Changer d'édition

Les écoles francophones belges en guerre contre le harcèlement
International 3 min. 18.11.2022
Enseignement

Les écoles francophones belges en guerre contre le harcèlement

On estime qu'en Fédération Wallonie-Bruxelles, un enfant sur trois est ou a été victime de harcèlement scolaire.
Enseignement

Les écoles francophones belges en guerre contre le harcèlement

On estime qu'en Fédération Wallonie-Bruxelles, un enfant sur trois est ou a été victime de harcèlement scolaire.
Photo: Shutterstock
International 3 min. 18.11.2022
Enseignement

Les écoles francophones belges en guerre contre le harcèlement

Max HELLEFF
Max HELLEFF
De nouvelles mesures sont mises en place pour combattre un fléau qui touche un élève sur trois.

De notre correspondant MAX HELLEFF (Bruxelles).

Les histoires se suivent et se ressemblent. Il y est souvent question du physique ou de traits ethniques. Elles envahissent Facebook, Instagram, Tik Tok… Elles se font à ce point virales qu'elles peuvent rendre la vie insupportable à ceux et celles qui sont visés. Jusqu'au suicide. Le harcèlement est devenu un fléau dans de nombreuses écoles belges. On estime qu'un enfant sur trois a été ou est impliqué dans une telle situation.


Au total, 11.513 professeurs enseignent dans les établissements scolaires publics du pays.
«L'exode des enseignants belges au Luxembourg? Une réalité»
Plusieurs centaines d'enseignants de la province belge de Luxembourg ont manifesté à Namur. Outre une pénibilité accrue du travail accentuée par la pénurie de personnel, ces derniers dénoncent également les départs massifs d'enseignants belges pour le Luxembourg.

Pour le combattre, la Fédération Wallonie-Bruxelles vient de valider un programme de prévention à destination des écoles. Le «décret relatif au climat scolaire et à la prévention du harcèlement et du cyberharcèlement scolaire» s'inscrit aux côtés de mesures déjà en place, mais jugées insuffisantes.

Pour la ministre francophone de l’Education, la socialiste Caroline Désir, «la situation actuelle ne répond plus à aucun besoin, quel que soit l'acteur considéré : élève ou parent, directeur et enseignant, pouvoir régulateur, services connexes à l’école et opérateurs externes. Il y a donc un véritable enjeu à proposer une politique d’action plus structurelle et plus durable». Ce combat passe en priorité par l'amélioration du climat scolaire, le harcèlement étant souvent fonction de l'atmosphère qui règne dans l’école.

Un référent «harcèlement»

Parmi les moyens mis en place, on note la création d'un observatoire du climat scolaire, lequel jouera le rôle de veille permanente et fournira les outils pédagogiques nécessaires. Il est aussi question d'un programme qui passera par la désignation d'un référent «harcèlement» et la formation de tous les membres du personnel, la mise en place d'une cellule d'intervention, la régulation des cours de récréation. Les 200 écoles retenues (sur 2.500) auront droit à un accompagnement personnalisé mené par un opérateur extérieur agréé et rémunéré par la Communauté française. Bref, il s'agit de professionnaliser la prise en charge des victimes. Coût : 2,6 millions d'euros par an.

Par ailleurs, toutes les écoles francophones devront réviser leur règlement d'ordre intérieur en y intégrant une procédure de signalement des cas de harcèlement. Des programmes de prévention validés sur le plan international (Kiva, Zéro et Visc) seront proposés à tous les établissements scolaires.

De nouveaux rythmes

Cela suffira-t-il à améliorer le climat dans les écoles et à y éteindre le feu du harcèlement ? Les promoteurs du texte de loi veulent y croire.


schule
Prof, un job en pénurie sévère
L’enseignement francophone belge fait face comme jamais à un manque de vocations

D'autant que l'environnement scolaire francophone a changé depuis la rentrée. Ces vacances d'automne (Toussaint) ont permis d'expérimenter les nouveaux rythmes auxquels enseignants et élèves doivent se conformer. Sept semaines de cours suivi de, non plus une semaine, mais deux semaines de congés. La nouvelle formule est largement applaudie, bien que tous les parents ne disposent pas de facilités pour faire garder leurs enfants. L'industrie touristique se montre ravie, car ces nouvelles dispositions combinées à des conditions climatiques clémentes ont permis de faire rentrer les recettes.

Les élèves eux aussi sont ravis. La ministre Désir précise de surcroît que les écoles ne peuvent organiser d'interrogations, contrôles ou examens durant la première semaine de cours qui suit une période de vacances. Elle a, dit-elle, chargé son administration de «faire une piqûre de rappel aux écoles»,  ceci afin d'éviter que le congé ne se transforme en période de blocus. Les épreuves formatives - qui permettent à l'élève de savoir où il en est – sont en revanche autorisées tout comme les devoirs et travaux à réaliser durant les périodes de vacances scolaires.

Suivez-nous sur Facebook, Twitter et abonnez-vous à notre newsletter de 17h.


Sur le même sujet