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Les sanctions américaines entrent en vigueur, Pékin va répliquer
Le vice-premier ministre Liu He

Les sanctions américaines entrent en vigueur, Pékin va répliquer

Photo: AFP
Le vice-premier ministre Liu He
International 4 min. 10.05.2019

Les sanctions américaines entrent en vigueur, Pékin va répliquer

Malgré la poursuite des négociations, la nouvelle hausse des droits de douane américains sur les produits chinois est entrée en vigueur comme prévu vendredi, entraînant une réplique immédiate de Pékin qui a promis d'imposer ses propres sanctions.

(AFP) – La Chine «n'aura d'autre choix que de prendre de nécessaires mesures de représailles», a averti le ministère chinois du Commerce quelques minutes après l'entrée en vigueur des surtaxes américaines à minuit heure de Washington. L'augmentation de 10 à 25% des droits de douane supplémentaires porte sur des produits représentant environ 200 milliards de dollars de commerce annuel de la Chine vers les Etats-Unis, soit près de la moitié des ventes de Pékin à l'oncle Sam.


(FILES) In this file photo taken on June 5, 2018 US President Donald Trump leaves after the "Celebration of America" at the White House in Washington, DC.
President Donald Trump turned 72 on June 14, 2018, having returned to the fray of Washington politics after his grueling trip to Singapore for the summit with North Korean leader Kim Jong Un. Trump in 2016 was the oldest person to assume the US presidency -- he was 70 then -- although Ronald Reagan was 73 when he was re-elected in 1984.Trump's health, both physical and mental, have been the subject of keen interest in America. / AFP PHOTO / Brendan Smialowski
Trump va imposer 25% de tarifs douaniers sur 50 milliards de dollars d'importations chinoises
Le président américain Donald Trump a annoncé vendredi l'imposition de tarifs douaniers de 25% sur 50 milliards de dollars d'importations chinoises «contenant des technologies très importantes sur le plan industriel». Il menace de nouvelles représailles si la Chine venait à répliquer.

Cette mesure était suspendue depuis janvier par Donald Trump pour laisser le temps aux deux parties de discuter dans une plus grande sérénité. Mais le président américain a annoncé dimanche sa réactivation, arguant que les discussions n'allaient pas assez vite et doutant de la bonne foi des négociateurs chinois.

Robert Lighthizer (à droite) and Steven Mnuchin.
Robert Lighthizer (à droite) and Steven Mnuchin.
Photo: AFP

Cette relance de la guerre commerciale entre les deux géants du Pacifique a perturbé les marchés financiers mondiaux toute la semaine. Rassurées toutefois par la poursuite des négociations, les Bourses chinoises évoluaient en territoire positif en début d'après-midi vendredi. Shanghai progressait de 1,27%, Shenzhen de 1,62% et Hong Kong de 0,63%.

Les discussions se poursuivent aujourd'hui

L'entrée en vigueur des nouvelles sanctions survient alors même que le représentant américain pour le Commerce Robert Lighthizer et le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin ont rencontré jeudi soir à Washington pour «un dîner de travail» le vice-Premier ministre chinois Liu He. Les discussions se poursuivront vendredi, a fait savoir la Maison Blanche.

Une augmentation des droits de douane est «dommageable» pour les deux économies, avait indiqué Liu He à la télévision publique chinoise avant le début des discussions jeudi.
Une augmentation des droits de douane est «dommageable» pour les deux économies, avait indiqué Liu He à la télévision publique chinoise avant le début des discussions jeudi.
Photo: AFP

Liu He avait toutefois estimé que les négociations étaient «prometteuses» et assuré qu'il avait fait le déplacement à Washington «avec sincérité».

Il rétorquait indirectement aux accusations de Robert Lighthizer et Steven Mnuchin qui ont affirmé lundi que la Chine était revenue sur ses engagements pris lors de précédentes sessions de négociations, une accusation infondée selon Pékin. Jeudi, les négociations ont repris dans un climat d'apaisement relatif, Donald Trump estimant toujours «possible» un accord cette semaine. Il a aussi révélé avoir reçu une «belle lettre» de son homologue chinois avec lequel il doit s'entretenir par téléphone, à une date non dévoilée.

La pression sur les épaules des négociateurs est forte puisqu'il s'agit de refonder la relation commerciale entre les deux premières puissances économiques mondiales qui se disputent la domination dans les hautes technologies du futur.


Nouvelle salve de Washington dans la guerre commerciale contre Pékin
Les Etats-Unis ont tiré une nouvelle salve dans la guerre commerciale avec la Chine en dressant une liste supplémentaire de produits chinois importés d'un montant de 200 milliards de dollars par an qu'ils menacent de taxer dès septembre.

L'administration Trump exige la réduction du colossal déficit commercial américain avec la Chine, des «changements structurels» tels que la fin du transfert forcé des technologies ainsi que la protection de la propriété intellectuelle américaine. Elle demande également la fin des subventions aux entreprises d'Etat, qui portent le plan stratégique de l'Etat chinois pour faire du pays un champion technologique tous azimuts, «Made in China 2025».

«La Chine ne capitulera pas»

Ces discussions, qui étaient présentées il y a encore quelques jours comme les dernières avant un sommet entre les deux présidents destiné à signer un accord bilatéral historique, semblent d'autant plus incertaines que Donald Trump a jeté le trouble en estimant que les tarifs douaniers était une «alternative excellente» à un accord.

Il a de nouveau martelé jeudi qu'ils remplissaient les caisses de l'Etat américain de plus de 100 milliards par an. L'hôte de la Maison Blanche se sent en position de force pour négocier alors que la croissance économique a été plus forte que prévu au premier trimestre (+3,2%), que le taux de chômage est tombé à son plus bas niveau depuis 1969 (3,6%).

Autre bonne nouvelle, les données de la balance commerciale du mois de mars publiées jeudi, ont fait apparaître une baisse du déficit des biens avec la Chine inédite depuis avril 2016. Le gouvernement chinois se sent, lui aussi, conforté par les mesures prises pour stimuler son économie. «La Chine ne capitulera pas face à la pression et nous avons la détermination ainsi que les moyens de défendre nos intérêts», a d'ailleurs prévenu à Pékin le porte-parole du ministère chinois du Commerce, Gao Feng.

Le porte-parole du Fonds monétaire international (FMI), Gerry Rice, a averti de son côté qu'un conflit durable entre les deux premières puissances du monde risquait de saper la croissance mondiale. Les tensions sino-américaines troublent en outre les marchés financiers, qui oscillent au gré des menaces ou au contraire des gestes d'apaisement.

Ce vendredi matin, les Bourses chinoises ont ainsi ouvert en hausse après avoir clôturé en baisse la veille. Ils pourraient être de nouveau tiraillés par les incertitudes, Pékin ayant l'intention de rétorquer à la nouvelle hausse de droits de douanes. Donald Trump a opté avec Pékin pour la stratégie de la pression maximale, infligeant d'abord en mars 2018 des tarifs douaniers sur l'acier et l'aluminium chinois puis, l'été dernier, sur 250 milliards de dollars de produits chinois.

Il menace en outre d'imposer des droits de douane additionnels sur toutes les importations de Chine (539,5 milliards de dollars en 2018). Et coïncidence ou non du calendrier, les Etats-Unis ont annoncé jeudi refuser à l'opérateur China Mobile l'accès à leur marché, relevant «des risques substantiels et sérieux pour la sécurité nationale».