Changer d'édition

Les comptes belges francophones ne sont pas bons
International 3 min. 29.09.2022
Budget 2023

Les comptes belges francophones ne sont pas bons

La situation financière de la Fédération Wallonie-Bruxelles (ex-Communauté française) fait face à une dette abyssale.
Budget 2023

Les comptes belges francophones ne sont pas bons

La situation financière de la Fédération Wallonie-Bruxelles (ex-Communauté française) fait face à une dette abyssale.
Photo: Shutterstock
International 3 min. 29.09.2022
Budget 2023

Les comptes belges francophones ne sont pas bons

Max HELLEFF
Max HELLEFF
A l'heure des conclaves budgétaires, la Wallonie et l'ex-Communauté française font face à de lourdes difficultés financières.

De notre correspondant Max HELLEFF (Bruxelles) - De l’Etat fédéral aux Flamands en passant par les Bruxellois et les Wallons, toute la Belgique se prépare à sortir les calculettes. Et les comptes risquent de ne pas être bons, c'est le moins que l'on puisse écrire.


L'équilibre budgétaire belge sera laborieux
Les sept partis gouvernementaux fourbissent leurs armes en vue d’une négociation essentielle pour l’avenir du pays.

À tout seigneur tout honneur, le gouvernement fédéral du Premier ministre Alexander De Croo doit trouver rapidement des solutions pour éviter que le budget ne s'enfonce davantage dans le rouge. Le déficit continue à se creuser et pourrait atteindre l'an prochain 4% du PIB, à 23 milliards d'euros. Or, le gouvernement devra rendre des comptes à la Commission européenne dès octobre.

Cette perspective contraint Alexander De Croo à gérer au plus juste les aides que réclament syndicats et associations pour aider les Belges à faire face à la crise énergétique. Le Premier ministre évite ainsi de se prononcer sur le «bétonnage» de la baisse de la TVA sur le gaz et l'électricité, ainsi que sur un tarif social élargi.

La Fédération Wallonie-Bruxelles voit rouge

Il va devoir composer également avec les exigences des sept partis de sa coalition. Mercredi, le libéral francophone Georges-Louis Bouchez a ouvert le feu en conditionnant la prochaine réforme fiscale à celle du travail, via une pression supplémentaire sur les chômeurs et les malades de longue durée.

Mais des inquiétudes autrement vives s'élèvent du côté francophone.


Dix années de crise attendent la Belgique
Mouvements sociaux et exigences patronales se multiplient alors que s’annoncent des temps incertains

La situation financière de la Fédération Wallonie-Bruxelles (ex-Communauté française), soit l’instance qui pilote l'enseignement, le sport et la culture des francophones, fait face à une dette abyssale. Elle devrait se monter à plus de 18 milliards d'euros d'ici 2027, sans que des recettes supplémentaires ne soient prévues. Et pourtant, elle va devoir aider ses différents opérateurs (écoles, théâtres, musées, crèches…) face à la hausse de prix de l'énergie.

Le gouvernement wallon repart pour sa part à l'assaut d'une véritable montagne. Il sait déjà qu'il ne pourra pas tenir les engagements pris en juillet dernier lors de l'adoption de l'ajustement budgétaire, soit un solde brut à financer maintenu sous la barre des 4 milliards pour 2022. Quant aux dépenses, elles devaient être rabotées pour atteindre 150 millions d'économies par an afin d'assurer la soutenabilité de la dette.

Des coupes dans le plan de relance?

Mais la crise énergétique a rebattu les cartes. «Avec un ratio dette/recettes qui dépasse largement les 200 % et un endettement qui culmine à plus de 30 milliards, il y va de la crédibilité de la région», écrit Le Soir qui évoque le risque d'une dégradation par les agences de notation. «Une dégradation par Moody's de A en B nous placerait au niveau du Mexique ou du Pérou, avec les conséquences que l'on imagine», avertissait récemment l'ancien ministre des Finances André Antoine.


Les faillites augmentent fortement en Belgique
S’il ne faut pas encore parler de récession, la dégradation de l’économie devrait se traduire par une hausse du chômage

La Wallonie doit donc prouver qu'elle reste capable de financer son action par l'emprunt. La solution pourrait passer par des coupes dans le futur plan de relance - lequel pèse 7 milliards d'euros, dont une partie apportée par l'Europe. Ou par sa réorientation.

À Bruxelles aussi, la rigueur budgétaire est mise à mal par la crise énergétique.

Ce tableau peu avenant a fait dire il y a peu au leader de la N-VA nationaliste flamande Bart De Wever que «notre pays est en faillite, c'est la nouvelle Grèce de l'Europe».

Mais la Belgique en a vu d'autres, rappellent certains commentateurs. Enfoncée jusqu'au cou dans le rouge, elle a réussi plus d'une fois à redresser ses finances. Elle reste toutefois, sur le plan économique et financier comme en bien d'autres choses, un État asymétrique. Ainsi, pendant que les francophones tentent de s'arracher au gouffre budgétaire, le gouvernement flamand se chamaille autour d'une indexation des allocations familiales.

Suivez-nous sur Facebook, Twitter et abonnez-vous à notre newsletter de 17h.


Sur le même sujet

Sondage sur les partis politiques
Socialistes et libéraux apparaissent comme des partis refuges dans un grand sondage politique qui pointe la dégringolade des écologistes.
Le gouvernement belge doit prendre une décision sur l'avenir du nucléaire dans le pays dans deux mois.
Politique en Belgique
La coalition Vivaldi du Premier ministre Alexander De Croo renvoie à la rentrée la décision sur les mesures de soutien.
Belgium's Prime Minister Alexander De Croo speaks during a press conference of the Federal Government on the situation in Ukraine following Russia's invasion on March 1, 2022 in Brussels. (Photo by BENOIT DOPPAGNE / BELGA / AFP) / Belgium OUT
Des experts font des propositions
La réduction de la vitesse sur autoroute ou la liaison proportionnelle des accises à la consommation sont quelques-unes des pistes envisagées par des experts dans un rapport qui vient d'être remis au gouvernement De Croo.
Alexander De Croo, chef du gouvernement fédéral belge.