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Les Etats-Unis payent toujours le prix des conséquences du 11 septembre
International 3 min. 14.03.2012 Cet article est archivé

Les Etats-Unis payent toujours le prix des conséquences du 11 septembre

Les Etats-Unis payent toujours le prix des conséquences du 11 septembre

Photo: AP
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Les Etats-Unis payent toujours le prix des conséquences du 11 septembre

Oussama ben Laden est mort sans avoir réalisé son objectif de saigner l'Amérique économiquement jusqu'à la «faillite» mais dix ans après les attentats du 11-Septembre, les Etats-Unis n'en finissent pas de payer le prix des conséquences de ces attaques.

Oussama ben Laden est mort sans avoir réalisé son objectif de saigner l'Amérique économiquement jusqu'à la «faillite» mais dix ans après les attentats du 11-Septembre, les Etats-Unis n'en finissent pas de payer le prix des conséquences de ces attaques.

Afghanistan, octobre 2001, puis Irak, mars 2003: au nom de la guerre contre le terrorisme le président George W. Bush lançait l'armée américaine sur deux théâtres d'opérations où elle allait rester durablement, gonflant considérablement le budget du Pentagone.

En quelques années, la part du ministère de la Défense dans les dépenses fédérales est passée de 16% à 20%. Les missions coûteuses que M. Bush lui a assignées ont été prolongées par son successeur, Barack Obama.

Il n'y a pas eu que l'Afghanistan et l'Irak. La menace terroriste a permis au Pentagone de maintenir des programmes de sécurité hérités de la Guerre froide et d'en lancer une multitude d'autres avec des résultats plus ou moins visibles.

Guerres sans financement et baisses d'impôts

Guerres sans financement et baisses d'impôts: sous M. Bush, ce cocktail a dopé la dette publique avant même que les mesures mises en œuvre après 2007 pour lutter contre la crise économique et financière et pour relancer l'activité ne viennent aggraver encore la situation budgétaire.

Dans une vidéo diffusée en mars 2004, le chef d'Al-Qaïdah avait indiqué qu'il appliquait vis-à-vis des Etats-Unis les mêmes méthodes que celles des moudjahidines - alors financés par Washington - contre les Soviétiques pendant la guerre d'Afghanistan.

«Nous poursuivons cette stratégie en saignant l'Amérique jusqu'au point où elle se retrouvera en faillite», déclarait-il.

Coût de l'attentat contre les tours jumelles: 100 milliards de dollars

A court terme, le seul coût de l'attentat contre les tours jumelles à New York s'est élevé à environ 100 milliards de dollars, selon l'Institute for the Analysis of Global Security, qui a compilé emplois perdus, recettes fiscales évaporées, destructions, déblaiement, nettoyage...

Selon ce centre, le coût de la reconstruction sur les lieux du World Trade Center est estimé entre 3 et 4,5 milliards de dollars, et la réparation des dégâts infligés au bâtiment du Pentagone a coûté 1 milliard.

Pour les Etats-Unis, le coût financier de la riposte aux attentats a été cependant beaucoup élevé que celui des attaques elles-mêmes.

L'institut de recherches sur les relations internationales de la Brown University situe le coût des guerres en Irak et Afghanistan entre 3.200 et 4.000 milliards de dollars pour l'Etat fédéral.

Cela représente entre 40 et 49% de l'augmentation de la dette publique, passée d'environ 6.800 milliards de dollars, le 11 septembre 2001 à plus de 14.000 milliards aujourd'hui.

Un économiste, Ryan Edwards, a estimé dans une étude publiée en juin que sans guerres, le ratio de la dette publique rapporté au produit intérieur brut serait de 9 ou 10 points plus bas qu'aujourd'hui, où il avoisine 100%.

«Les dépenses de guerre sont des mesures de relance dans une certaine mesure, mais quand elles sont financées par les déficits et l'emprunt, les avantages ne semblent pas valoir les coûts», concluait-il.

Les économistes Linda Bilmes et Joseph Stiglitz vont plus loin en affirmant que la panique financière de 2008 dans la foulée de la crise des crédits immobiliers à risque américains a été «due en partie au moins, à la guerre».