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Le visage de la colère colombienne
International 7 2 min. 27.11.2019

Le visage de la colère colombienne

«État assassin» est un des slogans que l'on voit apparaître au fil des jours... et des morts.

Le visage de la colère colombienne

«État assassin» est un des slogans que l'on voit apparaître au fil des jours... et des morts.
Photo : AFP
International 7 2 min. 27.11.2019

Le visage de la colère colombienne

Depuis une semaine, le mouvement social en Colombie ne faiblit pas avec un nouvel appel à la grève pour mercredi. La colère contre le président Ivan Duque provoque des manifestations d'une ampleur inédite dans le pays marquées par la mort d'un contestataire.

(AFP) - «Toutes les actions de mobilisation sont maintenues», a déclaré Diogenes Orjuela, président de la puissante Centrale unitaire des travailleurs (CUT), à l'issue d'une réunion mardi avec le président Ivan Duque au palais présidentiel. Il s'agissait de la première rencontre entre les leaders du mouvement, lancé le 21 novembre, et le chef de l'Etat de droite, très impopulaire après moins de seize mois au pouvoir. Mais aucun accord n'a été trouvé.

Au nom du comité national de grève, le leader syndical a donc annoncé «manifestations et veillées pour le jour même, grève pour la journée de mercredi et d'autres actions à venir». Sachant que la mort, lundi, d'un étudiant de 18 ans, blessé à la tête au cours du week-end par la police antiémeute, a amplifié le mécontentement, notamment des jeunes qui réclament la dissolution de l'Escadron mobile anti troubles (Esmad).

Sous la pression de la rue, qui conteste ses politiques économique, sociale et sécuritaire, le président colombien, en fonction depuis août 2018, a lancé dimanche un «dialogue social» pour répondre à ce mouvement, inédit depuis les années 70, et assorti de concerts de casseroles, forme de protestation peu habituelle en Colombie. 

Des milliers de manifestants occupent chaque jour les rues de Bogota et d'autres villes du pays, où une répression policière parfois brutale a suscité l'indignation. En majorité pacifique, le mouvement se solde à ce jour par quatre morts, environ 500 civils et forces de l'ordre blessés, tandis que 172 personnes sont détenues et que 60 Vénézuéliens ont été expulsés pour «actes de vandalisme».

Président sans expérience

Cette mobilisation contre M. Duque, qui pâtit de 69% d'opinions défavorables selon un récent sondage, intervient dans un climat de crises socio-politiques, sans dénominateur commun, qui secouent l'Amérique latine depuis plusieurs semaines. Le président de 43 ans, sans expérience politique si ce n'est un mandat de sénateur, a proposé un «dialogue social» pour tenter de répondre au mécontentement accumulé dans un pays parmi les plus inégalitaires de la région, mais réduit au silence par le conflit armé.

Initialement, les syndicats avaient appelé à la grève contre la volonté du gouvernement de flexibiliser le marché du travail, d'ouvrir le fonds de pension public au secteur privé et de reculer l'âge de la retraite. Le dialogue proposé jusqu'au 15 mars visait à recueillir les propositions des Colombiens sur la lutte anticorruption, le chômage, une croissance économique équitable, l'éducation, le renforcement des institutions, l'environnement et la paix.