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Les communistes belges à la fête
International 3 min. 17.03.2021 Cet article est archivé

Les communistes belges à la fête

Selon le dernier Grand Baromètre Ipsos, le PTB obtient 19% des intentions de vote en Wallonie, 16% à Bruxelles et 8,2% en Flandre.

Les communistes belges à la fête

Selon le dernier Grand Baromètre Ipsos, le PTB obtient 19% des intentions de vote en Wallonie, 16% à Bruxelles et 8,2% en Flandre.
Photo: AFP
International 3 min. 17.03.2021 Cet article est archivé

Les communistes belges à la fête

Un sondage renforce l’idée d’un fossé profond entre une Flandre nationaliste et une Wallonie toujours plus à gauche.

De notre correspondant, Max Helleff (Bruxelles) - Les scores des populistes de toute l’Europe rappellent qu’en matière de politique, il ne faut pas nécessairement lier les performances dans les sondages avec les réalisations concrètes sur le terrain. Les communistes belges du PTB confirment la règle puisqu’ils triomphent dans le dernier Grand Baromètre Ipsos relayé par plusieurs médias belges.


Belgium's Walloon Minister President Elio Di Rupo delivers a speech at a meeting of the Walloon parliament in Namur on March 17, 2020, held to grant special powers to the government. - Belgium's federal government announced drastic measures on March 12, 2020,  to attempt the spreading of Covid-19. Restaurants and cafes are closed, only shops selling food are open, school lessons are suspended. (Photo by BRUNO FAHY / various sources / AFP) / Belgium OUT
Comme un numéro de funambulisme
Communautaire, institutionnel et mesures sanitaires : les tensions sont partout dans le monde politique belge.

Le Parti du travail de Belgique (PTB) est abonné aux rangs de l’opposition. Et pourtant, il s’envole à chaque sondage dans les intentions de vote, s’installant ainsi durablement et confortablement dans le paysage politique national sans coup férir. Il est, il faut le préciser, le seul grand parti à ne pas s’être scindé en une aile flamande et une aile francophone au cours des dernières décennies.

Du PTB, le politologue Pascal Delwit (ULB) a dit un jour que «derrière cette image sympa, le parti n’explique pas à tout un chacun ses vrais desseins, qui restent l’instauration d’un État socialiste. Il y a une double ligne. Une ligne extérieure, sympa, ouverte, qui a des propositions ponctuelles attractives, sur les médicaments, sur la fiscalité… Mais on a aussi une ligne interne tenue par les fondateurs ou leurs enfants pour qui la révolution socialiste reste un objectif.»

C’est le même parti qui obtient aujourd’hui 19% des intentions de vote en Wallonie, 16% à Bruxelles et 8,2% en Flandre (où il se nomme PVDA). Il est partout en hausse. Son ascension lui permet de talonner dans le sud le parti socialiste de Paul Magnette qui, lui, participe aux gouvernements fédéral, régionaux (Bruxelles et Wallonie) et même communautaires (communautés française et germanophone).


A picture shows the Manneken Pis wearing a mouth mask, in Brussels, on May 11, 2020 as Belgium goes into its ninth week of confinement due to the COVID-19 pandemic. (Photo by THIERRY ROGE / BELGA / AFP) / Belgium OUT
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«PS et PTB, à Bruxelles comme en Wallonie, évoluent dans une fourchette restreinte (3%), ce qui laisse accroire que l’impensable  n’est plus exclu, à savoir le grand dépassement (des socialistes) au classement général»,  analyse Le Soir.

Le PTB bénéficie de son approche attentiste de la crise sanitaire – qu’il ne doit pas gérer – trouvant dans la précarisation montante de la petite classe moyenne un vivier électoral potentiel. En face, le PS fait grise mine, tenu qu’il est par le jeu de coalition d’appuyer les mesures anti-covid décochées à intervalles réguliers par le Premier ministre Alexander De Croo.

Raoul Hedebouw, qui incarne un PTB sympathique en diable avec son accent liégeois inimitable, se rapproche désormais de Paul Magnette et d’Elio Di Rupo en termes de notoriété en Wallonie et à Bruxelles. Tout à leur calculette, les statisticiens ont également calculé que, si la tendance devait se confirmer, le PTB associé en toute hypothèse au PS et aux écologistes pourraient former un bloc des gauches, à Bruxelles comme en Wallonie.


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Mais il y a un hic : le PTB ne se sent toujours pas prêt à monter au pouvoir (bien que les socialistes n’attendent que cela pour l’étouffer) ; et les écologistes n’ont pas pour priorité la lutte des classes chère à Karl Marx.

De l’autre côté de la frontière linguistique, le Vlaams Belang est en légère baisse (de 26,3 % à 23,6 % en trois mois), mais reste le premier parti de Flandre et de Belgique. A ses côtés, la N-VA de Bart De Wever flirte avec les 20% des intentions de vote et se stabilise. Les deux dernières années ont été difficiles pour la N-VA reléguée dans l’opposition au fédéral. En Flandre aussi, le PTB montre les crocs, l’Open VLD libéral d'Alexander De Croo engrangeant toutefois un rabiot de sympathie qu’il faut attribuer à sa pugnacité dans la lutte anti-covid.

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