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Les gilets jaunes à Metz: "Ce n'est que le début"

Les gilets jaunes à Metz: "Ce n'est que le début"

Photo: Gerry Huberty/Luxemburger Wort
International 25 1 6 min. 17.11.2018

Les gilets jaunes à Metz: "Ce n'est que le début"

Sophie WIESSLER
Sophie WIESSLER
Ils étaient nombreux ce samedi à protester à travers le mouvement des "gilets jaunes" dans le Grand Est et notamment à Metz, où une large partie de l'autoroute A31 a été partiellement bloquée durant la journée. Nous étions dans la manifestation, découvrez notre reportage.

Le rendez-vous était donné entre 7 et 8 heures avec pour dress code: le fameux gilet jaune dont on entend parler depuis plusieurs semaines.

Et les Mosellans ont répondu présents, notamment aux abords de Metz mais aussi du côté de Thionville ou encore de St Avold où de nombreux mouvements ont pris forme tôt samedi matin.

Le préfet de Moselle, Didier Martin, évoquait chez nos confrères de France Bleu qu'une "trentaine d'opérations avaient eu lieu dans le département de la Moselle".

Ils étaient ainsi plusieurs centaines à bloquer la zac d'Augny, à 10km de Metz, où se concentrent plusieurs dizaines de magasins, qui ont finalement décidé en fin de matinée, de fermer leurs locaux, faute de clients.

Ces blocages ont également causé du grabuge du côté de l'A31, entre Metz et Nancy, où près de 30km de portion étaient complètement fermés à la circulation.

Nous étions aux côtés des manifestants pour comprendre leurs actions et vous faire part de l'ambiance en France ce samedi matin:

"C'est un ras-le-bol général"

Dans toutes les bouches, le même discours: "c'est un ras-le-bol général! On paie toujours, toujours plus et on ne peut plus vivre", explique un retraité venu avec son épouse. "Je suis à découvert de plus de 400 euros tous les mois, c'est ça la France?!", s’exclame-t-il, approuvé d'un mouvement de tête par ses consœurs en gilets jaunes.

Nombreux sont ceux qui brandissent également des pancartes "on est pas là pour se faire CASTAgNER" ou encore "marre des taxes", "tous citoyens, tous concernés".

Des drapeaux français ornent quelques voitures et certains ont même amené de quoi manger et se poser pour quelques heures.

"Le carburant, le fuel, les assurances, le gaz, les mutuelles... c'est une accumulation de taxes, de petites choses mises bout à bout qui nous amènent ici", souligne une jeune manifestante, en plein milieu de l'A31 déserte.

Pour beaucoup, ce samedi 17 novembre n'est que le début d'un mouvement d'une plus grande ampleur à venir. "Nous sommes là aujourd'hui oui, mais nous reviendrons et nous poursuivrons ce mouvement jusqu'à ce qu'on nous écoute et que des actions concrètes soient prises par notre gouvernement", martèle un manifestant, rappelant que le "peuple français sait se soulever" en faisant référence à la prise de la Bastille de 1789 et mai 68.

Quelques échauffourées

Si l'ambiance est plutôt bon enfant malgré la colère et la fraîcheur matinale du mois de novembre, quelques échauffourées ont tout de même eu lieu.

Certains automobilistes bloqués ont ainsi tenté de forcer les barrages mis en place, et ont fait part de leur mécontentement face à ce mouvement. "Je le soutenais mais là c'est pas possible, j'ai un rendez-vous et ils ne veulent pas me laisser passer..", soupire un homme quelque peu secoué et malheureusement insulté par certains manifestants.

L'exaspération était d'ailleurs plutôt palpable du côté des personnes bloquées, même si les manifestants ont laissé passer celles avec enfants et les services de secours.

Les manifestations étaient toujours en cours un peu partout en Moselle, et dans le reste de la France après 12h: on comptait plus de 50.000 manifestants dans tout le pays et un millier de rassemblements.




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