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Le virus menace le monde d'une «catastrophe humanitaire»
International 4 min. 22.04.2020 Cet article est archivé

Le virus menace le monde d'une «catastrophe humanitaire»

Le virus menace le monde d'une «catastrophe humanitaire»

Photo: AFP
International 4 min. 22.04.2020 Cet article est archivé

Le virus menace le monde d'une «catastrophe humanitaire»

En raison de ses répercussions économiques dévastatrices, la pandémie risque de provoquer, un doublement du nombre des personnes menacées par la famine dans le monde, prévient le Programme alimentaire mondial.

(AFP) - Alors que la maladie a fait 78 morts au Luxembourg et plus de 174.000 morts à travers le monde depuis son apparition en Chine en décembre, le Programme alimentaire mondial (PAM) lance un cri d'alarme sur ses conséquences en termes d'alimentation. «Le nombre de personnes souffrant sévèrement de la faim pourrait doubler en raison de la pandémie de Covid-19, atteignant alors plus de 250 millions d'ici la fin de 2020», avertit cette agence de l'ONU, évoquant le risque d'une «catastrophe humanitaire mondiale».

Symbole des bouleversements économiques provoqués par la pandémie, le prix du baril de pétrole américain est passé lundi en territoire négatif, atteignant moins 38 dollars, avant de repasser au-dessus de zéro à la clôture mardi. Ce mercredi, toutefois, le prix du baril de West Texas Intermediate (WTI) pour livraison en juin a bondi de plus de 18% dans les premiers échanges en Asie. 


(FILES) In this file photo taken on October 21, 2019 a pumpjack from California-based energy company Signal Hill Petroleum is seen in Signal Hill, California. - The US benchmark crude oil price sank to its lowest level ever on April 20, 2020, falling below $10 a barrel amid the coronavirus pandemic's hit to demand and an epic supply glut.Around 1650 GMT, West Texas Intermediate (WTI) for May delivery hit $7.90 per-barrel in New York trading. (Photo by Frederic J. BROWN / AFP)
Le baril de pétrole US vaut moins que rien
Le confinement, qui a mis l'économie à l'arrêt, provoque un effondrement historique du prix du pétrole. Et à défaut de stockage, les investisseurs paient désormais pour trouver preneurs.

Le ralentissement général des économies mondiales dû à la pandémie, avec les voitures au garage et nombre d'usines à l'arrêt, a provoqué une surabondance de pétrole qui a forcé les courtiers en or noir à payer pour se débarrasser de barils qu'ils s'étaient engagés à acheter. Aux Etats-Unis, devenus premier producteur de pétrole mais dont les coûts d'extraction sont élevés, cet effondrement historique menace l'ensemble du secteur, et a conduit le président Donald Trump à demander à son administration de mettre sur pied un plan de sauvegarde

La pire crise internationale qu'a connu le monde du travail

L'Organisation internationale du travail (OIT) a prévenu mardi: «La crise du Covid-19 a un effet dévastateur sur les travailleurs et les employeurs», à travers «des pertes massives sur la production et les emplois dans l'ensemble des secteurs». «Le monde du travail traverse la pire crise internationale depuis la Seconde Guerre mondiale», a affirmé Alette van Leur, directrice des politiques sectorielles de l'OIT. 

En Europe, le ralentissement économique provoqué par le virus pourrait à terme affecter les emplois de 60 millions de travailleurs, entre baisses de salaires et licenciements, a prévenu mardi le cabinet d'études McKinsey. 

Effets dévastateurs sur l'emploi 

La pandémie pourrait «presque doubler le taux de chômage européen dans les prochains mois», estime le cabinet de conseil américain. Et une agence de l'ONU basée au Chili a estimé mardi que l'Amérique latine allait connaître cette année la pire récession de son histoire, avec une chute attendue de 5,3% du PIB à cause des conséquences de la pandémie sur les économies de la région. 

Face à ce qu'il a appelé «l'ennemi invisible» du coronavirus, le président Donald Trump avait annoncé lundi soir son intention de «suspendre temporairement» l'immigration aux Etats-Unis pour «protéger les emplois» des Américains. M. Trump a précisé mardi qu'il allait signer un décret ordonnant une «pause» de 60 jours sur la délivrance de cartes vertes qui offrent le statut de résident permanent. Cette mesure ne s'appliquera pas aux visas de travail temporaires. 

La première économie mondiale - pays le plus touché, qui a encore enregistré mardi l'un des pires bilans journaliers avec plus de 2.700 morts en 24 heures - compte à cause de la crise 22 millions de nouveaux inscrits au chômage. 

Près de 60% de la population mondiale confinée

Le Sénat américain a adopté mardi à l'unanimité un nouveau plan d'aide de 500 milliards dollars, dont 320 milliards seront destinés à soutenir les PME durement frappées par la crise. Quelque 60 milliards iront à d'autres secteurs impactés, notamment l'agriculture. La Chambre des représentants doit maintenant se prononcer sur ce texte. 


10.03.2020, Großbritannien, Cardiff: Ein Laborant behandelt Proben im Specialist Virology Centre der Universitätsklinik von Wales, um einen diagnostischen Test auf das neuartige Coronavirus durchzuführen. Foto: Ben Birchall/PA Wire/dpa +++ dpa-Bildfunk +++
Le coronavirus se propage
Signalé pour la première fois par l'OMS le 31 décembre 2019, le virus 2019-nCoV s'est propagé à l'ensemble du globe en quelques semaines. La Chine, centre de l'épidémie, est particulièrement touchée.

Au moins 4,5 milliards de personnes dans 110 pays ou territoires vivent aujourd'hui confinées ou contraintes de limiter leur déplacement pour tenter d'endiguer la propagation du virus, soit environ 58% de la population mondiale.

En Europe, plusieurs pays - Allemagne en tête, mais aussi Autriche, Norvège, Danemark - ont commencé à assouplir les mesures de confinement, tout en conservant des mesures de «distanciation sociale». Berlin et dix des 16 Etats fédérés allemands ont décidé d'imposer le port du masque dans les transports publics. Bars, restaurants, lieux culturels, terrains de sports y demeurent fermés. Ecoles et lycées rouvriront progressivement. 

L'Italie comme la France préparent un lent déconfinement, avec force précautions, respectivement à compter des 3 et 11 mai. En Espagne, les enfants, jusqu'ici interdits de sortie, peuvent à partir de lundi accompagner un adulte pour faire des courses de première nécessité. En revanche, au Royaume-Uni le confinement instauré le 23 mars a été prolongé d'au moins trois semaines.


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