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Les premiers enseignements de ces européennes
International 3 min. 26.05.2019

Les premiers enseignements de ces européennes

Les premiers enseignements de ces européennes

Photo: AFP
International 3 min. 26.05.2019

Les premiers enseignements de ces européennes

Les Européens se sont rendus aux urnes en rangs serrés pour élire le nouveau Parlement européen, au dernier jour du scrutin entamé jeudi aux Pays-Bas et Royaume-Uni, qui s'est achevé dimanche dans 21 pays dont l'Allemagne, la France, l'Italie et l'Espagne.

(AFP) - Voici cinq éléments marquants relevés à 20h, selon les estimations disponibles: - 

Participation en forte hausse Déjouant les pronostics, les électeurs européens se sont massivement rendus aux urnes : la participation atteindrait 51% dans 27 pays de l'Union selon les chiffres communiqués par le Parlement. En Allemagne, elle a bondi de 11 points par rapport à 2014 à 59% et, en France, avec un taux entre 51 et 54% selon les instituts de sondage, elle a augmenté de sept à dix points comparé au dernier scrutin de 2014 - soit le taux le plus élevé depuis 1994. Plusieurs autres pays étaient sur la même ligne: autour de 35% en Espagne contre 24 % en 2014; 15% en Pologne contre un peu plus de 7%; ou encore 17% en Hongrie contre 11,5% au dernier scrutin européen. La participation, en baisse régulière au fil des consultations, était tombée à 42% lors de la dernière consultation en 2014. 

Eurosceptiques, conservateurs et populistes en hausse Une vaste coalition de forces populistes et d'eurosceptiques qui espérait se frayer un chemin jusqu'au Parlement marque des points dans la plupart des pays. En France, le Rassemblement national (RN, ex-FN) arrive en tête avec 25/26% de voix, en légère hausse par rapport à 2014 (24,9%); en Allemagne, l'AFD d'extrême droite atteint son objectif avec 10,5% (7,1% en 2014). En Hongrie, le parti souverainiste Fidesz du Hongrois Viktor Orban arriverait largement en tête, crédité d'une victoire écrasante avec 56% des suffrages, devançant de plus de 45 points l'opposition de centre-gauche et d'extrême droite, selon les estimations. En Italie, où les bureaux ferment à 21h, les sondages des derniers jours donnaient également la Ligue du Nord de Matteo Salvini au-dessus des 35% d'intentions de vote. Des responsables à Bruxelles redoutaient qu'ils puissent gagner jusqu'à 200 des 751 sièges, emmenés par Salvini et Marine Le Pen dont le candidat, Jordan Bardella, a aussitôt appelé à la «constitution d'un groupe puissant» au Parlement européen. 

Poussée verte Les Verts allemands ont quasiment doublé leur score à 20,5-22% (contre 10,7% en 2014). Un mouvement également suivi en France où la liste Europe-Ecologie Les Verts devient la troisième force du pays autour de 12 à 13 % des voix contre 8,9 en 2014 et devance la droite classique des Républicains (autour de 8). La mobilisation autour de la Suédoise de 16 ans Greta Thunberg, qui a rassemblé des centaines de milliers de jeunes Européens dans les rues ces derniers mois, a visiblement payé. Quelque 68% des Allemands interrogés avant le scrutin jugeaient que trop peu était fait pour faire face à l'urgence climatique. 

Qui choisira le patron? Certains chefs d'État et de gouvernement des 28 renâclent à l'idée de céder au Parlement le choix du président de la Commission européenne, qui leur revient jusqu'à présent. Si le bloc de centre-droit PPE devait émerger avec un nombre important de voix, il renforcerait la position de son candidat, le conservateur bavarois Manfred Weber. Mais un résultat moins clair donnerait des gages à ceux qui, comme MM. Macron ou Rutte, s'opposent à la nomination du «Spitzenkandidat» - la désignation naturelle du chef du groupe arrivé en tête. 

Le dernier souffle des Britanniques? Les Britanniques qui devraient quitter l'UE au plus tard le 31 octobre ont voté les premiers, jeudi, pour ce qui devrait être leur dernier scrutin européen; ils ont logiquement porté en tête le parti du Brexit du sulfureux Nigel Farage, partisan d'une rupture sans concession avec Bruxelles. Le pays devait quitter le giron de l'UE le 29 mars mais, faute d'avoir obtenu le soutien des députés, Theresa May - qui a annoncé vendredi sa démission au 7 juin - avait dû reporter la date du divorce initialement prévue au 31 mars et organiser en catastrophe les élections européennes. En réaction, les voisins irlandais du Royaume-Uni ont massivement opté pour la liste pro-Europe.



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