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Les chemins de fer belges plus chers dès le 1er février
International 3 min. 04.11.2022
Mobilité

Les chemins de fer belges plus chers dès le 1er février

La SNCB adaptera ses tarifs le 1er février 2023, avec une augmentation de 8,73% en moyenne.
Mobilité

Les chemins de fer belges plus chers dès le 1er février

La SNCB adaptera ses tarifs le 1er février 2023, avec une augmentation de 8,73% en moyenne.
Photo: Anouk Antony
International 3 min. 04.11.2022
Mobilité

Les chemins de fer belges plus chers dès le 1er février

Justifiée par l'inflation et le coût des énergies, cette décision passe pour un non-sens à un moment où le transport public doit être plus que jamais privilégié.

De notre correspondant Max HELLEFF (Bruxelles)

Si vous prenez le train en Belgique à partir du 1er février prochain, le prix du billet vous coûtera presque 9% de plus. Cette décision qui passe auprès des voyageurs et d'une partie du monde politique pour un non-sens suscite son lot de polémiques.


Dès le 13 décembre, un train passera chaque heure dans les deux sens sur la ligne 42
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La ponctualité ne cesse également de se dégrader depuis le début de l'année sur le réseau ferroviaire belge.

La SNCB adaptera ses tarifs le 1er février 2023, avec une augmentation de 8,73% en moyenne, annonce la société des chemins de fer belges. Son conseil d'administration explique qu'il s'agit d'«une décision difficile à prendre, mais nécessaire». Une tarification différenciée en fonction de l'heure à laquelle circule le train et du profil du voyageur sera en outre introduite, alors que jusqu'ici le prix ne variait qu'en fonction d'un éventail de réductions accordées aux familles nombreuses, aux moins-valides, aux étudiants, etc..

La SNCB invoque sans surprise l'inflation galopante – elle a atteint les 12,27% en octobre dernier - et les prix de l'énergie pour justifier sa décision.  L'entreprise est la première consommatrice d'électricité du pays. En 2023, sa facture d'électricité augmentera de plus de 200 millions d'euros par rapport à 2022. Comme partout ailleurs, les finances de la société devront intégrer de plus l'indexation des salaires du personnel.

«Un mauvais signal»

Toutes ces raisons ne suffisent pas à calmer les partisans des transports publics moins chers, sinon gratuits. Ils estiment que la crise des énergies devrait encourager toutes les initiatives permettant de laisser la voiture au garage.


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L'idée de prolonger des trains CFL jusqu'à Stockem (Arlon), Marbehan (Habay) et même jusqu'à Libramont est sur la table. Une bonne nouvelle pour les frontaliers belges.

Depuis 2014, la SNCB est une entreprise publique autonome détenue par l'État belge. Ce statut lui laisse dans une certaine mesure les coudées franches, ce qui ne plaît pas toujours. Le ministre fédéral de la Mobilité, l'écologiste Georges Gilkinet, évoque ainsi «un mauvais signal, alors que les Belges sont confrontés à une crise de l'énergie sans précédent et que tout est mis en œuvre pour attirer plus de voyageurs vers le rail, notamment afin de répondre à la crise climatique». Il se donne quelques semaines pour trouver des solutions «qui ne fassent pas reposer uniquement sur le dos des usagers l'augmentation des coûts de la SNCB». 

Quoi qu'il en soit des chiffres, la décision de la SNCB apparaît schizophrénique si l'on sait que l'entreprise affirme vouloir attirer à l'avenir de nouveaux clients. Ils seront fatalement plus nombreux autour et alentours de Bruxelles dans les prochaines années, puisque la capitale entend plus que jamais se préserver des nuisances de la voiture. À la fin de ce mois de novembre, le plan Good Move qui incarne cette politique entrera dans une phase supplémentaire. Des caméras ANPR interdiront d'autres rues et d'autres avenues de la capitale aux navetteurs. Des amendes sanctionneront les contrevenants. Ceux-ci sont indirectement poussés à se rabattre sur le train (et le futur RER) dont le tarif est donc annoncé en forte augmentation.

Grève prévue le 9 novembre

L'air ne fait heureusement pas la chanson. Depuis le 1er septembre, les bus et les trams wallons offrent aux jeunes de 18-24 ans le transport pour un euro par mois. La mesure, initialement prévue pour la rentrée 2023, a été anticipée d'un an afin de rendre les transports publics plus attractifs en cette période de crise énergétique.


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L'effort est d'autant plus notable que la région se débat avec d'importants problèmes budgétaires qui contrarient un certain nombre de ses projets.

À noter que le rail belge sera impacté par la grève générale du 9 novembre. Il en ira de même pour Brussels Airport qui a annoncé jeudi vouloir annuler préventivement 40% de ses vols.

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