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Les difficultés qui attendent Boris Johnson
International 3 min. 24.07.2019 Cet article est archivé

Les difficultés qui attendent Boris Johnson

Au palais de Buckingham, Boris Johnson a accepté l'offre de sa majesté et lui a embrassé la main lors de son investiture comme Premier ministre.

Les difficultés qui attendent Boris Johnson

Au palais de Buckingham, Boris Johnson a accepté l'offre de sa majesté et lui a embrassé la main lors de son investiture comme Premier ministre.
Photo: AFP
International 3 min. 24.07.2019 Cet article est archivé

Les difficultés qui attendent Boris Johnson

Brexit, crise iranienne, faible majorité parlementaire, incertitudes économiques: voici quelques-unes des difficultés auxquelles celui qui a été nommé Premier ministre britannique ce mercredi après-midi devra faire face.

(AFP) Brexit : Il s'agit du grand dossier qui attend en premier lieu Boris Johnson qui vient d'être désigné ce mercredi comme successeur de Theresa May au 10, Downing Street. Le débat empoisonne la vie politique du Royaume-Uni depuis le référendum de 2016 mais l'ancien maire de Londres a promis qu'il ferait sortir son pays de l'UE le 31 octobre 2019. 

«Nous avons hâte de travailler de façon constructive avec le Premier ministre Boris Johnson», a réagi Michel Barnier, le négociateur de l'UE. Toutefois, si les dirigeants de l'UE sont «prêts à retravailler la déclaration sur le nouveau partenariat» entre le Royaume-Uni et l'UE après le Brexit, ils s'opposent à une réouverture de négociations sur l'Accord de retrait. 

A peine arrivé au 10, Downing street, le Premier ministre Boris Johnson a rappelé son intention de sortir le Royaume-Uni de l'Union européenne.
A peine arrivé au 10, Downing street, le Premier ministre Boris Johnson a rappelé son intention de sortir le Royaume-Uni de l'Union européenne.
Photo: AFP

Celui-ci établit les conditions du divorce, en particulier le «filet de sécurité» controversé permettant d'éviter le rétablissement d'une frontière physique entre l'Irlande et la province britannique d'Irlande du Nord. Or, pour Boris Johnson, ce «backstop» est inacceptable.

Vers un vote de défiance?

Le Parti conservateur de Boris Johnson compte 310 sièges à la Chambre des Communes. De fait, le Premier ministre ne dispose de la majorité absolue qu'avec l'appoint des dix députés du petit parti unioniste nord-irlandais DUP. Cette courte majorité (de deux sièges) est d'autant plus fragile que plusieurs députés conservateurs ont prévenu qu'ils s'opposeraient à un «no deal» si le nouveau Premier ministre s'engageait dans cette direction. 

Ils pourraient alors être tentés de s'allier à l'opposition qui envisage d'organiser un vote de défiance, plus probablement après les vacances parlementaires qui commencent jeudi soir. Un tel vote serait encore plus probable si Boris Johnson essayait de suspendre le Parlement pour se passer du feu vert des députés sur un "no deal" et pourrait déclencher des élections législatives anticipées. 

Craintes pour l'économie

 Le Royaume-Uni devrait entrer en récession en cas de Brexit sans accord, a annoncé l'Office de Responsabilité Budgétaire (OBR) dans des prévisions rendues publiques la semaine dernière. Selon l'OBR, la livre sterling chuterait de 10% immédiatement après le départ britannique de l'UE en cas de "no deal". Un scénario aussi prédit par le groupe de réflexion National Institute of Economic and Social Research (NIESR), qui attend dans ce cas un "grave ralentissement", une chute de la livre d'environ 10% et une hausse des prix qui pourrait s'élever à 4,1%.


Hier soir, Boris Johnson a encore fait le show à la télé britannique pour soutenir sa propre vision du Brexit.
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De son côté, le Fonds monétaire international (FMI) a révisé à la baisse ses prévisions de croissance mondiale pour 2019, mettant en cause les tensions commerciales persistantes entre Pékin et Washington et l'augmentation du risque de Brexit sans accord. 

Calme et pondération

Boris Johnson arrive au pouvoir au moment où les relations entre Téhéran et Londres sont particulièrement tendues, après la saisie vendredi par l'Iran d'un pétrolier suédois battant pavillon britannique, quinze jours après l'arraisonnement d'un navire-citerne iranien par les autorités britanniques au large de Gibraltar.

Le ministre iranien des Affaires étrangères Mohamad Javad Zarif a d'ores et déjà prévenu que l'Iran comptait protéger ses eaux territoriales. «Nous avons 1.500 miles (plus de 2.400 km) de côtes sur le golfe Persique. Ce sont nos eaux et nous les protégerons.» Que fera le tempétueux Boris Johnson dans cet épisode nécessitant calme et pondération? 


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