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Les aigreurs de la N-VA face à la presse
International 3 min. 04.11.2019

Les aigreurs de la N-VA face à la presse

Durant l’été 2017, Bart De Wever s’en était pris nommément à un journaliste du quotidien De Standaard accusé de partialité

Les aigreurs de la N-VA face à la presse

Durant l’été 2017, Bart De Wever s’en était pris nommément à un journaliste du quotidien De Standaard accusé de partialité
Photo: AFP
International 3 min. 04.11.2019

Les aigreurs de la N-VA face à la presse

Le gouvernement Jambon Ier veut imposer au service audiovisuel flamand une neutralité «plus stricte»

De notre correspondant, Max Hellef (Bruxelles) - Les rapports qu’entretiennent les médias et le monde politique belges sont fréquemment remis en question. Les partis de droite trouvent généralement les journalistes trop à gauche. Voire trop proches du Parti socialiste lorsque ceux-ci travaillent pour la Radio télévision belge francophone (RTBF).

La joute qui oppose en ce moment la télévision publique flamande VRT au gouvernement Jambon Ier résonne donc comme une vieille rengaine. Le nouvel exécutif qui unit depuis septembre les nationalistes, les libéraux et les chrétiens-démocrates du nord du pays veut cette fois imposer à la VRT le «respect du pluralisme» et l’obliger «à respecter les normes de neutralité les plus strictes dans tous les programmes».


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Le blocage fédéral met aussi en lumière les divisions qui parcourent en interne le parti de Bart De Wever, entre modérés et radicaux de Theo Francken. Ce, alors qu'un gouvernement flamand est attendu pour ce vendredi.

L’accord du nouveau gouvernement stipule qu'«un contrôle de qualité interne et externe approfondi doit être développé». La N-VA devrait prendre en outre la tête du conseil d'administration de la chaîne publique. 

Logiquement, les journalistes s’en émeuvent. «Le gouvernement flamand ne nuit-il pas à la tâche d'information indépendante et critique des éditeurs de la VRT?», interroge leur association. 

Manque de chance pour la droite flamande, la chaîne commerciale VTM prend elle aussi goût à la polémique. Au pays du vélo-roi, elle a confronté par surprise un quarteron d’élus issus de la gauche comme de la droite à quelque 500 citoyens revêtus d’un t-shirt blanc portant le prénom d’un parent, d’un enfant ou d’un ami décédé à vélo. L’émission «Make Belgium great again» a voulu ainsi mettre le monde politique face à ses responsabilités en matière de mobilité. La manière n’a toutefois pas plu à tout le monde. 

Le tweet de la discorde

Le politologue Carl Devos a ainsi jugé «la technique trop agressive et pas convenable». Son collègue Dave Sinardet a estimé «dérangeant» le «caractère populiste de cette action. L’image d’un homme politique qui se trouve à des milliers de kilomètres du citoyen est grossie». Comme si VTM avait voulu lyncher publiquement des hommes et des femmes politiques, sans trop savoir s’ils avaient eu ou non un jour le dossier de la mobilité douce entre les mains.

Récemment, c’est un tweet (parmi cent autres) de Theo Francken qui a rallumé la mèche de la discorde entre la N-VA et la presse. L’ex-secrétaire d’Etat à l’Asile et à la Migration s’est plu sur Twitter à incendier une jeune journaliste qui changeait de média: «Succès… Votre successeur n’est que le 13e de la douzaine de journalistes de gauche. Mais où continuent-ils à aller les chercher?». Plusieurs journaux flamands ont aussitôt sermonné le nationaliste. Trop tard, le mal était fait…

La N-VA de Bart De Wever et la presse, c’est toute une histoire. Ou plutôt toute une stratégie. Il y a les journaux que le parti nationaliste tuyaute volontiers, pourvu qu’il y trouve son intérêt. Et il y a les autres: les gauchistes, les bien-pensants, les nuisibles…


Belgian Vice-Prime Minister and Interior Minister Jan Jambon attends a session of the temporary chamber commission for counter-terrorism on March 29, 2016 at the federal parliament in Brussels.
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Durant l’été 2017, De Wever s’en était ainsi pris nommément à un journaliste du quotidien De Standaard accusé de partialité. La riposte n’a pas tardé: «Que De Wever flingue à présent un journaliste, dont il a demandé à plusieurs reprises par mail qu'il soit écarté, est symptomatique. Parler d'intimidation ne serait pas correct. Il s'agit véritablement de harcèlement», avait écrit le rédac' chef du  Standaard, Karel Verhoeven. Une comparaison sans concession entre Bart De Wever et Donald Trump avait conclu sa défense.  


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