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Les caisses wallonnes sont vides
International 3 min. 01.10.2020 Cet article est archivé

Les caisses wallonnes sont vides

Le ministre-président Elio Di Rupo jette un regard lucide sur la situation de la Wallonie. Les taxes rentrent beaucoup moins dans les caisses qu'espérées.

Les caisses wallonnes sont vides

Le ministre-président Elio Di Rupo jette un regard lucide sur la situation de la Wallonie. Les taxes rentrent beaucoup moins dans les caisses qu'espérées.
Photo: AFP
International 3 min. 01.10.2020 Cet article est archivé

Les caisses wallonnes sont vides

Max HELLEFF
Max HELLEFF
Moins de rentrées fiscales et plus de dépenses : le covid plombe les finances de la Région belge voisine.

De notre correspondant Max HELLEFF (Bruxelles) - A l’heure de sa confection, le budget 2020 de la Région wallonne semblait sous contrôle. Il y avait bien un trou de 435 millions d’euros. Mais, en serrant les vis, le gouvernement régional du socialiste Elio Di Rupo espérait bien revenir à l’équilibre en 2024. C’était sans compter avec le covid…

En juillet dernier, la chute du PIB national était évaluée à 10,6 %. Deux mois plus tard, cette dégringolade se limiterait à 7,4%. «Cette différence pourrait avoir à elle seule un effet favorable de 100 millions sur nos recettes», a calculé le ministre régional du Budget, le libéral Jean-Luc Crucke. En réalité, il ne s’agit que d’une goutte d’eau dans la mer.


Le covid, un autre boulet pour la Wallonie
En dépit de la crise du coronavirus, le gouvernement régional d'Elio Di Rupo promet de tout faire pour réaliser ses objectifs.

La Wallonie souffre. Tout un pan de son activité économique est resté en sommeil durant le confinement. La réouverture des commerces non alimentaires n’a pas été synonyme d’un rush consumériste. La chute des ventes de voitures engendre moins de taxes de mise en circulation, etc. Bref, qu’elles passent par le niveau fédéral avant de revenir aux Régions ou qu’elles soient directement perçues par celles-ci, les taxes rentrent beaucoup moins dans les caisses.

La Wallonie perdrait ainsi 72 millions d’euros rien que sur les recettes fiscales qu’elle perçoit elle-même. Au total, si l’on y ajoute la chute des taxes collectées en son nom par le fédéral, 717 millions d’euros seraient perdus alors que les dépenses explosent. Au bout de l'addition, le solde brut à financer entre les entrées et les sorties atteint presque 3,9 milliards d’euros, quasiment le double du solde initial. L'argent européen sera le bienvenu.

L’opposition humaniste, par la voix de l’ancien ministre André Antoine, exhibe une ardoise budgétaire particulièrement angoissante : «La dette était de 7,5 milliards en 2014, elle sera de 16,3 milliards en 2020 avec les efforts rendus nécessaires par la crise sanitaire. Soit un ratio de 125 % par rapport aux recettes».


LAS VEGAS, NEVADA - SEPTEMBER 01: Senior student Arsen Topchyan divides an environmental sample into conical tubes to prepare it for experimentation during an in-person Phage Discovery Laboratory course by life sciences professor Dr. Christy Strong at UNLV amid the spread of the coronavirus (COVID-19) on September 1, 2020 in Las Vegas, Nevada. Strong has two other classes of 50 and 250 students that she teaches remotely. To lower the number of people on campus to allow for social distancing because of the pandemic, the university moved fall 2020 courses with more than 50 students, about 80 percent of its classes, to remote instruction, with 20 percent of courses held in-person or hybrid. UNLV is only using large classrooms with spaced out seating and under 50 percent capacity for in-person classes, which are now staggered to reduce density on the campus.   Ethan Miller/Getty Images/AFP
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La Wallonie autopsie sa crise sanitaire
La commission spéciale qui débute ses travaux à Namur ne pourra ignorer l’hécatombe qui a frappé les maisons de repos, notamment.

Difficile à renflouer, a fortiori quand on sait que le gouvernement régional s’est juré de ne pas donner dans la rage taxatoire. Au contraire, la majorité au pouvoir dépose une proposition de décret qui prévoit l'intervention du juge de paix avant toute coupure d'électricité en cas de défaut de paiement de la facture. L’objectif est d’aider les plus précaires à traverser une période des plus difficiles.

Un coup de pouce est également donné aux détenteurs de panneaux photovoltaïques qui devront désormais contribuer aux frais du réseau («tarif prosumer»). Le gouvernement va compenser cette surcharge à 100% pendant deux ans, puis à 54% pendant deux années supplémentaires.

Tiens, voilà la scandalite

Un peu d’argent est également dégagé pour aider les provinces à traverser une crise budgétaire profonde, synonyme de pertes d’emploi éventuelles, engendrée notamment par le lourd financement des zones de secours.

La Région, toujours elle, a investi 400 millions dans le plan de relance Get up Wallonia. Pour l’anecdote, ce dossier a donné lieu à une belle passe d’armes mercredi au Parlement wallon où les communistes du PTB se font fait mordants à l’égard de la majorité. Réponse: «Vous donnez l'impression qu'en ayant désigné le consultant PwC pour accompagner ce plan de relance, nous sommes complices d'une vaste fraude. C'est de la foutaise», s'est emporté le ministre-président Elio Di Rupo à l’adresse du chef de groupe du PTB Germain Mugemangango. Inutile, a semblé dire le leader socialiste, d’ajouter la ''scandalite'' au covid…

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