Changer d'édition

Les banques centrales mondiales en alerte face au risque de Brexit
International 3 min. 16.06.2016 Cet article est archivé
Référendum le 23 juin

Les banques centrales mondiales en alerte face au risque de Brexit

Référendum le 23 juin

Les banques centrales mondiales en alerte face au risque de Brexit

Illustration: Shutterstock
International 3 min. 16.06.2016 Cet article est archivé
Référendum le 23 juin

Les banques centrales mondiales en alerte face au risque de Brexit

Anne FOURNEY
Anne FOURNEY
L'issue incertaine du référendum britannique et les risques de turbulences en cas de Brexit alarment les banques centrales: ils compliquent l'équation déjà très ardue que tentent de résoudre Fed, BCE, Banque du Japon et les autres pour dynamiser l'économie.

(AFP) - L'issue incertaine du référendum britannique et les risques de turbulences en cas de Brexit alarment les banques centrales: ils compliquent l'équation déjà très ardue que tentent de résoudre Fed, BCE, Banque du Japon et les autres pour dynamiser l'économie.

Lorsque les électeurs britanniques se prononceront le 23 juin sur le maintien de leur pays dans l'Union européenne, "il n'est pas exclu que les incertitudes et les turbulences se multiplient", a mis en garde jeudi le président de la Banque nationale suisse (BNS) Thomas Jordan.

Le référendum est le "plus gros risque immédiat" pour les marchés financiers britanniques et mondiaux, a enfoncé le clou le même jour la Banque d'Angleterre (BoE).

La veille, la présidente de la Fed américaine, Janet Yellen, avait estimé qu'un Brexit pourrait "avoir des conséquences économiques et financières au niveau mondial". Le référendum est l'un des facteurs ayant poussé la Fed au statu-quo mercredi.

Tout comme la Banque d'Angleterre qui a laissé jeudi son taux directeur inchangé. Et la Banque du Japon (BoJ) qui a maintenu en l'état sa politique monétaire, malgré le récent regain du yen qui pénalise la troisième économie mondiale.

La BCE a quant à elle rappelé jeudi qu'elle agirait "en utilisant tous les instruments à sa disposition" en cas de matérialisation des risques pour la stabilité des prix, parmi lesquels un Brexit figure en bonne place.

Turbulences boursières

"Il est clair que le référendum et les turbulences actuelles sur les marchés compliquent la situation des banques centrales", estime pour l'AFP Carsten Brzeski, chef économiste chez ING-Diba.

Depuis plusieurs années, les grandes banques centrales se démènent, en déversant des montagnes de liquidités dans le circuit financier et en abaissant les taux d'intérêt, pour soutenir une économie mondiale très fragile depuis la crise financière de 2008, et pour faire repartir les prix. Les résultats sont jusqu'à présent mitigés.

La perspective d'un Brexit et le climat de tensions sur les marchés, dans un contexte de ralentissement de la croissance mondiale, de chute des prix du pétrole et de conflits géopolitiques, n'aide pas.

Alors que les derniers sondages pointent de plus en plus vers un Brexit, les Bourses européennes accusent le coup. Francfort, Paris et Londres se sont repliées de plus de 3% depuis lundi. Sur le marché obligataire, l'emprunt allemand à 10 ans a vu son taux passer sous zéro cette semaine, signe d'une ruée sur ce placement refuge.

En cas de Brexit, "les marchés seraient à nouveaux fragilisés, on pourrait assister à une chute du cours des actions et de l'euro, une fuite des investisseurs vers les placements sûrs et éventuellement à un durcissement des conditions de financement pour certains Etats de la zone euro", estime M. Brzeski, selon qui un Brexit "a incontestablement le potentiel pour déstabiliser l'économie européenne".

Nouvelles actions monétaires ?

Face à ces risques, la BCE a notamment demandé à voir les préparatifs des banques européennes à un possible Brexit et veut s'assurer que le système bancaire est préparé aux "vents contraires" qui pourraient souffler, a indiqué lundi la chef de la supervision bancaire européenne.

Pour autant, "si le Royaume-Uni vote en faveur d'une sortie de l'UE, il pourrait bien falloir quelques semaines avant que les grandes banques centrales ne soient en mesure de se faire une idée claire des implications de ce résultat", estime Ben May, économiste pour Oxford Economics.

Selon lui, les conséquences économiques pourraient être plus limitées que ne le craignent certains observateurs. "Beaucoup de choses vont dépendre de la réaction des marchés en cas de victoire des partisans du Brexit. Si ces réactions sont bénignes, alors les banques centrales seront à l'aise pour poursuivre le cours actuel de leurs politiques", ajoute M. May.

Mais en cas de fortes perturbations, il serait "vraisemblable que la Banque du Japon augmente encore ses mesures d'assouplissement monétaire", estime Christiane von Berg, de BayernLB.

La Fed pourrait quant à elle être tentée de reporter dans le temps la remontée de ses taux directeurs, anticipe M. Brzeski. Et pour la BCE, qui intervient directement sur les marchés, la semaine prochaine sera "très tendue", Brexit ou pas, pointe-t-il.

Suivez-nous sur Facebook, Twitter et abonnez-vous à notre newsletter de 17h.


Sur le même sujet

Fermant la marche des grandes banques centrales, la Banque centrale européenne (BCE) a dégainé à son tour jeudi un arsenal de mesures face à l'épidémie de coronavirus, pour tenter d'endiguer la panique financière et de limiter l'impact sur l'économie.
(FILES) This file photo taken on January 24, 2019 shows the headquarters of the European Central Bank (ECB) in Frankfurt am Main, western Germany. - European Central Bank policymakers kept interest rates at their historic lows on March 7, 2019 and said they would remain there "at least through the end of 2019". (Photo by Daniel ROLAND / AFP)
A quelques jours de la présentation de l'avis de la Banque centrale sur la loi de budget, le président de l'institut monétaire passe en revue l'actualité.
Le gouverneur de la Banque centrale Gaston Reinesch lors d'un entretien dans ses locaux du boulevard Royal ce lundi.
La croissance économique sera "décevante et inégale" en 2016, a prévenu dans une tribune publiée en Allemagne la directrice générale du FMI Christine Lagarde, s'inquiétant notamment des effets déstabilisateurs sur certains pays d'un relèvement des taux d'intérêt américains.
La directrice générale du Fonds Monétaire International Christine Lagarde, en 2014.
La déroute des Bourses asiatiques, avec un lundi noir à Shanghai, continuait de faire des ravages, se propageant à Wall Street après avoir entraîné la chute des marchés européens, les investisseurs se montrant de plus en plus inquiets pour l'économie mondiale.
Le Dow Jones chutait de 5,75% en début d'échanges et le Nasdaq de près de 8%. (Photo: AFP)
Selon François Morin, économiste
Professeur de sciences économiques à l’Université Toulouse I et ancien membre du Conseil général de la Banque de France, François Morin a dressé un constat particulièrement sombre lors d’une conférence donnée à Luxembourg à l’initiative d’Etika et d’Attac Luxembourg.
Conf.: - Que faire pour éviter la prochaine catastrophe financière?
Déterminée à contrer le risque de déflation et à stimuler l'économie de la zone euro, la Banque centrale européenne (BCE) devrait annoncer jeudi des rachats massifs d'actifs comprenant des obligations d'Etat, une mesure aussi attendue que débattue.
Le président de la BCE, Mario Draghi, le 6 novembre 2014 à Francfort