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Les hôpitaux belges sous tension maximale
International 3 min. 03.11.2020 Cet article est archivé

Les hôpitaux belges sous tension maximale

Face à la saturation des hôpitaux, des tentes «covid» sont plantées sur les parkings pour y soigner les cas les moins sévères.

Les hôpitaux belges sous tension maximale

Face à la saturation des hôpitaux, des tentes «covid» sont plantées sur les parkings pour y soigner les cas les moins sévères.
Photo: AFP
International 3 min. 03.11.2020 Cet article est archivé

Les hôpitaux belges sous tension maximale

Max HELLEFF
Max HELLEFF
La phase d’urgence la plus élevée est enclenchée pour tenter de contrer la saturation des établissements hospitaliers. Une lueur d'espoir est toutefois perceptible.

De notre correspondant, Max Helleff (Bruxelles) - Les mesures sanitaires décrétées en Belgique le 16 octobre dernier sont-ell­­es en train de porter leurs fruits ? La question est posée alors que, depuis plusieurs semaines, la courbe des hospitalisations et des entrées en soins intensifs ne cessait de grimper. Or, depuis quelques jours, on note un ralentissement : les admissions à l’hôpital de malades atteints du covid doublent tous les 14 jours, et non plus tous les huit jours comme la semaine dernière. Une tendance semblable est perceptible dans les soins intensifs.

La situation reste toutefois des plus préoccupantes. Quelque 7.000 malades atteints par le virus sont alités dans les hôpitaux du pays. 1223 d’entre eux sont en soins intensifs. Le nombre d’entrants reste pour l’instant supérieur à celui des personnes guéries ou renvoyées chez elles. Le nombre de décès s’établit en moyenne à 113 par jour.


(L-R) Belgium's Vice-Prime Minister and Public Health and Social Affairs minister Frank Vandenbroucke, German Community Minister President Oliver Paasch, Brussels Region Minister-President Rudi Vervoort, Walloon Minister President Elio Di Rupo, Prime Minister Alexander De Croo, Flemish Minister President Jan Jambon and Federation Wallonia - Brussels Minister President Pierre-Yves Jeholet give a press conference following a meeting of the consultative committee with ministers of the Federal government, the regional governments and the community governments, focused on the Covid-19 (novel coronavirus) outbreak, in Brussels, on October 30, 2020. - Belgium, the country with by some measures the world's worst coronavirus outbreak, will impose tighter lockdown rules from November 2, closing non-essential businesses and restricting household visits. (Photo by Philip REYNAERS / BELGA / AFP) / Belgium OUT
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En septembre dernier, la pandémie frappait davantage la Flandre et plus particulièrement la province d’Anvers. Un vaste centre de dépistage avait été construit illico auprès de la cité portuaire. Dorénavant,  les admissions les plus nombreuses sont enregistrées dans les provinces de Liège et du Hainaut, ainsi que dans la Région de Bruxelles-Capitale, soit au total la moitié des hospitalisations. Certains hôpitaux ont dû recourir à l’armée pour faire face à cet afflux. Des tentes «covid» sont plantées sur les parkings pour y soigner les cas les moins sévères. Face à la saturation, les transferts entre hôpitaux se multiplient.

Même minime, la récente baisse du nombre d’hospitalisations est un motif d’espoir, susceptible de donner raison à ceux qui ont voulu attendre avant de se prononcer que deux semaines s’écoulent  (l’incubation du virus peut atteindre 15 jours) après les mesures anticovid du 16 octobre. Ce jour-là, le Premier ministre Alexander De Croo a annoncé la fermeture de tous les établissements Horeca (cafés, restaurants) et l’instauration d’un couvre-feu de minuit à 5 heures. 


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Une semaine plus tard, il serrait de nouveau la vis, en claquemurant un peu plus les secteurs culturels et sportifs. Mais pas assez au goût des autorités régionales wallonnes et bruxelloises qui assistaient à la dangereuse montée des admissions dans les hôpitaux du sud du pays. Elles avaient aussitôt allongé l’interdiction d’accès à l’espace public de 22 à 6 heures du matin et fait passer majoritairement l’enseignement supérieur en distanciel.

Difficile de désigner dans cette litanie de mesures celles qui feront vraiment mouche demain. D’autant que le pays s’est un peu plus calfeutré ce lundi, en fermant certains commerces, en restreignant davantage la «bulle sociale» et en rendant cette fois le télétravail obligatoire.

Quoi qu’il en soit, les hôpitaux se préparent au pire. Depuis ce lundi, ils ont commencé à passer en «phase B», le plus haut niveau d’urgence. 2.800 lits devraient être dédiés à terme aux seuls soins intensifs.


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Mais encore faut-il trouver les bras disponibles pour accompagner cette montée en puissance logistique. La Belgique ne forme pas assez d’infirmiers et d’infirmières, un métier exigeant et insuffisamment payé. Ces conditions ont poussé de nombreux professionnels à quitter le métier au cours des deux dernières décennies. 

La situation se complique également dans de nombreuses maisons de repos avec l’apparition de dizaines de «clusters» d’infection. Plusieurs établissements manquent de bouteilles d’oxygène pour leurs résidents malades. Plus de la moitié des décès de la première vague avaient été enregistrés dans les séniories et les homes.

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