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Les Gilets jaunes mobilisés en France pour le 3e mois du mouvement
International 4 2 4 min. 16.02.2019

Les Gilets jaunes mobilisés en France pour le 3e mois du mouvement

A Paris, les Gilets jaunes étaient près de 3.000 ce samedi

Les Gilets jaunes mobilisés en France pour le 3e mois du mouvement

A Paris, les Gilets jaunes étaient près de 3.000 ce samedi
AFP
International 4 2 4 min. 16.02.2019

Les Gilets jaunes mobilisés en France pour le 3e mois du mouvement

Trois mois de manifestations, un début de lassitude dans l'opinion mais une mobilisation persistante: les «gilets jaunes» défilaient samedi dans plusieurs villes de France pour l'acte 14 et continuaient de défier le gouvernement.

(ChB avec AFP) -  Pour les trois mois de leur mouvement, les «gilets jaunes» ont également réinvesti les ronds-points en Meurthe-et-Moselle, notamment à Pont-à-Mousson ou Essey-lès-Nancy.


Le mouvement des "gilets jaunes"
La grogne est montée d'un cran en 2018 en France avec l'émergence du mouvement dit des "gilets jaunes", des citoyens qui ont décidé de protester contre la hausse prévue des taxes sur le carburant, finalement abandonnée par le gouvernement.

A Thionville, 350 manifestants se sont rassemblés dès 13h30 place de la Liberté en plein centre-ville avant de prendre le chemin du Linkling en passant par Belair. Ils ont été rejoints par une centaine de personnes au fil de la marche qui s'est déroulée dans le calme.  

Nos confrères du Républicain Lorrain ont tourné ces quelques images, au moment du blocage du rond-point du centre commercial Geric qui a duré une quinzaine de minutes:

D'autres manifestations rassemblant d'une centaine à un millier de personnes se sont tenues à Caen, Grenoble, Strasbourg, Alençon, Rennes ou au Mans. «Les démonstrations de violence (lors des manifestations) doivent cesser», avait exhorté mercredi le chef de l'Etat Emmanuel Macron, dont les cortèges réclament régulièrement la démission.

3.000 personnes à Paris

A Paris, traditionnelle place forte de la contestation, une foule compacte de plusieurs milliers de personnes rejoignait l'esplanade des Invalides dans l'après-midi après avoir marché dans un calme relatif depuis les Champs-Elysées, a constaté une journaliste de l'AFP.


French gendarmes stand next to a graffiti reading 'the power to the people' as they face protesters near the National Assembly in Paris, on February 9, 2019 during the 13th consecutive Saturday of demonstrations called by the 'Yellow Vests' (Gilets Jaunes) movement. - The 'Yellow Vest' (Gilets Jaunes) movement in France originally started as a protest about planned fuel hikes but has morphed into a mass protest against French President's policies and top-down style of governing. (Photo by Zakaria ABDELKAFI / AFP)
Un Gilet jaune a la main arrachée par une grenade
Un manifestant présent dans le cortège parisien des «gilets jaunes» ce samedi a eu une main arrachée, à hauteur de l'Assemblée nationale, où de vives tensions ont eu lieu.

A 14 heures, le ministère français de l'Intérieur dénombrait 10.200 manifestants dont 3.000 à Paris, des chiffres en recul par rapport à la semaine précédente mais régulièrement contestés par les «gilets jaunes».

«On est 15.000, ça veut dire que le mouvement redouble», a affirmé à l'AFP Jérôme Rodrigues, présent dans le cortège et devenu un symbole des violences policières depuis qu'il a perdu un oeil fin janvier place de la Bastille.

Le grand débat? «De la poudre aux yeux» 

Malgré quelques brefs épisodes de tensions, le cortège parti de la Place de l'Etoile vers 11 heures a marché dans la capitale sous un grand soleil et sans incident majeur, aux cris de «Tout le monde déteste la police» ou «Castaner nique ta mère».

«On a fait presque toutes les manifs. On voit bien que le service public se casse la gueule», explique Marion, infirmière à La Courneuve (Seine-Saint-Denis), qui qualifie de «poudre aux yeux» le grand débat lancé par Emmanuel Macron.

Les vidéo 360 ne sont pas supportées. Voir la vidéo 360 dans l'app Youtube.

A Bordeaux, le cortège, parti des bords de la Garonne, rassemblait également plusieurs milliers de personnes, confortant la capitale de Nouvelle-Aquitaine comme l'un des bastions du mouvement malgré la crainte de nouveaux incidents.

«Beaucoup de gens ne viennent pas ou plus parce qu'ils voient les images, ils ont peur. J'ai plein d'amis qui préfèrent rester chez eux mais continuent toujours de soutenir le mouvement», dit Virginie, 42 ans, conseillère dans la grande distribution, qui a parcouru 50 km pour venir. 

Première fois pour Nicole 66 ans, venue de Saint-Genès-de-Fronsac (Gironde). Malgré la «peur de la foule, d'être blessée», elle tient à manifester parce «s'en prendre aux petites retraités, c'est terrible».

«Ca n'a pas commencé sous Macron, mais avant, sous Sarkozy, Hollande. Moi en cinq ans, ma retraite elle a progressivement perdu 150 euros», dit-elle.

«Seule la mort nous arrêtera» 

Au moins 2.000 manifestants s'étaient rassemblés à Pontivy (Morbihan), le point de ralliement de la région Bretagne. Plusieurs milliers de «gilets jaunes» manifestaient également à Toulouse, autre bastion du mouvement, derrière une banderole clamant leur détermination: «Seule la mort nous arrêtera».

La manifestation nantaise, à laquelle ont pris part 1.600 manifestants selon une source policière, a été émaillée d'incidents avec des jets de peinture, de pavés, de bouteilles en verre et de fusées, tags sur la préfecture, selon celle-ci.

Tandis qu'à Lyon, plusieurs milliers de manifestants s'étaient rassemblés dans le centre, des «gilets jaunes» tentaient de bloquer le trafic sur l'autoroute A7 à la sortie sud de Lyon, provoquant des difficultés de circulation en ce weekend de chassé-croisé sur les routes.

Vers 16 heures, le trafic était interrompu dans le sens nord-sud, a constaté un journaliste de l'AFP et les pompiers étaient sur place, au niveau du musée des Confluences, pour éteindre un feu allumé sur l'une des contre-allées de l'autoroute.

56% des Français pour la fin du mouvement

Lancée le 17 novembre, cette contestation inédite pour le pouvoir d'achat voit le large soutien populaire dont elle bénéficiait s'effriter: pour la première fois, une majorité de Français (56%) souhaitent que la mobilisation s'arrête, selon un sondage Elabe diffusé mercredi.

Entre le gouvernement occupé à faire la promotion de son grand débat, pour tenter de sortir de la crise, et les manifestants qui dénoncent une consultation de façade, le dialogue de sourds se poursuit.

«Ce mouvement ne revendique plus rien», a estimé jeudi le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner. «Je ne vois pas pourquoi on s'arrêterait, on nous écoute pas», rétorque Chantal, porte-parole des «gilets jaunes» à Marseille.

A Paris notamment, la mobilisation doit se poursuivre dimanche pour le troisième mois, jour pour jour, du mouvement, avec une manifestation «déclarée et pacifique» qui doit défiler essentiellement sur la rive gauche.  


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TOPSHOT - Yellow vests (Gilets jaunes) protestors stand behind a burning barricade during a protest against rising oil prices and living costs as night falls on the Champs Elysees in Paris, on November 24, 2018. - Security forces in Paris fired tear gas and water cannon on November 24 to disperse protesters. Several thousand demonstrators, wearing high-visibility yellow jackets, had gathered on the avenue as part of protests which began on November 17, 2018. (Photo by Bertrand GUAY / AFP)