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Les populistes s'imposent en Belgique et en France
International 10 4 min. 27.05.2019 Cet article est archivé

Les populistes s'imposent en Belgique et en France

Jordan Bardella, tête de liste du Rassemblement national, célèbre le résultat de son parti qui arrive en tête de ces élections européennes, comme en 2014.

Les populistes s'imposent en Belgique et en France

Jordan Bardella, tête de liste du Rassemblement national, célèbre le résultat de son parti qui arrive en tête de ces élections européennes, comme en 2014.
Photo: AFP
International 10 4 min. 27.05.2019 Cet article est archivé

Les populistes s'imposent en Belgique et en France

Avec un peu de plus de 23% des suffrages, le Rassemblement de Marine Le Pen apparaît comme le premier parti lors de ces élections européennes dans l'Hexagone. Le royaume, lui, enregistre une percée du Vlaams Belang.

(AFP avec Jmh)

France Le Rassemblement national (RN) de Marine Le Pen est arrivé en tête dimanche des élections européennes en France, avec 23,31% des voix, devançant légèrement la liste soutenue par le président Emmanuel Macron (22,41%), qui échoue dans son objectif de remporter le scrutin, selon les résultats définitifs, avec une troisième place surprise pour les écologistes. 

La première surprise de ce scrutin, le premier depuis le début du quinquennat, a été la participation nettement plus forte qu'attendu malgré une campagne atone. Le nombre d'électeurs s'élèverait selon les instituts de sondage entre 51% et 54%, soit sept à dix points de plus que lors du dernier scrutin de 2014. Selon les différentes estimations à 20h, le mouvement d'extrême droite et sa tête de liste Jordan Bardella obtiendraient entre 23 et 24,2% des suffrages, proche de son score des européennes de 2014 (24,9%). 

La liste Renaissance pro-Macron menée par l'ex-ministre Nathalie Loiseau est elle créditée de 21,9% à 23%, légèrement en deçà du résultat d'Emmanuel Macron au premier tour de la présidentielle (24,01%). - Surprise écolo - Ce duo de tête, le même qu'en 2017, devance nettement les autres listes. Mais les écologistes d'Europe Ecologie-Les Verts sont la principale surprise du scrutin, en arrivant troisièmes selon les instituts, entre 12 et 12,7%. Autre surprise de taille: les Républicains emmenés par François-Xavier Bellamy obtiennent leur pire score de l'histoire de la droite, tombant sous la barre des 10% (8% à 9%), très loin du score de l'UMP en 2014 (20,81%). 

L'échec est cinglant également pour la liste de la France Insoumise (LFI) emmenée par Manon Aubry, qui navigue selon les estimations entre 6 et 7%, très loin du score réalisé par Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle (19,58%). Quant à l'alliance Parti-Socialiste-Place Publique menée par Raphaël Glucksmann, elle recueille également entre 6 et 7%, là aussi son plus mauvais score à des européennes, mais qui lui permet néanmoins de garder des eurodéputés. Les autres listes ont obtenu moins des 5% nécessaires pour envoyer des représentants au Parlement européen. Un nombre record de 34 listes, dont deux listes issues des «gilets jaunes», concouraient à cette élection qui renouait avec une circonscription nationale unique.

Belgique  Le morcellement du paysage politique belge s'est accentué dimanche à l'occasion des élections législatives, laissant augurer de longues tractations pour former le futur gouvernement. Outre leurs 21 eurodéputés, les Belges votaient dimanche pour élire des centaines de députés régionaux et nationaux. Et trois heures après la fin du vote en Flandre, le nord néerlandophone de la Belgique, le parti d'extrême droite Vlaams Belang était crédité de 18%, selon des résultats partiels (40% des bureaux). 

Un score trois fois plus élevé par rapport aux 6% de mai 2014, qui en ferait la deuxième force politique de la région belge la plus peuplée. Si la tendance se confirmait, «ça montrerait que la Belgique n'est pas épargnée par la montée en puissance de populismes extrémistes», a commenté le Premier ministre Charles Michel sur la chaîne publique francophone RTBF. Le retour en force du Vlaams Belang (VB, ex-Vlaams Blok), qui avait déjà atteint les 24% en Flandre en 2004, se fait notamment au détriment des nationalistes flamands de la N-VA, qui avec 27% reculent de cinq points par rapport à 2014. 

Ces derniers pourraient payer le fait d'avoir mis entre parenthèses leur credo séparatiste en exerçant le pouvoir au niveau national de 2014 à 2018, alliés aux libéraux et aux chrétiens-démocrates flamands. Le regain de santé du VB est aussi dû à «la rhétorique antimigrants de la N-VA» depuis la crise des réfugiés de 2015, a-t-on jugé à gauche. «La N-VA n'a eu de cesse d'inoculer le virus de la haine», a fustigé Ahmed Laaouej, un des ténors du PS. «Aujourd'hui, le cordon sanitaire doit être rompu», a souhaité de son côté Filip Dewinter, une des figures du VB, signifiant ainsi à la N-VA son désir d'être associé au pouvoir dans la région. 

Dans les deux autres régions, Bruxelles et la Wallonie, le sud francophone, c'est la gauche qui devrait être en mesure de former des majorités. Mais le Parti socialiste pourrait devoir partager les rênes de l'exécutif dans la capitale avec Ecolo, qui doublerait son score en dépassant les 20%, d'après les premiers résultats. - 541 jours sans gouvernement - En Wallonie, le PS, la première force régionale, serait affaibli cette fois par la percée du Parti du Travail (extrême gauche), qui flirterait avec les 7%. «L'indication la plus frappante (du scrutin), c'est la progression des extrêmes», a déclaré à la chaîne RTL le ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders, du même parti libéral que le Premier ministre. 

Conséquence : la constitution d'un gouvernement fédéral s'appuyant sur une coalition majoritaire à la Chambre pourrait s'avérer très compliquée. Les Belges ont tous en tête un record qu'ils ne veulent pas battre. Entre mi-2010 et décembre 2011, leur pays avait vécu 541 jours sans gouvernement de plein exercice. 



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