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Les Portugais privés de vacances
International 4 min. 27.11.2020

Les Portugais privés de vacances

Le secteur de la gastronomie portugaise est à l'asphyxie suite à la crise sanitaire.

Les Portugais privés de vacances

Le secteur de la gastronomie portugaise est à l'asphyxie suite à la crise sanitaire.
Photo: AFP
International 4 min. 27.11.2020

Les Portugais privés de vacances

Le gouvernement impose des restrictions très strictes pour les jours fériés du début de décembre

De notre correspondante Marie-Line Darcy, à Lisbonne - Privés de Pâques et de Toussaint et désormais les Portugais sont aussi privés de weekends prolongés les 1er et 8 décembre. Ces jours fériés correspondent à un jour de semaine, un mardi cette année, et ils offrent ainsi la possibilité de faire un pont très appréciée normalement pour préparer les fêtes de Noël. Mais cette fois pas de mini vacances car l’injonction est de rester chez soi.


A tram passes by a shopkeeper wearing a face mask in downtown Lisbon on November 7, 2020. - The Portuguese government is holding an extraordinary ministers' council to decide on concrete measures to fight the spread of the coronavirus, which could include a night curfew as it already exists in several European countries. (Photo by PATRICIA DE MELO MOREIRA / AFP)
Le Portugal renforce ses restrictions sanitaires
Les mesures en vigueur cette semaine dans la majeure partie du Portugal, avec un état d'urgence assorti de couvre-feu la nuit et le week-end, seront élargies à d'autres territoires à partir de lundi, a annoncé jeudi le Premier ministre Antonio Costa.

Le coronavirus gagne du terrain. Le Portugal a franchi mardi 24 novembre la limite des 4.000 décès de covid. Les hospitalisations n’ont cessé d’augmenter depuis début octobre, mais c’est surtout le nombre de malades en réanimation qui préoccupe les services de santé. Plus de 500 patients en état grave sont actuellement traités dans les hôpitaux pour une capacité totale de l’ordre de 700 lits au niveau national. 

Le Portugal a fait un effort depuis mars dernier et il a pratiquement doublé sa capacité en réanimation. Toutefois face à cette deuxième vague de covid-19 plus aiguë, les hôpitaux sont en voie de saturation. «Nous avons la possibilité de porter à 1.000 le nombre de lits en services de réanimation, mais ce sera au détriment des autres maladies», a déclaré Marta Temido, la ministre de la Santé.


A woman wearing a face mask gets off a tram in downtown Lisbon on October 28, 2020. - The Portuguese support the wearing of the compulsory mask outdoors, a measure that came into force today, in order to stem the resumption of the coronavirus epidemic. (Photo by PATRICIA DE MELO MOREIRA / AFP)
Le Portugal prêt à décréter l'état d'urgence sanitaire
Par cette intention dévoilée lundi, le gouvernement portugais entend s'offrir les moyens de prendre rapidement des mesures plus restrictives afin d'endiguer la propagation du nouveau coronavirus.

La rupture, c’est ce que cherche à éviter à tout prix le SNS, le Service National de Santé. Et si au printemps le Portugal avait bénéficié d’un temps de retard par rapport à des pays comme l’Italie, l’Espagne ou la France qui lui avait permis d’anticiper la pandémie, la deuxième vague l’a atteint de plein fouet. Le Premier ministre Antonio Costa a lui-même reconnu l’aggravation de la situation: «Personne n’avait prévu que la seconde vague serait si rapide et si violente», a-t-il déclaré récemment.

Cette fois le niveau de restrictions est élevé. Le gouvernement a décidé d’interdire la circulation entre les différentes municipalités du pays les quatre jours des deux ponts qui viennent. Le 1er décembre marque l’anniversaire de la restauration de l’indépendance du Portugal face à l’Espagne en 1640. Le 8 décembre étant pour sa part la fête catholique de l’Immaculée Conception. Le gouvernement a décidé d’accorder le droit à la fonction publique de faire le pont le lundi précédant ces jours fériés du 1er et 8 décembre et a suspendu l’année scolaire pour la période afin de libérer les professeurs.


A pilgrim holds a statue of Our Lady Fatima along with a Portuguese flag during a ceremony marking the last pilgrimage of the year at the Fatima shrine in central Portugal held under strict social distancing rules because of the coronavirus pandemic on October 13, 2020. (Photo by PATRICIA DE MELO MOREIRA / AFP)
Une tension tangible au Portugal
Le pays se place en état de calamité face à la recrudescence de la pandémie du coronavirus. Il s'agit en l'occurrence du niveau le plus élevé de l’échelle de la protection civile qui en compte trois.

Par ailleurs le Portugal innove avec un découpage du pays en quatre zones selon la gravité du risque de contagion. Pour les deux niveaux les plus élevés de risque, les samedis, dimanches et jours fériés, le couvre-feu est obligatoire de 13 heures du midi à cinq heures du matin le jour suivant. Pendant la semaine, ce couvre-feu est obligatoire entre 23 et cinq heures du matin, cette dernière mesure étant également appliquée au troisième niveau de risque. 

Il sera possible de sortir de chez soi pour des courses alimentaires de proximité, pour s’aérer et promener son chien, pour des consultations médicales et pour travailler. Déjà en place depuis 15 jours, le couvre-feu du week-end est généralement bien suivi. Une enquête a révélé que dès 14 heures, les jours de week-end 80 % des Portugais sont chez eux. Ici pas besoin de laissez-passer ni de recours aux fortes amendes: persuasion et information sont les maîtres mots. Ce qui n’empêche pas la police d’être amenée à intervenir ponctuellement pour démanteler des attroupements festifs ou des réunions de famille ne respectant pas les règles du nombre de convives.


A nurse names people being tested for coronavirus inside a bus converted into a test lab at the Sao Domingos de Rana high school in Cascais on September 14, 2020. - A coronavirus bus travelled through several schools in Cascais in the outskirts of Lisbon to deliver free COVID-19 tests to teachers and school employees days before the beginning of the academic year. (Photo by PATRICIA DE MELO MOREIRA / AFP)
Lisbonne lutte pour éviter un reconfinement
Comme partout en Europe, le «nouveau normal» en vigueur au Portugal n'épargne pas la rentrée scolaire. Cette dernière est placée sous le signe de l’inquiétude face au coronavirus .

Les Portugais jouent le jeu. Mais la lassitude et l’inquiétude sont palpables. Les bars et restaurants fermés dans un pays où on aime s’attabler longuement entre amis ou en famille est un crève-coeur. La vie sociale est totalement bouleversée. Lisbonne et Porto deviennent des fantômes le couvre-feu venu. L’absence de touristes aggrave le sentiment de solitude. Les huit millions de Portugais concernés par les mesures les plus sévères font le dos rond et ponctuent leurs phrases d’un «il le faut» résigné.

Mais la contestation gagne. Le mouvement «au pain et à l’eau» des restaurateurs et tenanciers de bars agite régulièrement l’opinion. Obligés de baisser le rideau à 22 heures en semaine et à ne pas ouvrir en week-end le secteur est à l’asphyxie. Lors des manifestations régulièrement organisées on voit des commerçants brandir des branches d’arbres dépouillées, décorées de bouteilles d’eau, en guise d’arbre de Noël. Les mesures prises autour du 1er et du 8 décembre n’ont d’autre but que d’inverser la courbe de la contagion, vite et à temps pour les fêtes de Noël, que tous au Portugal espèrent encore sauver. 

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