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Les étudiants en examen surveillés électroniquement
International 3 min. 28.04.2020 Cet article est archivé

Les étudiants en examen surveillés électroniquement

Deux logiciels surveilleront les étudiants durant les examens écrits, grâce à des photos prises via la webcam.

Les étudiants en examen surveillés électroniquement

Deux logiciels surveilleront les étudiants durant les examens écrits, grâce à des photos prises via la webcam.
Photo: Shutterstock
International 3 min. 28.04.2020 Cet article est archivé

Les étudiants en examen surveillés électroniquement

Max HELLEFF
Max HELLEFF
L'UCL Louvain, grande université francophone belge, va recourir à des logiciels anti-triche pour les examens sous confinement. Ses concurrentes parient sur la confiance.

De notre correspondant, Max Hellef (Bruxelles)  – La fermeture des auditoires universitaires en raison de la pandémie liée au coronavirus a renvoyé quelque 100.000 étudiants confinés face à une multitude de questions. Comment acquérir la matière à distance sans l’appui direct des professeurs et des assistants ? Comment payer son kot lorsque les pourvoyeurs de jobs étudiants doivent garder portes closes ? Et surtout comment se projeter dans l’avenir lorsqu’on ne sait pas quand on pourra disposer de son diplôme ?

A cette dernière question, les universités francophones belges viennent d’apporter leurs réponses. Après moult atermoiements, elles ont décidé qu’il n’y aurait plus de cours présentiels jusqu’à la fin juin mais que la session d'examens, elle, aurait bien lieu.


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«Outre l’aspect protecteur de la mesure, elle permet une planification sereine dans la continuité en évitant les problèmes d’un retour hypothétique, et à une date inconnue, vers l’enseignement en présentiel »,  précise le Conseil des recteurs francophones. Quant aux examens, toutes les universités « se fixent comme but de clôturer le deuxième quadrimestre, en ce compris les évaluations, sans déroger significativement au calendrier initialement prévu ».

Un but commun aux universités donc, mais des modus operandi différents. L'UCLouvain et sa cousine l’université Saint-Louis de Bruxelles ont ainsi décidé de recourir à des «modes d’évaluation efficaces»… qui les protégeraient aussi de la triche estudiantine. Car la tentation sera grande que, seul dans sa chambre, l’étudiant ne passe son examen avec le syllabus sur les genoux.

Testwe et Wiseflow sont les deux logiciels appelés à surveiller les étudiants durant les examens écrits, grâce à des photos prises via la webcam. En cas de suspicion, elles pourront être visualisées et d’éventuelles malversations repérées.

Assurer des «examens équitables»

Voilà pour la théorie. En pratique, on voit mal comment il pourrait être possible sur le plan légal de prouver qu’une attitude jugée suspicieuse traduit effectivement une tentative de tricherie. Et si une telle accusation devait être portée, quel recours aurait l’étudiant concerné ? La réponse à ces questions tient du défi. Quant à la protection de la vie privée, l’UCLouvain assure  que « le dispositif respecte le RGPD  ».

A contrario, les autres universités francophones préfèrent parier sur la confiance. L’université libre de Bruxelles estime que les mouchards électroniques ne garantissent en rien que les étudiants ne frauderont pas. Elle estime en outre que la méthode ne correspond pas à sa culture et encourage ses enseignants à poser des questions appelant des réponses élaborées et créatives, que l’usage de copions ne pourrait résoudre.


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Dans les colonnes du Soir, un conseiller au rectorat néolouvaniste se défend : «L’objectif premier des logiciels (anti-triche) n’est pas de lutter contre la fraude. Il s’agit avant tout de proposer des examens de qualité et équitables ; la surveillance permet à l’enseignant de poser des questions plus riches, similaires à celles qu’il poserait en auditoire. »

Entre ces deux pôles, chacun a ses méthodes. L’UNamur demande ainsi à ses enseignants d’explorer des modalités de contrôle alternatives et veut faire signer aux étudiants une charte où ils s’engageront à passer leurs examens en toute honnêteté. L’ULiège est sur la même longueur d’ondes. Ici aussi, une charte, et pas de recours à des systèmes d’espionnage électroniques qui renvoient, selon certains, à l’univers de George Orwell.

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