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Les primaires perturbées par le coronavirus
International 4 min. 17.03.2020

Les primaires perturbées par le coronavirus

Les scrutins prévus ce mardi en Arizona, Floride et Illinois sont maintenus avec des mesures de précaution renforcées

Les primaires perturbées par le coronavirus

Les scrutins prévus ce mardi en Arizona, Floride et Illinois sont maintenus avec des mesures de précaution renforcées
Photo: AFP
International 4 min. 17.03.2020

Les primaires perturbées par le coronavirus

Quelques heures à peine avant l'ouverture des bureaux de vote, le gouverneur de l'Ohio a annoncé le report de ses primaires présidentielles en citant l'«urgence sanitaire», une première dans la longue course à l'investiture démocrate dominée par Joe Biden face à Bernie Sanders.

(AFP) - Meetings en ligne, débat sans public et des élections reportées: la pandémie, qui a fait plus de 70 morts aux Etats-Unis, affecte profondément la campagne des deux candidats à l'investiture démocrate pour défier le républicain Donald Trump en novembre. Le gouverneur républicain de l'Ohio Mike DeWine a affirmé sur Twitter, tard lundi soir, que voter en pleine crise de Covid-19  «forcerait les employés des bureaux de vote et les électeurs à se placer dans une situation inacceptable de danger». Dès lors, sa responsable des services de santé «va ordonner la fermeture des bureaux de vote pour urgence sanitaire», a-t-il précisé, prenant cette décision contre l'avis d'un juge. Ses équipes chercheront auprès de la justice le moyen de permettre aux électeurs de voter d'une autre façon.

Le nombre de cas confirmés du coronavirus aux Etats-Unis a franchi lundi la barre des 4.200 cas, dont plus de 70 morts. Les scrutins prévus ce mardi dans trois autres Etats, - Arizona, Floride et Illinois - étaient eux maintenus avec des mesures de précaution renforcées. Donald Trump a lui jugé lundi «inutile» de reporter les primaires. La Louisiane, la Géorgie et le Kentucky, qui devaient voter plus tard, ont reporté leurs primaires à mai et juin. D'autres pourraient rapidement suivre.

Alors qu'il a déjà décroché plus de délégués, clé de l'investiture démocrate, l'ancien vice-président Joe Biden enregistre quelque vingt points d'avance dans les sondages nationaux sur son rival bien plus à gauche, le sénateur indépendant Bernie Sanders. Les scrutins de mardi pourraient donc permettre à l'ex-bras droit de Barack Obama d'obtenir un avantage décisif. Mais l'impact du coronavirus sur cette campagne, qui a déjà enregistré de spectaculaires rebondissements, reste imprévisible.

Joe Biden peut compter sur le soutien du camp modéré, dont plusieurs ex-candidats à la présidentielle et d'influents élus. Comme le gouverneur de l'Illinois, JB Pritzker, qui a déclaré lundi voir en Joe Biden «le bon candidat pour battre Donald Trump», objectif numéro un des électeurs démocrates. Célèbre pour ses gaffes, il aurait fallu que Joe Biden, 77 ans, s'effondre lors du onzième débat démocrate dimanche soir pour que Bernie Sanders, 78 ans, puisse vraiment espérer reprendre le dessus mardi. Mais l'ancien vice-président a fait un bon débat. Et annoncé au passage, en premier, qu'il choisirait une femme pour briguer la vice-présidence. De quoi se rallier des soutiens chez ces démocrates déçus de voir une grille de départ qui affichait une diversité record réduite à deux hommes septuagénaires.

Neil Young en ligne

Après une série d'échecs, Bernie Sanders, socialiste autoproclamé, avait reconnu dès la semaine dernière qu'il n'était pas parvenu à convaincre de sa capacité d'empêcher le milliardaire républicain d'empocher un second mandat. Très populaire chez les jeunes, le sénateur s'accroche toutefois à la course et a profité du débat pour interpeller Joe Biden sur certaines positions potentiellement embarrassantes de sa longue carrière en politique, avec plus de 35 ans passés au Sénat et huit à la vice-présidence.

Comme pour donner des gages à l'aile plus progressiste du parti, Joe Biden a de son côté annoncé dimanche qu'il adoptait deux propositions: l'une de Bernie Sanders sur l'allègement de la dette étudiante et l'autre de son ancienne rivale, la sénatrice Elizabeth Warren, pour protéger notamment les Américains des créanciers qui «abusent» du système. Cela ne va pas assez loin, a répliqué Bernie Sanders. Mais le sénateur, qui peut se targuer d'avoir déjà ancré le parti plus à gauche, l'a encore promis: s'il perd les primaires, il soutiendra le candidat désigné pour défier Donald Trump. Joe Biden, lui, a martelé l'argument qu'il oppose à son rival pour se présenter en candidat plus pragmatique: «Les gens veulent des résultats, pas une révolution».


Democratic presidential hopeful Joe Biden answers a question after delivering remarks in Los Angeles, California, March 4, 2020. - Joe Biden reclaimed frontrunner status in the race for the Democratic presidential nomination after notching up stunning Super Tuesday primary victories. (Photo by Robyn Beck / AFP)
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Dans un pays de plus en plus au ralenti à cause du coronavirus, les rivaux font campagne en ligne, avec des styles bien à eux. Lundi, Joe et son épouse Jill Biden ont parlé, par écrans interposés, avec des électeurs des quatre Etats qui voteront mardi. En Floride, notamment, les démocrates d'origine cubaine digèrent mal certains propos de Bernie Sanders jugés trop bienveillants à l'égard du régime castriste. Soutenu par une ribambelle d'artistes à la mode, Bernie Sanders a lui organisé un meeting avec en tête d'affiche prestigieuse le musicien Neil Young et son épouse, l'actrice Daryl Hannah.    


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