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Les députés britanniques disent encore «non»
International 4 min. 02.04.2019 Cet article est archivé

Les députés britanniques disent encore «non»

Les députés britanniques disent encore «non»

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Les députés britanniques disent encore «non»

Le Royaume-Uni se trouvait dans l'impasse mardi à dix jours de sa sortie de l'Union européenne, après le rejet lundi soir par les parlementaires de toutes les alternatives proposées à l'accord de Brexit du gouvernement.

(AFP) - Après avoir rejeté trois fois l'accord conclu par la Première ministre conservatrice Theresa May avec Bruxelles, et voté la semaine dernière contre huit propositions parlementaires pour tenter de trouver une solution, les élus ont rejeté les nouvelles options, d'initiative parlementaire, qui leur étaient présentées. Le parlement «a une nouvelle fois échoué à trouver une majorité claire pour chacune des options» présentées, a réagi le secrétaire d'Etat au Brexit Stephen Barclay, rappelant que «la position légale par défaut» est que le Royaume-Uni quitte l'UE le 12 avril, sans accord. 

La Première ministre Theresa May doit formuler un nouveau plan d'ici au sommet européen exceptionnel convoqué le 10 avril, si elle souhaite éviter au Royaume-Uni une sortie de l'UE sans accord au soir du 12. Elle n'a pas renoncé à présenter une quatrième fois son accord de divorce aux députés. A la une de son édition de mercredi, le quotidien The Guardian anticipait de nouvelles «discussions de crise au siège du gouvernement». «Les députés ne choisissent... rien», titrait le tabloïd Daily Mirror, mettant en avant les profondes «divisions» qui traversent la Chambre des communes. «Retour à la case départ», titrait pour sa part le Daily Mail en parlant de «farce». 

Parmi les solutions sur lesquelles ont voté les députés lundi figuraient les deux qui avaient recueilli le plus de suffrages la semaine dernière, à savoir l'organisation d'un référendum sur tout accord de divorce conclu avec Bruxelles et la mise en place d'une union douanière avec l'UE. Celle-ci a été rejetée à une très courte majorité lundi soir, par 276 voix contre 273. Une troisième option proposait, en cas d'absence d'accord à deux jours du Brexit, de faire voter les députés pour ou contre un «no deal», et, en cas de refus, de renoncer à la sortie de l'Union européenne. 

Enfin, la proposition d'un modèle «Norvège +», également connue sous le nom de «Common Market 2.0», préconisait le maintien du Royaume-Uni au sein du marché unique, synonyme de liberté de circulation des biens, capitaux, services et personnes, comme la Norvège, ainsi qu'une union douanière spécifique avec l'UE, impliquant des politiques douanière et commerciale communes. L'auteur de cette dernière proposition, le conservateur Nick Boles, a annoncé qu'il quittait son parti, qu'il a accusé de «refuser un compromis». 


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De son côté, Jeremy Corbyn, le chef du Parti travailliste, principale formation d'opposition, a qualifié de «décevant» le fait qu'aucune proposition n'ait dégagé de majorité. Mais il a souligné que l'accord de Mme May avait été rejeté par des marges plus grandes et réclamé qu'une troisième série de «votes indicatifs» puisse se tenir, ce qui pourrait être le cas mercredi. «Le problème est toujours qu'il n'y a pas de majorité pour un Brexit dirigé par les Conservateurs, ni de majorité pour un Brexit dirigé par les Travaillistes», a souligné Simon Hix, professeur de sciences politiques à la London School of Economics. «Soit il doit y avoir un accord entre plusieurs parties, soit nous partons sans accord». 

Malgré ses trois échecs depuis mi-janvier, Mme May n'a pas renoncé à représenter son accord de divorce aux députés s'il a «une chance raisonnable de succès», a déclaré son porte-parole lundi. Elle a convoqué un conseil des ministres exceptionnellement long mardi pour discuter la voie à suivre. Quelle que soit l'option retenue, Theresa May doit divulguer ses plans au prochain sommet européen exceptionnel convoqué pour le 10 avril. Vendredi, elle avait rappelé que l'option «par défaut» était celle d'un Brexit sans accord («no deal», ndlr) le 12 avril, redouté par les milieux économiques. 

Le scénario d'un «no deal», le plus crédible à ce jour, est craint par les milieux économiques.
Le scénario d'un «no deal», le plus crédible à ce jour, est craint par les milieux économiques.
Photo: AFP

Après l'ajournement du Brexit, initialement prévu pour le 29 mars, la solution alternative consiste à demander un nouveau report, de plus longue durée, mais celui-ci devrait être justifié et obligerait le Royaume-Uni à organiser des élections européennes fin mai. 

L'eurodéputé Guy Verhofstadt, référent sur le Brexit au Parlement européen, a, lui, estimé après les votes des députés qu'un «Brexit dur devient presque inévitable». «Mercredi (jour d'une possible nouvelle série de votes indicatifs, ndlr), le Royaume-Uni a une dernière chance de sortir de l'impasse ou fera face à l'abîme». Dans la matinée, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker avait prévenu que la patience des dirigeants européens était en train de «s'épuiser».



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