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Les portes s’ouvrent à l’extrême droite en Belgique
International 3 min. 29.07.2019 Cet article est archivé

Les portes s’ouvrent à l’extrême droite en Belgique

L'extrême droite flamande s’apprête à entrer à l’Assemblée du Conseil de l’Europe.

Les portes s’ouvrent à l’extrême droite en Belgique

L'extrême droite flamande s’apprête à entrer à l’Assemblée du Conseil de l’Europe.
Photo: Conseil européen
International 3 min. 29.07.2019 Cet article est archivé

Les portes s’ouvrent à l’extrême droite en Belgique

Le Vlaams Belang s’offre deux postes de choix, où il est question de droits de l’homme et de migration.

Par Max Helleff

L’extrême droite flamande s’apprête à entrer à l’Assemblée du Conseil de l’Europe. Le 18 juillet dernier, la Chambre a désigné les députés appelés à y siéger. Parmi eux: Tom Van Grieken, le président du Vlaams Belang, désormais quatrième parti belge en termes de nombre de parlementaires.

Tom Van Grieken, le président du Vlaams Belang, siègera à l'Assemblée du Conseil de l'Europe.
Tom Van Grieken, le président du Vlaams Belang, siègera à l'Assemblée du Conseil de l'Europe.
Photo: Libre de droits

Même si une nouvelle génération d’hommes a pris ses rênes au cours des dernières années, la capacité du Vlaams Belang à renoncer à ses pulsions racistes fait toujours débat. Pour le site d’information flamand «Apache», il reste lié à des organisations néonazies et recèle en ses rangs des personnalités qui ont collaboré autrefois avec le IIIe Reich.

Pas d'indignation

C’est aussi, il faut le rappeler, en débauchant Dries Van Langenhove, le leader de l’organisation extrémiste Schild and Vriend, que le Vlaams Belang a capté un nombre important de voix au sein de la jeunesse flamande lors du scrutin du 26 mai dernier. En juin, le même Dries Van Langenhove a été inculpé pour infraction aux lois sur le racisme, le négationnisme et les armes.

Dries Van Langenhove, le leader de l’organisation extrémiste Schild and Vriend siégera également au Conseil de l'Europe.
Dries Van Langenhove, le leader de l’organisation extrémiste Schild and Vriend siégera également au Conseil de l'Europe.
Photo News

La présence de Tom Van Grieken au sein du Conseil de l’Europe, une organisation internationale chargée de veiller au respect de la Convention européenne des droits de l’homme, des principes démocratiques et de la primauté du droit, aurait pu soulever une vague d’indignation parmi ses adversaires politiques. Il n’en a rien été.

Migration

Et pour cause: cette nomination se borne à traduire le poids acquis par le Vlaams Belang au Parlement belge. Le risque serait par ailleurs qu’en se rebiffant, les autres partis ne le victimisent davantage aux yeux de l’opinion publique.

Cet épisode n’a rien d’isolé. Le 10 juillet dernier, le député Vlaams Belang, Ortwin Depoortere, s’est assis à la présidence de la commission Intérieur de la Chambre. A nouveau, le poids électoral du Belang lui a ouvert des portes inespérées. C’est en commission Intérieur que se discutent en effet les dossiers relatifs à la migration, un thème sur lequel le Vlaams Belang fait en permanence campagne sur fond de xénophobie.

Photo: Capture écran Youtube

Les nominations de parlementaires issus de l’extrême droite à des postes en vue ne sont que la conséquence des règles électorales en vigueur. Mais, font valoir les partis adverses, ce mécanisme n’occulte en rien les liens que tissent la N-VA de Bart De Wever et le Vlaams Belang de Tom Van Grieken dans le travail parlementaire journalier. C’est ainsi que les deux partis ont uni leurs efforts ces dernières semaines pour tenter d’emporter la décision dans plusieurs dossiers, notamment budgétaires.


A la jonction des extrêmes
Les élections du 26 mai dernier ont été marquées par le succès de deux partis a priori diamétralement opposés. Au nord, le Vlaams Belang et ses ultranationalistes flamands. Au sud, les communistes wallons du Parti du travail de Belgique (PTB).

La Belgique doit-elle se résoudre à vivre avec une extrême droite banalisée? Et, à terme, voir se dissoudre le cordon sanitaire qui a maintenu jusqu’ici le Vlaams Belang à l’écart des exécutifs? Une coalition entre la N-VA et le Belang pour la formation du prochain gouvernement flamand reste aujourd’hui dans l’ordre des possibilités, même si une alliance plus classique entre nationalistes,  chrétiens-démocrates et libéraux devrait l’emporter.

Balbutiements

Quand? C’est bien là la question. Car Bart De Wever a lié la formation du gouvernement flamand à celle du fédéral, faisant ainsi comprendre aux autres partis du nord du pays qu’ils auraient des comptes à rendre s’ils venaient à se fourvoyer avec les socialistes francophones.

Ce lundi, 29 juillet, les informateurs royaux feront rapport sur l’état d’avancement des négociations qui doivent mener à la formation du prochain gouvernement  belge. On peut sans risque avancer qu’elles en restent pour l’instant aux balbutiements.

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