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Les écologistes wallons en plein bras de fer
International 2 min. 09.08.2019

Les écologistes wallons en plein bras de fer

Les Verts wallons essayent-ils de bloquer volontairement leur participation au prochain gouvernement wallon?

Les écologistes wallons en plein bras de fer

Les Verts wallons essayent-ils de bloquer volontairement leur participation au prochain gouvernement wallon?
Photo: Shutterstock
International 2 min. 09.08.2019

Les écologistes wallons en plein bras de fer

Les Verts demandent que le prochain gouvernement wallon «abaisse le droit de vote à 16 ans au niveau local», qu’il protège les lanceurs d’alerte ou encore qu’il «encadre le lobbying à l’égard des autorités politiques».

Max HELLEFF (Bruxelles) -  Pour les négociateurs wallons, la partie n’a rien de simple. En juillet dernier, la tentative de former un gouvernement «progressiste» alliant le PS, Ecolo et d’autres députés prêts à tenter l’aventure (le « Coquelicot ») a échoué.

Faute d’obtenir une majorité au parlement wallon, Rouges et Verts n’ont eu d’autre choix que de se tourner vers les libéraux. Problème : il y a un abîme entre la société qu’imagine un Charles Michel et celle dont rêvent les écologistes.


Le parti socialiste d’Elio Di Rupo et les écologistes de Jean-Marc Nollet ont fait cause commune. En vain pour l'heure.
Le «coquelicot» wallon s'est fané
Faute d'avoir réussi à débaucher des soutiens dans les autres partis, socialistes et écologistes sont condamnés à s'allier aux libéraux.

Pour Ecolo, le moment est pourtant crucial. S’il refuse de monter au gouvernement wallon, le parti vert décevra ceux qui l’ont sollicité dans l’espoir de voir advenir une autre politique. S’il s’allie au contraire aux socialistes et aux libéraux, il risque très vite d'être leur faire-valoir. 

Chacun sait par ailleurs qu'au niveau fédéral où le blocage est total, le risque d'élections anticipées n'est pas nul.

Sortir du plastique

Pour sortir de cette quadrature du cercle, les Verts wallons font aujourd’hui assaut de nouvelles exigences. Ils veulent, par exemple, bannir tous les plastiques à usage unique « pour lesquels il existe une alternative » d’ici 2022,  lancer une stratégie « Sortie du plastique» à l’horizon 2030, ou encore décourager les incinérateurs tout en privilégiant la biométhanisation des déchets organiques.

Les Verts ne s’en tiennent pas seulement à cette approche périphérique de l’écologie. Ils entendent à l’avenir imposer aux petites et moyennes entreprises des critères de développement durable (qualité de l’emploi et réduction des gaz à effet de serre).

Verdir plus vite

Les fédérations industrielles devront «décarboner en profondeur leurs processus de fabrication». La production d’électricité d’origine renouvelable et le «gaz renouvelable» seront subsidiés. La qualité de l’eau sera améliorée. L’agriculture wallonne sera orientée vers une transition agroécologique, etc.

De telles initiatives sont censées permettre à la Wallonie de verdir à un rythme accéléré.

Taxes en vue

Cette stratégie a son public. Le 26 mai dernier, l’électeur a fait d’Ecolo le troisième parti wallon, mettant ainsi en avant l’urgence environnementale. Le précédent gouvernement libéral-humaniste s’était lui-même engagé dans cette voie, en mettant en place des zones de basses émissions. 

Mais il reste que la multiplication des solutions proposées par Ecolo risque de braquer ses partenaires potentiels dans la mesure où celles-ci impliquent de gros investissements, et donc des taxes.

Un choix délibéré

Quel sort sera réservé à ce nouvel arsenal de propositions? A priori, socialistes et libéraux pourraient gouverner seuls, les deux partis totalisant 43 des 75 députés wallons. Fermer la porte à Ecolo signifierait toutefois pour le PS la fin de tout espoir de former un gouvernement plus progressiste. Et la perspective assurée de mener une politique socio-économique dont une partie de l’opinion publique ne veut plus

 A moins qu’en cognant fort, les écologistes n’aient délibérément choisi de se mettre en dehors de la négociation. Ils auront ainsi au moins sauvé la face…


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