceux-ci estiment avoir le droit de célébrer la liturgie ensemble durant le sabbat. A tort, selon Bart De Wever. «Ils ont lu dans la loi qu'ils sont autorisés à le faire parce qu'ils vont à la synagogue individuellement», a-t-il déclaré en jugeant cette interprétation erronée. Il a appelé le gouvernement fédéral à se faire plus explicite pour ramener les juifs orthodoxes à la raison.

Après avoir semé le trouble dans les esprits lors du premier confinement, Bart De Wever est donc rentré dans le rang sanitaire. Lors des vœux de Nouvel An de son parti, il a loué le travail de « nos chercheurs » dans la lutte contre le coronavirus. Et puisqu’ils peuvent lutter contre le virus, a-t-il dévié, ils pourront aussi combattre le réchauffement climatique. La science évitera ainsi aux électeurs de la N-VA de devoir changer de comportements face à l'environnement. De Wever est également revenu sur son dada, ce confédéralisme censé donner une autonomie supplémentaire à la Flandre et qu’il voudrait négocier à la faveur des législatives de 2024.


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Mais qui l’entend ? Ces derniers mois, Bart De Wever a cherché à occuper l’espace politique et médiatique sans y parvenir. Depuis la formation du gouvernement De Croo et la relégation de la N-VA dans l’opposition, les nationalistes flamands ont disparu des écrans radars. Il n’y a plus grand monde aujourd’hui pour s’inquiéter des réactions incendiaires de leur leader alors que, durant quatre ans, il a fait trembler la coalition «suédoise» de Charles Michel depuis l’hôtel de ville d’Anvers.

«Les nationalistes flamands ont été distancés dans les sondages par le Vlaams Belang en Flandre et ne sont pas parvenus à entrer dans la majorité fédérale, analyse Jean Faniel, le directeur du centre de recherche Crisp, dans L’Echo. Le voulaient-ils vraiment ? Ce n’est pas sûr, mais le parti s’est montré prêt à négocier et à lâcher beaucoup de lest pour y parvenir. J’ai vraiment l’impression que cela restera perçu comme un échec.»

La presse souligne les contradictions 

La N-VA se cherche. Ses contre-performances face à l’extrême droite l’ont rendue nerveuse. Liesbeth Homans, une proche de Bart De Wever, a livré une interview paradoxale lors des 50 ans du Parlement flamand dont elle est la présidente. Elle y déclare qu’une alliance pourrait être possible avec certains membres du Vlaams Belang, prenant ainsi le contrepied de son président de parti qui, récemment, avait rejeté une telle perspective. 

La presse belge a fait grand cas de ces contradictions, non sans souligner qu’au passage le Parlement flamand avait rendu hommage à August Borms et Staf Declercq, deux des collaborateurs les plus en vue de l’Allemagne nazie. Cette même Collaboration qui voulait l'indépendance de la Flandre et fut finalement condamnée en 2015 par Bart De Wever.

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